Archives de catégorie : Jardin

Si tu aimes les TOMATES NOIRES …

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Tomate noire "Black from Tula"

 

Depuis quelques années, les tomates dites "noires" ont la cote. Ce n'est pas une raison pour acheter n'importe quelle variété !

Or, la variété de tomate dite "noire" la plus accessible aujourd'hui sur le marché (elle a été introduite en 2005, produite par le géant breton de la tomate hydroponique Christian Jouno) s'appelle "Kumato". C'est une nouvelle arnaque commerciale en défaveur du consommateur mise au point dans les laboratoires de la multinationale Syngenta qui n'en rate jamais une quand il s'agit de se faire du pognon. La "Kumato","savoureuse petite tomate des îles Galapagos …", est une marque déposée (oui, oui, vous avez bien lu, c'est une tomate brevetée comme un produit de marque !)  pour laquelle le géant suisse de l'agrobusiness Syngenta perçoit contractuellement des "royalties" sur les ventes réalisées par des producteurs triés sur les volets.(Les "hydroponistes", ceux qui font pousser des tomates dans de l'eau chargée de "matières nutritives de haute qualité", dont ont ne sait lesquelles sont chimiques ou organiques, encore moins leur nature exacte et leur inocuité.)

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Tomate noire "Black from Tula"

Si vous voulez goûter de bonnes tomates noires, boycottez résolument la "Kumato". Cela nous évitera aussi que cette nouvelle génération de "produits de marque" s'empare de la plus grosse partie de notre consommation alimentaire.

Rassurez-vous cependant ! Pour ces variétés de tomates à la peau foncée, il existe bien des alternatives heureuses à la "Kumato", même s'il vous faut vous organiser un petit peu plus pour vous les procurer. Impossible ? Non, je  suis sûr que ces délicieuses tomates poussent près de chez vous dans le respect des règles  de la culture biologique. La première fois, il faut trouver le chemin; après tout devient facile si vous acceptez de suivre le calendrier des récoltes. Vous aurez noué une relation de proximité et de convivialité où la confiance mutuelle s'installera rapidement. 

Ceci dit, Anne et moi aimons aussi beaucoup les tomates noires, parce qu'elles sont sans acidité, bien charnues, et même légèrement sucrées si elles sont récoltées avant d'être trop mûres. Ce sont les tomates préférées des enfants qui apprécient d'échapper au "ketchup".

Au fil des ans, nous en avons cultivé,  en pleine terre et au grand air, une vingtaine de variétés différentes. Une des plus appréciées et connue est la "Noire de Crimée", mais nous n'avons pas encore pu en récolter cette année. Par contre, nous avons déjà pu consommer les délicieuses petites tomates "Black Cherry" dont nous vous avons déjà parlé sur ce blog, et trois variétés de taille moyenne, la "Black Sara", la "Black Seaman" et la "Black from Tula".

La "Black from Tula", c'est une des nouvelles variétés que nous avons plantées cette année, à partir de graines que nous avions reçu de nos amis de tomodori.com, le remarquable site internet des tomatophiles amateurs de la francophonie. Nous avons eu le plaisir de déguster hier soir les trois premiers fruits mûrs de cette variété, et ce fut la plus agréable des découvertes gustatives. Comment traduire en mots un tel bonheur; il serait bien plus facile de vous les faire goûter. Nous le ferons dans les semaines à venir avec de nombreux d'entre vous.

Il s'agit d'une variété de tomate de mi-saison à cycle végétatif indéterminé, dont les fruits rouge-brunâtre foncé, avec des épaules verdâtres, sont bien charnus. Prélevées sur le second bouquet du plant, les fruits, irréguliers, pesaient respectivement 156, 169 et 182 grammes. L'ombilic du fruit est marqué par une trace liégeuse d'environ 1 cm de long. Le gel intérieur du fruit est verdâtre. On dit que la "Black from Tula" tient son nom de celui d'une petite ville de Russie occidentale dans les environs de laquelle elle était cultivée. Quoiqu'il en soit, elle est particulièrment délicieuse et agréable en salade. Bien que nous n'en ayons pas encore fait l'expérience, il est peu probable qu'elle donne de bons résultats en cuisine chaude. Nous essayerons néanmoins …

Bientôt d'autres nouvelles de nos tomates de l'année, surtout si vous venez nous retrouver aux Fêtes de Fouron-Saint-Martin (Belgique, province de Liège, 24 août 2008) et de Haverskerque (France, Nord Pas-de-Calais, 14 septembre 2008).

Bien, chlorophyllement vôtre,

José

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BASILIC, PESTO et PISTOU

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Le goût et le parfum des vacances, c'est aussi un peu le basilic !

Au Nord de la Loire (j'utilise toujours cette expression pour marquer une frontière entre deux types de culture, l'une méditerranéenne, l'autre septentrionale), l'usage courant du basilic frais en cuisine ne date que d'il y a une quinzaine d'années seulement. A la faveur de nouvelles méthodes de culture et de conditionnement (en pots notamment), l'avancée commerciale de cet ingrédient aromatique est assez spectaculaire. Parmi les gourmets, il y a de plus en plus d'inconditionnels du basilic; mais il y a aussi des personnes qui n'en apprécient ni l'odeur, ni le goût. Ce sur quoi les uns et les autres devraient pouvoir se mettre d'accord, c'est que le basilic a des vertus antiseptique, antispasmosdique, digestive et expectorante scientifiquement observées et que sa consommation (modérée, ce n'est pas un légume!) est un bienfait pour notre santé.

Les basilics appartiennent tous au genre ocimum (famille des lamiacées). Lorsque nous parlons de basilic chez nous, nous ne faisons généralement référence qu'à  une seule espèce seulement, celle que les botanistes désignent sous le nom de "Ocimum basilicum" et que les Anglais appellent génériquement "Sweet Basil".  Même si le genre "ocimum" est représenté au bas-mot par 160 espèces différentes, et que l'espèce Ocimum basilicum comprend à elle seule une soixantaine de variétés,  5 à 6 d'entre elles au maximum sont commercialisées comme produit frais.

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Il en va pour le basilic comme pour tant d'autres légumes et plantes aromatiques. Encore un fois, je le dis et je le répète, en matière de biodiversité, nous ne sommes plus nulle part dans notre alimentation. Or, si la biodiversité est favorable à prémunir notre organisme contre bien des maladies (je pense plus spécialement aux cancers et aux allergies), nous sommes souvent – sinon contre notre gré, à notre insu – entraînés dans une logique commerciale dans laquelle la recherche de profit prime sur toutes autres considérations, et dont les effets sont impitoyablement réducteurs pour nos assiettes. Cette économie là, je la maudis et je dénonce journellement ses contradictions et ses perversions en espérant que ce "modèle" d'économie de marché, de la volonté même des consommateurs, s'effondrera à moyen terme.

