La CAPUCINE : elle se mange et séduit

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Les capucines (famille des tropéolacées) se rencontrent souvent dans nos jardins, où elles fleurissent tout l'été et jusqu'aux premières gelées. Les jardiniers les apprécient dans le potager, non seulement parce qu'elles peuvent garnir avantageusement l'une ou l'autre clôture disgracieuse, mais surtout parce qu'elles ont la capacité intéressante d'attirer irrésistiblement les pucerons noirs. Ces pucerons apprécient si fort la capucine, qu'ils négligent de coloniser les fèves des marais, les haricots et les choux qui poussent à proximité, des légumes dont ils sont également friands.

Toutes les espèces de capucine sont originaires de l'Amérique latine. Celles que l'on rencontre le plus fréquemment dans nos jardins sont des plantes annuelles, cultivars de deux espèces proches du type botanique : la Grande capucine (Tropaeolum majus), originaire du Pérou et la Capucine de Lobb (Tropaeolum peltophorum Benth.), originaire de Colombie.

Il existe une espèce de capucine vivace (Tropaeolum speciosum), originaire de l'île de Chiloé, et plusieurs espèces tubéreuses. Parmi ces espèces tubéreuses, citons Tropaeolum azureum, Tropaeolum pentaphyllum, Tropaeolum tricolor, et Tropaeolum tuberosum. Cette dernière espèce est la célèbre "capucine tubéreuse" que les collectionneurs de légumes rares (chez nous !) connaissent bien. Elle se prépare comme la pomme de terre, le taro ou le topinambour, avec un goût nettement plus fort. 

En rédigeant ce billet, je n'ai pas eu l'intention de vous détailler toutes les espèces de capucines qui existent, mais tout simplement de vous ouvrir encore une fois une petite fenêtre discrète sur l'incroyable biodiversité végétale qui nous entoure et dans laquelle nous pourrions utilement puiser une alimentation alternative.

Après ce préambule, je me recentre donc simplement sur les deux espèces que nous appelons couramment "capucine" dans nos régions : la Grande capucine et la Capucine de Lobb. (Il en existe de nombreux hybrides.) Autrefois, alors qu'elles tenaient une place dans notre alimention, on les désignaient indistinctement sous le nom de "Cresson d'Inde". Ce "cresson d'Inde" a été mis à l'honneur à partir de 1684 à la cour de Louis XIV

Le feuillage, les fleurs et les graines (encore vertes) étaient des ingrédients bien connus et appréciés dans la belle société du 17ème siècle. Nous pourrions facilement en revaloriser l'usage à notre époque de "malbouffe". Il s'agit de nous affranchir de l'assortiment de misère des légumes qui nous est proposé par le commerce standard. Ce sont souvent des ingrédients sans attrait et sans originalité, dépourvus de bon goût et "traités". C'est en découvrant la cuisine du maître-cuisinier Claude Pohlig que j'ai appris qu'on ne mangeait pas seulement les fleurs de cette  plante, mais également ses feuilles et ses graines. Les recettes de Claude associant la capucine m'avaient particulièrement plu au mois d'octobre de l'année dernière, et je ne me suis plus privé d'en consommer cet été.

Fabienne, notre grande et adorable complice "écavienne", qui a elle aussi des dons culinaires remarquables, nous a donné sur son blog, dans un billet intitulé "Dansons la capucine …", deux excellentes recettes que je vous invite à découvrir :

Câpres de capucine

Pannequets de capucine au testun de Barolo, sauce aux effluves de mimosa

Les feuilles de capucine sont arrondies, de couleur vert pâle, avec des veines claires et rayonnnantes. Elles donnent beaucoup de fraîcheur, contiennent significativement de la vitamine C, et l'huile essentielle qu'elles contiennent donne une saveur légèrement poivrée qui relève bien le goût des salades.

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Les fleurs, très lumineuses et souvent cachées sous le feuillage sont rouge orangé, oranges ou jaunes. Leur forme est très caractéristiques avec une trompette ou éperon recourbé à l'arrière. Leur goût est agréable. Ciselées, leurs couleurs vives apportent une distinction tout à fait originale à la présentation de vos plats froids.

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Les boutons de fleurs, verts et tendres, peuvent – comme les graines – être préparés au vinaigre à la façon des câpres, et sont particulièrement agréables à consommer.

Lorsqu'elles sont encores vertes, les graines – toujours groupées par trois – peuvent également être ajoutées aux salades. Elles rendent une saveur qui rappelle celle du radis.

On peut également écraser les graines fraîches de la capucine et les servir en infusion. Cette préparation toute simple constitue un puissant antiseptique efficace non seulement dans le traitement des bronchites, des maux de gorge et des sinusites, mais encore dans les cas d'infections urinaires diverses.

La même infusion, froide, peut être utilisée comme une lotion dermatologique pour nettoyer et purifier les peaux grasses.

La macération des feuilles de capucine constitue une lotion capillaire tonifiante tout à fait naturelle. Elle traite le cuir chevelu, même dans le cas d'affection à caractère psycho-somatique comme l'alopécie.

La culture de la capucine est particulièrement aisée dans un endroit ensoleillé. Elle réussit même dans les sols les plus pauvres. Les capucines de Lobb sont particulièrement coureuses et grimpantes. Les tiges atteignent souvent 3 à 4 mètres de long et peuvent être fort envahissantes.

 

 

Bien chlorophyllement vôtre,

José


 

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