Alternativement, je crois beaucoup et participe – modestement mais activement – à la remise en selle des économies de proximité, des produits de terroirs. Encore faut-il que les consommateurs soient mieux informés, conscientisés, et appuient concrètement cette démarche qui nous libérerait le plus rapidement possible des exactions et des nuisances de Monsanto, Syngenta, Bayer et quelques autres monstres multinationaux qui se moquent de l'humanité … et nous permettrait de nous réapproprier progressivement une alimentation  plus saine, plus savoureuse, plus adaptée, plus respectueuse de l'environnement. (Malgré les alertes les plus sérieuses et répétées des scientifiques et des mouvements écologistes de ces dernières années, ce ne sera sans doute pas pour demain … mais peut-être, grâce à vous, … après-demain.)

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Mais revenons à notre choix incroyablement réduit de variétés d'ocimum basilicum du marché, le basilic que vous connaissez toutes et tous. (Si vous le plébiscitez, je pourrais consacrer de prochains billets au "basilic perpétuel", au "tulsi" – ce basilic sacré indien qu'Apolina m'a fait découvrir avec ravissement – et à l' "horapha" – le basilic thaï, qui ont des particularités intéressantes mais restent peu disponibles et donc méconnus chez nous). 

Le basilic à grandes feuilles vertes est le type le plus répandu en Europe. Il inclut notamment le célèbre "Gênois", ou mieux "Genovese". C'est  l'ingrédient indispensable pour la préparation de la célèbre sauce "Pesto".

Bien que la préparation du "pesto" comporte de nombreuses variantes, et pour faire plaisir à quelques-unes d'entre-vous, je vous en donne ici une recette de base :

 

Recette du pesto genovese

 

Ingrédients (pour 4 personnes)

10 feuilles vert-foncé de basilic "genovese"

4 cuillères à soupe de pignons de pin

2 gousses d'ail (égermées, ce sera plus digeste)

8 cuillerées d'huile d'olive

Sel, poivre

100 gr de parmesan ou de grana padano râpé

 

Préparation

Piler l'ail et les feuilles de basilic préalablement hachées. (Si vous êtes pressées, remplacez le pilon par le blender électrique). Ajoutez les pignons. Salez (pas trop! Une pincée suffit) et poivrez à votre goût.

L'ensemble de ces ingrédients doit être réduit en un fine purée homogène, sur laquelle vous verserez ensuite lentement et progressivement l'huile d'olive en remuant avec un fouet. Lorsque votre mélange est devenu bien crémeux et uniforme, incorporez le parmesan (ou le grada padano) râpé et continuez à mélanger consciencieusement.

Laissez reposer au frigo pendant deux heures avant de consommer. 

 

Toujours parmi les basilics à grandes feuilles, figurent la variété "Grand vert" et la variété "Feuilles de laitue" (qui je crois, est exactement la même que celle commercialisée aujourd'hui sous le nom de "Mammouth", mais je n'en suis pas sûr !) Ce sont là les variétés à utiliser pour préparer un des plus populaires ingrédients préparés de la cuisine provençale : le "Pistou".

Dans cette préparation, Anne et moi utilisons souvent le "Marseillais", un basilic à grandes feuilles de sélection relativement récente, dont le port est plus dense et plus compact; des avantages techniques qui ne retranchent rien à sa saveur, au contraire. 

Certains croient que le pistou est une soupe occitane; ce n'est pas exact. Cependant, il existe bien la fameuse "soupe au pistou" du Midi.

Alors le pistou, c'est quoi ? Le terme vient du provençal "pista", qui signifie "écrasé". Tout simplement – comme le pesto – il est préparé à partir de plusieurs ingrédients écrasés ensemble au pilon dans un mortier (en version "speedée", au blender!). Mais entre les deux préparations, il y a une différence de taille. Il n'y a pas de fromage râpé ni de pignons dans le pistou.

 

 

Recette du pistou

 

 

Ingrédients  (pour 4 personnes ou 25 cl)

2 bonnes tasses de basilic frais

4 gousses d'ail

Un grosse pincée de gros sel gris d'Aigues-mortes

8 cuillerées à soupe d'huile d'olive (Préférez évidemment la qualité extra-vierge, première prssion à froid. Désolé, mais "Pujet", c'est pas la marque idéale.)

Préparation

 

Ecrasez l'ail avec le sel dans un mortier. Ajoutez les feuilles de basilic préalablement ciselées grossièrement jusqu'à l'obtention d'une purée bien homogène. Ajoutez l'huile progressivement en continuant à remuer avec un fouet.

Ce mélange se conserve bien pendant 24 heures au frigo. Mais vous pouvez également le répartir en doses que vous conserverez au congélateur.

 

Parmi les autres basilics remarquables de l'espèce ocimum, il existe plusieurs variétés au feuillage pourpre, les unes à feuilles lisses, les autres à fleurs frisées. Leur saveur est appréciable, mais n'est à mon avis valorisable que dans des mélanges avec d'autres basilics ou herbes aromatiques. Pas négligeable : à l'instar du "shiso", persil japonais, sa couleur apporte une note visuelle plus originale à vos préparations froides au basilic.

 

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Il existe aussi une étonnante variété au parfum citronné, que vous devez absolument découvrir si vous ne les avez pas encore essayées. ("Citriodorum" ou "Lemon")

Plusieurs variétés se caractérisent encore par un goût anisé; la plus remarquable d'entre elles est sans doute la "Persian Anice" ou "Licorice".

Anne et moi avons aussi découvert cette année un "basilic-cannelle" absolument étonnant et séduisant. Mais il ne semble pas très productif.

 

 

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Basilic-cannelle en fleurs. Assez chétif, mais délectable !


 

En guise de conclusion pour ce billet :

Puisque le marché du basilic est si pauvre en regard de la biodiversité de l'espèce, je vous suggère de cultiver vos variétés préférées plus rares sur votre balcon ou dans votre jardin. La culture en pot est vraiment facile si on maîtrise tant soit peu l'arrosage et la luminosité. Et pourquoi pas, la solidarité des blogonautes amateurs de basilic, par des échanges amicaux et sympathiques de graines peut contribuer à reconquérir notre liberté alimentaire et à reformer notre culture du goût authentique.

Bien chorophyllement et amicalement,

José

 

  

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Ce "Basilic perpétuel", cultivar "Magic Mountain" ne manque pas d'attrait ni de goût. Les abeilles ne s'y trompent pas, puisque c'est une des plantes mellifères dont les fleurs sont les plus visitées par elles dans notre jardin. C'est une variété buissonnante de taille importante  (près d'un mètre de hauteur) dont la particularité est d'être vivace et de résister à des températures hivernales de – 5° C.

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Un légume exotique : le GOMBO

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C'est un légume fort ancien dont on raconte qu'il était déjà consommé en Egypte à l'époque des pharaons; ce qui est fort probable. On s'accorde le plus souvent sur son origine : l'Afrique noire. De là, par la navigation côtière d'abord, puis dans la foulée des caravanes d'esclaves emmenées par les négriers chrétiens et musulmans, le gombo s'est dispersé progressivement vers les 5 continents et a été mis en culture et en cuisine un peu partout de par le monde où le climat est beau et chaud.  

Les botanistes l'appellent pompeusement "Abelmoschus esculentus". Mais cela ne fait pas très vacances ! Heureusement, il porte beaucoup de noms bien moins sévères, évocateurs de grands ciels bleux, de soleil et de cuisines exotiques parfumées. Selon le pays du monde où il sera consommé, il aura nom Gombo (ou Gumbo), Okra, Ambrette, Bhendi, Calalou, Quiabo, Quingombó

A première vue, ce légume-fruit pourrait faire penser à un piment (solanacées). Mais son goût est totalement différent. Il n'appartient pas à la famille des solanacées. Il provient d'une plante annuelle herbacée appartenant à la famille des malvacées, proche cousine des hibiscus, et cousine un peu plus éloignée de la mauve.

Extraordinairement digeste dans notre alimentation (parce que particulièrement riche en mucilage), les fruits, généralement de couleur verte, se présentent sous la forme de capsules dont la longueur peut varier selon l'espèce, de 10 à 30 cm environ. (Quelques variétés, consommées au Liban et en Syrie sont de couleur rougeâtre.) Adultes, ils contiennent une cinquantaine de graines comestibles, mais fort dures, que l'on peut torréfier pour préparer une boisson dont le goût est proche de celui du café.

Gombo ou Okra (ars-grin.gov)

La plante développe de longues tiges dressées et ramifiées pouvant atteindre deux mètres de longueur. Ces tiges sont garnies de feuilles alternes découpées en plusieurs lobes (5 à 7) avec des bords dentelés. Les nervures sont fortes et apparentes. La face supérieure de chaque feuille est lisse, tandis que la face inférieure est velue (comme le fruit lui-même).

Gombo ou Okra

A l'époque de sa floraison le gombo se garnit de grandes fleurs individuelles qui, selon la variété, seront blanches, jaunes ou rouges avec un coeur violacé. Si vous en avez l'occasion, c'est un spectacle extraordinaire à ne pas manquer.

Gombo ou Okra (worldcrops.com)

 

En zone tempérée, comme chez nous, la culture du gombo n'est pas exclue mais reste fort dépendante des caprices de la météo de l'été. Anne et moi en avions planté l'année dernière, avec un été fort pluvieux  et pratiquement sans canicule. Je vous avoue que le résultat a été décevant; mais qu'à cela ne tienne, je recommencerai et il finira bien par avoir une année avec un véritable été au Nord de la Loire. (A aucun moment, la température de culture ne devrait descendre en dessous de 15° C; je spécule donc aussi sur ce réchauffement climatique qui fait grand bruit … Que le Créateur me prête longue vie: "J'y arriverai … un jour!")

Okra ou Gombo en coupe

 

En cuisine, il ne faut utiliser que les fruits jeunes et tendres. Matures, les gombos deviennent fibreux et emplis de graines dures, perdant ainsi leur charme culinaire.

Le gombo peut se consommer cru, en salade. Mais le plus souvent il sera cuit. Sa cuisson à l'eau – préalablement salée – est la plus rapide et la plus facile; il suffit de le blanchir pendant 5 minutes. A mon avis, c'est préparé de la sorte qu'il révèle le mieux ses qualités doucement aromatiques. Mais on peut aussi le frire dans l'huile ou le faire revenir dans un wok, avec ou sans épices.  Il accompagne volontiers d'autres légumes. Il peut aussi être consommé en soupe – à la mode antillaise -, ou intégré dans un succulent ragoût – comme celui à la mode des Cajuns de Louisiane.

C'est un légume très peu calorique, riche en vitamines et en oligo-éléments. Sa teneur importante en mucilage (une sorte de gélatine qui se forme dans certains aliments lorsque leurs hydrates de carbone se gonflent d'eau) l'indique spécialement pour les régimes naturellement amaigrissants. Sa consommation est aussi bénéfique aux personnes qui souffrent de maux d'estomac

Bien chlorophyllement à vous,

José

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Le PÂTISSON : bon pour la ligne, succulent pour les papilles

Pâtissons Pattypan et Sunburn

Bon pour la ligne, succulent pour les papilles :

 

 

 

Lavande a eu la bonne idée de mettre le pâtisson à l'honneur sur son blog Ligne et papilles. C'est en effet le début de sa saison de récolte, et vous devriez – avec un peu de vigilance – le rencontrer dès à présent à l'étal de votre marchand de fruits et légumes.

Si cet ingrédient ne vous est pas familier, mais que voulez quand-même l'essayer pour son bon goût et ses qualités nutritives, rendez-vous vite sur le blog de Lavande (cliquez sur Ligne & Papilles) pour découvrir une multitude de recettes originales plus délicieuses les unes que les autres.

Le pâtisson est un légume-fruit des plus sympathiques, aussi souvent appelé "artichaut de Jérusalem", "bonnet de prêtre" ou "bonnet d'électeur". (Attention, l'appellation "artichaut de Jérusalem" peut prêter à confusion, parce qu'elle s'emploie aussi pour désigner … le topinambour !) Les termes "pâtisson" et "bonnet" n'ont rien de botanique; ils font référence à la forme très particulière du fruit, qui ressemble un peu à un gâteau ancien ou à un couvre-chef d'une autre époque. Aujourd'hui, les enfants les appellent plus volontiers des "soucoupes volantes" ou des "satellites"; il faut évoluer.

 

Le pâtisson est une plante potagère qui appartient à la grande famille des plantes cucurbitacées, laquelle se divisent en un grand nombre d'espèces (plus de 100 !), dont quelques unes cultivées pour leurs fruits comestibles.

A ce titre, les genres les plus connus et usuels sont :

Citrullus (Pastèques)

Cucumis (Concombres et melons)

Cucurbita , qui nous intéresse ici, puisque c'est celui du pâtisson.

Le genre cucurbita comprend lui-même plusieurs espèces :

– Les giraumons et les potirons appartiennent à l'espèce Cucurbita maxima.

– L'espèce Cucurbita moschata est celle des courges musquées, comme la "Provençale", la "Napolitaine" ou la "Butternut".

– La célèbre courge de Siam, plus souvent appelée melon de Malabar, appartient à une espèce distincte, mais moins représentée: Cucurbita ficifolia.

– Quant au bénincasa, qui commence à être un peu connu des gourmets éclairés du monde occidental, il appartient à l'espèce Cerifera.

– Enfin, le genre Cucurbita pepo regroupent les courges et courgettes proprement dites, parmi lesquelles il faut encore distinguer :

les citrouilles

les courges d'été (ou "courgettes", ce terme devant être utilisé pour qualifier une jeune courge immature, et non pas comme une catégorisation botanique.)

les courges d'hiver (de conservation)

et enfin, les pâtissons !

Ouf ! À force de vouloir vous aider à vous y retrouver, j'ai failli m'y perdre.

Les variétés de pâtissons offrent différentes tailles et différentes couleurs. Je ne crois qu'il y ait de variété dont le fruit dépasserait 25 cm de diamètre; en tout cas, je n'en ai jamais vu. 

La couleur la plus connue est la blanche (variétés "Blanc" et "Croblanc "). Ce sont les pâtissons que vous trouverez le plus facilement sur le marché. Mais il existe aussi des pâtissons dont la peau est uniformément jaune, orange ou verte; d'autres dont la peau est striée ou mouchetée dans les combinaisons de ces 4 couleurs. La chair du fruit (les botanistes disent le "sarcocarpe" !) peut être blanche, jaune ou orangée. 

Selon les variétés, le poids est très variable : il va de 10 gr environ ("Patty Pan", "Peter Pan", variétés à confire comme des cornichons) à plus de 2 kg ("Blanc", "Croblanc", "Griffe du diable").

De toute manière, le pâtisson est plus particulièrement délectable lorsqu'il est cueilli jeune, c'est-à-dire dans les variétés les plus grandes, lorsque son diamètre ne dépasse pas 8-10 centimètres (la largeur d'une main). A cette taille immature, il n'est généralement pas nécessaire de le peler et il peut être préparé dans sa peau. Cela permet de mettre en évidence, sur votre plat, sa forme singulière aplatie, bordée de 10 bosses. (Dans certaines variétés, ces bosses sont si accusées qu'on les qualifie alors de "griffes").

Personnellement, Anne et moi préférons le pâtisson orange de taille moyenne. Nous l'avons cultivé à partir de graines qu'un ténor du Barreau – par amitié pour nous et sympathie pour nos projets – nous avait rapporté de l'île Maurice, où il est fort consommé et apprécié comme crudité ou comme petits farcis cuits au four. Cru, sa chair reste agréablement croquante et rend un délicat petit goût d'artichaut que les autres variétés n'offrent pas. A essayer absolument ! Cuits, ils se prêtent à la cuisson au four ou – en beignets – à la friture. C'est un ingrédient qui offre d'immense possibilité à votre créativité culinaire, et je suis bien curieux de lire sur le blog de Lavande les recettes que vous lui aurez proposées.

Composé à 95% d'eau, le pâtisson – comme la plupart des courges – est fort peu calorique. Il renferme peu de lipides, de protides et de sucres. Mais il contient en abondance la précieuse provitamine A (100 mg pour 100 gr) et de la vitamine C (20 mg pour 100).

Alors, dites-moi, qui à déjà préparé et mangé du pâtisson frais cette année ? Et quelle recette vous a séduit ?

Bien chlorophyllement à vous,

José

 

 

Pâtissons en mélange

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Légume ancien et insolite: la FICOÏDE GLACIALE

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 ( Photo : Alexandre Bibaut, dans Les Jardins de Pomone )

Légume ancien et insolite :

La Ficoïde glaciale 

Vous aimez redoubler d'originalité pour la composition de vos salades estivales ? Voici un ingrédient insolite ressorti depuis quelques années de la catégorie des légumes oubliés et fort apprécié aujourd'hui par les gourmets avertis : la ficoïde glaciale. Son aspect givré, sa saveur légèrement acidulée et sa structure croquante à la manière du pourpier risque fort de vous séduire et d'épater vos invités.

Ce légume – au nom bizarre et revenu fort à la mode – appartient à la famille botanique des Aiozacées, laquelle comprend 16 genres. Dans notre alimentation, 2 de ces genres ont su gagner et conserver une place appréciable durant des décennies, avant de sombrer en désuétude à partir des années '30. Le premier, le genre Tetragonia est notamment représenté par la tétragone cornue (ce formidable "épinard de Nouvelle-Zélande" de l'été que beaucoup connaissent déjà, et à laquelle je consacrerai un prochain billet), et le genre Mensembryanthenum, auquel appartient la ficoïde glaciale.

Le nom "ficoïde" est un terme assez générique qui, dans l'usage, peut prêter à la confusion entre toute une série de plantes distinctes. Le propos de ce billet se limitera à la variété Mesembryanthenum cristallinum Linné. Dans le langage français régional, on la désignait jadis : Cristalline, Glaciale, Glacée, Herbe à la glace, Herbe gelée, Pourpier glacial, …

La ficoïde glaciale est originaire des zones côtières d'Afrique du Sud, plus particulièrement celles des alentours du cap de Bonne-Espérance. Mais on la rencontre parfois subspontanément aux îles Canaries et en zone méditerranéenne, comme en Grèce.  

Jadis, elle était à la fois cultivée comme plante décorative et comme plante comestible, fort appréciée pour son aspect. Son feuillage et ses tiges sont en effet recouvertes d'une multitude de minuscules vésicules transparentes, semblables à une fine rosée ou à de mini- gouttelettes d'eau givrées qui scintillent au soleil.

On peut récolter la ficoïde glaciale durant tout l'été et en automne, jusqu'aux gelées. (Je me souviens que l'année dernière, lors d'un conférence d'arrière-saison que je donnais le 23 octobre sur les légumes anciens, j'ai encore pu présenter et faire goûter de la ficoïde fraîche du jardin à mes auditeurs.)

Il y a vraiment peu de chance que vous trouviez de la ficoïde glaciale dans la grande distribution. Mais elle est de plus en plus souvent disponible chez de petits producteurs bio soucieux de diversité et de distinction.

A défaut, vous pourriez la cultiver vous-même. Elle se multiplie par semis en place, de début mai à la fin juin. Les graines sont minuscules et doivent n'être recouvertes que d'y minimum de terre légère et humide pour que vous en obteniez la levée.

Il est aussi possible de semer en mars-avril, sous abri (en serre, sous châssis), dans des godets qui seront mis en place après la période des Saints-de-glace, c'est-à-dire à la mi-mai.

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Dans la main de José, quelques brins de ficoïde glaciale qu'il vient de cueillir. Remarquez le "givrage" singulier du feuillage

( Photo : Alexandre Bibaut, dans Les Jardins de Pomone )

Au potager, la ficoïde glaciale apprécie une position ensoleillée avec un sol frais et riche en humus. Elle craint le froid, mais demande peu de soins. Quelques binages et arrosages en cas de sécheresse persistante devraient suffire à son bonheur.

On observe occasionnellement une abondante floraison. De petites fleurs blanc-rose garnissent alors gracieusement les extrémités des tiges dont la hauteur ne dépasse pas 30 cm.

Les feuilles et ses tiges, tendres et charnues, se consomment crues, en salade, ou cuites, hachées. Elles peuvent s'accommoder de la même manière que les épinards, au beurre, à la crème, au jus ou sautées … C'est crues qu'Anne et moi les préféront, à cause du léger croquant et de la saveur discrètement iodée que la cuisson détruirait. Mais ce n'est qu'un point de vue personnel. Dites-nous le vôtre !

Bien chlorophyllement vôtre,

José

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 ( Photo : Alexandre Bibaut, dans Les Jardins de Pomone )

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Aphrodisiaque, la ROQUETTE ?!

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Eh oui, la roquette qui se cache dans votre mélange mesclun ferait partie, aujourd'hui encore, de la longue liste des "aliments du désir amoureux". Cela paraîtra incroyable à certains, simple légende pour d'autres et certitude pour quelques-uns. 

La réputation aphrodisiaque de la roquette est fort ancienne et remonte à au moins 2.000 ans, puisque l'immortel auteur de L'Art d'aimer, le grand poète classique latin Ovide lui-même, en atteste  dans cette oeuvre en la qualifiant d' "herbe lubrique" (herba salax) et recommandait à ses concitoyens de la préférer aux philtres et potions aphrodisiaques des rebouteux pour attiser leur flamme amoureuse : "Ce que tu pourras prendre, c'est de l'oignon blanc que nous envoie la ville grecque d'Alcathoüs, c'est l'herbe lubrique qui croît dans nos jardins". (Ovide, L'Art d'aimer, Livre II)

Ovide - Les remèdes à l'amour

 

D'une autre oeuvre du même Ovide, Les Remèdes à l'amour, je vous cite ce passage où il est à nouveau question de la roquette, mais où l'auteur prend le contrepied de sa recommandation précédente : "Maintenant, pour remplir envers vous toutes les obligations d'un bon médecin, je vais vous indiquer les mets que vous devez prendre, et ceux dont vous devez vous abstenir. Toute plante bulbeuse, qu'elle vienne de la Daunie, ou des rivages d'Afrique, ou de Mégare, est également nuisible. Abstenez-vous sagement de la roquette stimulante, et de tout ce qui nous porte aux plaisirs de l'amour. Vous emploierez avec avantage la rue qui donne aux yeux de l'éclat et qui éteint en nous le feu des désirs. Vous me demandez ce que je vous prescris à l'égard du vin ? Je vais vous satisfaire plus promptement que vous ne l'espérez. Le vin dispose à l'amour, à moins qu'on ne le boive sans modération, car alors il anéantit les facultés de l'esprit." (Ovide, Les Remèdes à l'amour, 725)

Cette réputation aphrodisiaque de la roquette est à l'évidence fort antérieure à Ovide, puisque que l'on sait qu'après les Égyptiens et avant les Romains, les Etrusques et les Grecs en consommaient. Comme ils allaient déposer des petits bouquets de roquette au pied des statues du dieu Priape, il n'y a pas lieu de penser que c'était pour rendre un culte à la guerre, à l'art  oratoire ou à l'architecture. Ce dieu rustique de la fertilité, protecteur des jardins et des vergers est bien connu par ses représentations de vieillard hideux affublé d'un énorme phallus en érection. J'en déduis donc que la roquette à l'époque, ce n'était pas vraiment pour le cholestérol !

Posée sur les reins, la roquette était connue pour "amouvoir le désir de luxure". Ses semences réduites en poudre, et mélangée à du vin et du miel constituaient un breuvage souverain pour accroître les capacités sexuelles. 

 

Priape - Statue du Vatican

Allons, souriez ! Cette statue de Priape, à première vue bucolique, se trouve au Vatican. Cela doit être dans un couloir fort sombre où Benoît XVI ne passe jamais.

Avec le Moyen-âge et les canons monothéistes d'une Eglise chrétienne triomphante et avide de pouvoir spirituel et temporel, la morale change. Les autorités religieuses prohibent la consommation de roquette dans les monastères, d'abord aux nonettes et aux moines, puis progressivement à tous les sujets de l'Eglise. Il est interdit de cultiver ou de récolter dans la nature cette plante diabolique qui prédispose aux péchés de la chair, à la fornication.

Pour calmer les femmes trop ardentes, ce sont au moins trois coeurs de laitues par jour qu'il fallait leur faire absorber, à l'exclusion du moindre brin de roquette. La laitue est connue depuis longtemps pour des propriétés soporifiques que la roquette n'a manifestement pas. (C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est recommandé d'éviter la laitue dans l'alimentation des étudiants en période de blocus ! Ici, je suis tout à fait sérieux !)

Illustration ? Rappelez vous cette vieille chanson populaire française "La petite Nantaise " qui était malade du mal d'amour et que, pour la guérir, il fallait lui faire de la salade trois fois par jour !  

Au 12ème siècle, Sainte Hildegarde de Bingen, célèbre abbesse bénédictine du monastère de Sankt-Rupertsberg (Rhénanie-Palatinat), a écrit – outre des oeuvres mystiques que je vous avoue ne pas du tout connaître et encore moins avoir envie de lire – un ouvrage intitulé Le Jardin de santé. Il s'agit d'un traité sur les vertus des plantes sur notre organisme, fort savant pour l'époque, très consulté aujourd'hui encore comme référence en matière de phytothérapie. Evoquant la roquette, la brave Hildegarde  la décrit comme "excitante aux jeux de l'amour" et l'interdisait bien entendu à ses nonettes.

Sainte Hildegarde

Pionnière de la phytothérapie, guérisseuse bienveillante, l'abbesse Hildegarde de Bingen a illustré au 12ème siècle un vision si moderne de la santé de l'être humain que c’est seulement à notre époque, avec les moyens scientifiques les plus sophistiqués, les recherches les plus coûteuses et les plus ardues des grands savants, que nous commençons à peine à entrevoir rationnellement les véritables mécanismes de la Nature dans la résistance aux maladies.

 

A la fin du 15ème siècle, avec la Renaissance italienne et le retour en grâce de la mythologie gréco-romaine, l'Eglise marque un certain relachement dans la rigueur de sa morale. C'est le cardinal Platina (1421-1481) lui-même, grand érudit, historiographe des Gonzague, bibliothécaire du Vatican et personnage considérable de la Curie sous le pontificat de Sixte IV qui recommande d'adjoindre la roquette aux salades "pour que la ferveur se mêle à la froideur".

Mais c'est au 16ème Siècle, alors que le mouvement de Réforme ébranle la papauté et qu'une partie de la population au moins s'insurge contre les tabous et les dérives des autorités ecclésiastiques, que la roquette est à nouveau tolérée dans l'alimentation . C'est d'ailleurs vers 1535 que le mot "roquette" proprement dit fait son apparition dans la langue française, probablement issu de l'italien ancien "ruchetta" ou du niçois "riquette", régions où elle pousse spontanément et en abondance, et ou la menace d'un péché capital n'avait évidemment jamais totalement éradiqué sa consommation.

Alors, aphrodisiaque ou pas la roquette ?

Comparée à la laitue, qui contient de la lactucine, une substance aux pouvoirs apaisants, lénifiants, sédatifs voire hypnotiques, la roquette pourrait paraître aphrodisiaque par défaut. Il est certain qu'elle est bourrée de propriétés revigorantes et stimulantes qui donne de l'entrain aux personnes qui en mangent. Mais pour la science moderne, elle n'est pas aphrodisiaque à proprement parler, sauf si vous la consommez inconsidérément avec de petits pignons pilés, qui eux le sont réellement.

Un rien coquin mais fort humoristiquement vôtre,

José

 

Roquette (Eruca sativa) (nature.diary.co.uk)

Cette photo montre la fleur de la roquette cultivée (Eruca sativa), caractérisée par sa couleur blanche veinée de violet.

Le goût de cette espèce horticole est moins âpre et moins puissant que celui de la roquette spontanée des pays méditerranéens (Diplotaxis erucoides), caractérisée, elle, par des fleurs jaunes.

Dans la partie pseudo-historique de ce billet sur la roquette, je ne fais référence qu'aux variétés sauvages de roquette (Diplotaxe à feuilles ténues, Herbe puante, Roquette jaune …)

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Légume oublié : le POURPIER

Pourpier doré 2007 05 27 083 Pourpier doré

 

Pourpier doré à larges feuilles 

Lavande est l'âme d'un des blogs de cuisine qu'Anne et moi ne fréquentons avec plaisir à la publication de chaque billet (Ligne et papilleshttp://lignepapilles.canalblog.com/). Cette blogueuse justement distinguée privilégie une cuisine familiale goûteuse à souhait, en mettant l'accent sur les produits sains et frais. Ce qui me plaît chez Lavande, c'est que sa créativité culinaire ne se laisse pas enfermer dans un dogmatisme étouffant du choix des ingrédients, fruits et légumes principalement. "Bio", oui de préférence, mais pas nécessairement ! Chez elle, le label ne remplace pas le produit dans le choix de la qualité. Le panier de Lavande se remplit au rythme du marché, des récoltes, de l'instinct, de l'inspiration du moment et … du plaisir de partager. Une démarche pleine d'authencité et de bons sens que beaucoup de blogonautes apprécient !

Dans le commentaire qu'elle nous laissait aujourd'hui sur le billet que j'avais consacré la veille à un légume déjanté – l'épilobe –, Lavande, qui vit dans le Sud de la France (dans l'Hérault, je crois.), nous fait part qu'elle pensait n'avoir jamais croisé cette plante sauvage comestible (ce qui est tout à fait conforme à la distribution géographique, en France, de l'espèce décrite). Mais elle ajoutait qu'elle avait découvert le même jour une "mauvaise herbe" qu'elle avait adoré : le POURPIER. Je comprends le bonheur de sa découverte !

Le pourpier potager est un légume qui tenait autrefois une place importante dans notre alimentation. Les archives de documents commerciaux des Halles de Paris attestent d'une consommation importante jusque vers 1840, c'est-à-dire dans les dernières années de la monarchie bourgeoise de Louis-Philippe. Après, plus de pourpier en quantité significative pour les Parisiens et la banlieue ! Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée précise, et j'ai donc tendance à ramener cette désuétude particulière aux mécanismes généraux de la distribution vivrière, lesquels ont précipité progressivement entre 75 et 92% (selon les sources plausibles) des variétés de fruits et légumes dans les oubliettes.

Curieusement, ce sont les diététiciens qui, à partir des années 1970, ont permis le retour en grâce du pourpier, excellent minéralisant pour notre organisme. 

Antiscorbutique, apéritif, astringentdépuratif, diurétique, émollient, nutritif (20 kcal/100 gr), sédatif, vermifuge … et j'en passe beaucoup, le pourpier a plein de vertus pour notre santé. Il est notamment riche en vitamines A, B et C, contient du calcium, du fer, de l'iode et du phosphore.

Mais sa nouvelle bonne réputation lui vient surtout d'une mode actuelle, qui ne jure que par les omega 3. L'usage largement exagéré que le marketing fait aujourd'hui des omega 3 (et depuis, 6 et 9 en surenchère) pour promotionner divers produits alimentaires, m'énerve assez, je vous l'avoue ! Qu'on le sache, ce n'est pas une panacée !. (Certains consommateurs d'aliments contenant des omega 3 commerciaux s'exposent à une augmentation préjudiciable de leur taux de mauvais chlolestérol (LDL) et à d'autres désagréments! Ces acides gras peuvent aussi être dangereux pour les hémophiles. Le saviez vous ?). 

Mais il ne faut pas jeter l'enfant avec l'eau du bain ! Les omega 3 sont une trilogie d'acides gras polyinsaturés qui a un rôle à jouer dans notre santé, notamment dans le bon fonctionnement de la mémoire et la prévention des maladies cardiovasculaires. Dès lors, autant consommer les omega 3 contenus dans les légumes verts plutôt que ceux provenant de sous-sous-produits industriels obtenus à partir de déchets de poisson mal identifiables. Vous ne trouvez pas ?

Le pourpier potager (Portulaca oleracea Linné) est une petite plante grasse annuelle (20 à 30 cm de hauteur), aux tiges épaisses et charnues, semi-rampantes, portant des feuilles à pétioles courts. Il appartient à la famille des portulacées.

A cette famille botanique appartient également la Claytone de Cuba (Claytonia cubensis Bonpland), dite "Pourpier d'hiver", un autre légume oublié avec lequel il ne faut pas le confondre.

Pourpier (Portulaca oleracea) (floradecanaries.com)
 

Les 2 cultivars de pourpier potager les plus répandus sont le "Doré à larges feuilles" et le "Vert". (Ma préférence gustative va à la variété dorée, qui est celle illustrée sur la photo ci-dessus et qui pousse dans notre petit potager n° 2, celui de la "petite chapelle").

Les feuilles et les tiges crues, tendres et croquantes, se mangent en salade, soit seules, soit en mélange. Avec leur goût douceâtre, subtilement épicé et agréablement acidulé, elles conviennent également comme condiment ou en garniture dans une salade de tomates ou de concombre. Pensez-y pendant la période estivale!

Le pourpier peut être aussi consommé cuit, préparé comme des épinards (au beurre, à la crème, au jus …), dans les potages ou les sauces. Sauf simplement poché dans une potage aux tomates fraîches – comme en préparait ma Maman il y a une 5Oaine d'années -, je ne l'apprécie pas spécialement sous cette forme, estimant que d'une part, cela n'apporte rien sur le plan gustatif, et que d'autre part, l'essentiel des propriétés bénéfiques du légume sont détruites ou diminuées par la cuisson.  

Par contre, je vous suggère de faire confire les feuilles charnues dans le vinaigre pour les déguster condimentairement à la manière des câpres. Un délice simple et sain … 

Bien chlorophyllement et amicalement dévoué,

José

 

Cuisiner le pourpier vous tente ?

Lisez aussi sur ce blog le billet de Anne:

Vinaigre et autres recettes au pourpier

 

Pourpier (Portulaca oleracea) 02 (floradecanaries.com)

Les fleurs du pourpier, de couleur jaune,

 sont petites, discrètes mais élégantes.

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Cuisine des fleurs : l’ÉPILOBE, osez-le!

20080629 090

 

C'était dans la région de Nassogne, dimanche dernier. Plutôt que de pincer, tailler, attacher à longueur de journées nos tomates anciennes comme nous le faisons tous les jours depuis la mi-mai, Anne et moi avions décidé de participer à un week-end familial dans ce joli coin des Ardennes. Samedi, grande fête autour d'un barbecue d'anthologie! Dimanche, quartier libre! J'en ai bien sûr profité pour parcourir les bois et les prairies, à la recherche de plantes sauvages comestibles.  

Rares sont ceux qui, à l'occasion de balades à la campagne, n'auront jamais remarqué les beaux épis floraux de l'épilobe, une plante herbacée vivace de la famille des onagracées,  à la lisière d'un bois ou sur les bords d'un chemin. Elle est aussi assez commune en montagne (jusqu'à 1400 m d'altitude), mais très rare, voire absente dans la région méditerranéenne et dans le Sud-ouest de la France.

Savez que les fleurs sont comestibles et offrent en cette saison d'été, une touche décorative extraordinairement plaisante et originale à vos salades et à certain plats ?


Epilobe en épi (Epilobium angustifolium) (web.unbc.ca)

 

Le célèbre ethnobotaniste François Couplan et le cuisinier non aligné et novateur Marc Veyrat, son complice, n'hésitent pas à intégrer l'épilobe dans la longue liste des plantes sauvages susceptibles de réintroduire la biodiversité dans notre alimentation. Leurs recommandations diététiques et culinaires se rapportent à l'espèce Epilobium angustifolium Linné, mieux connue sous les noms français de : chamerion, épilobe en épi, épilobe à feuilles étroites, laurier-de-Saint-Antoine, osier feuri, ou encore … thé russe. (Ce nom de "thé russe" évoque les infusions traditionnelles que les Slaves préparent avec les feuilles de cette plante).

Les fleurs de l'épilobe, très mellifères, fleurissent en juillet-août dans les coupes et sur les lisières forestières, dans les landes, les prairies humides (lorsqu'elles ne sont pas fauchées systématiquement!) et sur les talus ensoleillés. La hampe florale peut mesurer de 60 à 180 cm de hauteur et domine souvent les autres herbacées parmi lesquelles elle pousse.

Selon les deux compères en biodiversité précités, ce ne sont pas seulement les belles petites fleurs purpurines ou rosées détachées des épis qui peuvent être consommées, mais également les jeunes pousses printanières, cuites comme un légume, ou encore la moëlle des tiges.

En Suède, depuis longtemps, on consomme les bourgeons et les jeunes pousses d'épilobe préparés à la manière des asperges. (Récolter des cimes non écloses d'environ 20 cm et faites les cuire à la vapeur!)  

L'intérêt alimentaire de l'épilobe, outre son goût agréable et décalé, réside notamment dans les propriétés astrigentes et émollientes qu'il possède. Il est riche en vitamines A et C et contient significativement un des 4 macro-éléments dont notre organisme a un besoin journalier quantitatif important : le magnésium. (C'est par excellence, l'anti-stress dont nous ne pouvons pas nous passer dans la vie trépidante qui est le sort de la plupart d'entre nous!) Si les aliments contenant du magnésium ne manquent pas, ils sont aussi généralement fort riches en calories. (Oui, oui,  c'est aussi au chocolat que je pense!). C'est pourquoi l'épilobe, négligeable en valeur calorique, peut offrir une alternative intéressante à ceux qui se soumettent à un régime hypocalorique strict.

Les botanistes ont identifié et décrit une 60aine d'espèces d'épilobes de par le monde. Parmi celles qui poussent dans nos régions, outre l'épiloble en épi, les curieux pourront également observer :

l'épilobe hérissé (ou épilobe à grandes fleurs) (Epilobium hirsutun Linné),

l'épilobe à petites fleurs (Epilobium parviflorum Schreb.), à la saveur plus piquante et une peu âcre, dont Maria Treben a vanté les vertus de l'infusion pour combattre les affections de la vessie et l'hypertrophie de la prostate.Cette espèce doit être considérée davantage comme plante médicinale que comme légume, et être utilisée avec plus de parcimonie dans vos salades.

l'épilobe à feuilles lancéolées (Epilobium lanceolatum Seb. et Mauri),

l'épilobe des montagnes (Epilobium montanum Linné),

l'épilobe des collines (Epilobium collinum C.C. Gmel),

l'épilobe rosé (Epilobium roseum Schreb.),

l'épilobe cilié (Epilobium ciliatum Rafin.)

l'épilobe des marais (Epilobium palustre Linné),

l'épilobe vert foncé (Epilobium obscurum Schreb.),

l'épilobe à tige carrée (Epilobium tetragonum Linné), et

l'épilobe à feuilles de romarin (Epilobium rosmarinifolium Haenke).

Eh oui, quelle richesse dans la biodiversité! Cette énumération d'espèces n'a rien d'exhaustif. Pratiquement, retenez que toutes ces espèces d'épilobes sont comestibles.

Attention! Parmi un groupe de jeunes partis en balade avec moi pour identifier et cueillir des plantes sauvages, il s'en est trouvé un qui a ramené des tiges fleuries de digitale pourpre, plante d'une toxicité redoutable. Un tel degré de confusion entre deux plantes, qui doit être excusé chez un jeune citadin, est évidemment exceptionnel. Mais j'en profite pour vous rappeler qu'il faut toujours être prudent et bien renseigné au sujet de la comestibilité d'une plante sauvage. Si vous en doutez tant soit peu, référez-en à une personne avertie et compétente. Aucune question n'est stupide en soi; la vraie stupidité, ce serait de ne pas la poser!

Bien chlorophyllement vôtre,

 

José

 

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Plantes aromatiques: l’ESTRAGON

Estragon (Artemisia dracunculus) (ecoflora.com)

Crédit photographique : ECOFLORA, pépinière de plantes sauvages et aromatiques – Halle (Belgique) 

 

Abondant et généreux en juin, juillet et août, l'estragon est sans doute une des plantes aromatiques fraîches consommées avec le plus de bonheur pendant la période des vacances. "Herbes fines ne sauraient laisser languir estragon d'été".

L'estragon est indispensable pour aromatiser les grandes sauces classiques, telles que la béarnaise, la gribiche, la ravigote, la tartare ou la Vincent. Cru ou cuit, il fait merveille dans les salades, les plats au four ou les beurres composés. Les oeufs en demandent pour donner le meilleur d'eux-mêmes. 

Mais comme un estragon peut en cacher un autre, et que je sais que la plupart d'entre vous sont d'impénitents gourmets qui ne veulent par lacher la proie pour l'ombre dans le choix des ingrédients, j'ai voulu vous mettre en garde contre une pratique du commerce, puis vous donner deux trucs pour dénicher le bon estragon.

De quoi s'agit-il ? Lorsque vous achetez de l'estragon, on vous refile souvent à votre insu de l'estragon russe (Artemisia dracunculus inodora ou Artemisia dracunculus dracunculoides) en lieu et place de l' estragon dit "français" (Artemisia dracunculus sativa Linné, 1753 ou Oligosporus condimentatius).

Ce disant, il n'entre pas dans mon propos de vous faire croire que l'estragon russe est dégueulasse; ce serait bien exagéré. Mais par comparaison de goût, il n'est qu'un médiocre ersatz de ce qu'est, en cuisine, l' estragon français. Et je ne vois pas pourquoi on devrait se priver du plaisir du meilleur goût lorsqu'on peut le reconnaître et le choisir.

Alors, pourquoi certains ont-ils pensé à commercialiser une variété d'estragon banale en lieu et place d'une herbe sublime ? Les raisons en sont simples. Considérant que les consommateurs à la recherche d'un ingrédient ont généralement comme premiers critères de choix un "nom de référence" et un "attrait visuel" immédiatement associé , il n'est pas absolument nécessaire de leur proposer ce qui a le goût le plus fin, mais bien ce qui se cultive, se récolte et se conserve le plus facilement, de manière à générer le plus gros profit. Si l'estragon russe était placé aux côtés de l' estragon français à l'étal du légumier, les gens pourraient comparer. Mais cela gênerait une certaine conception des affaires; et dans cette optique, il vaut mieux empêcher le consommateur d'avoir des références comparatives. Au diable, la biodiversité !

Le meilleur estragon, l'estragon français, est une plante vivace (pérenne) qui aime le soleil et  les sols humifères bien drainés. Originaire d'Asie, son cycle végétatif reste mal adapté à notre climat, avec comme conséquence qu'il supporte mal l'hiver et que même, s'il arrive à fleurir chez nous, il ne produira pas de semences, sinon tout au plus quelques graines stériles. Pas question donc de le perpétuer par semis.

Eh, oui ! Vous avez compris! L'estragon russe, lui, produit facilement des graines, qui elles, ne sont pas stériles, résiste parfaitement à l'hiver et développe un feuillage beaucoup plus haut et plus abondant. Voilà pourquoi … 

Pour bénéficier de la saveur puissante et anisée incomparable de l'estragon français que vous ferez pousser dans votre jardin ou sur votre terrasse, vous devrez acheter la plante en godet. En effet, l'estragon français ne peut être multiplié que par division des touffes (avril-mai), bouturage (août), ou marcottage (section et transplantation des marcottes en septembre).

Si on vous propose des "graines d'estragon", ce sera donc nécessairement de l'estragon russe. Elles donneront de "belles" plantes, bien plus que de "bonnes" aromatiques. Les brins d'estragon coupés sur cette plante buissonnante ont un feuillage nettement plus foncé et beaucoup moins savoureux.

Choisissez et acheter en connaissance de cause.

L'estragon français a un feuillage vert clair, plus lumineux, plus tendre et au combien plus parfumé.

Votre bien aromatiquement dévoué,

José

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Le légume mystérieux d’Apolina: la SALSOLE SODA

Salsole soda

Vers le mi-avril, notre amie Apolina, que beaucoup d'entre vous connaissent bien, nous envoyait un message accompagné d'une photo d'un légume dont elle avait fait l'acquisition au marché de Louvain. "José, c'est quoi ? "

Who - Fos Apolina

Apolina ne se départit jamais de son légendaire sourire, pas même lorsque José la harcèle de questions. Cette femme extraordinairement attachante vous propose depuis peu un blog personnel que les amateurs de cuisine indienne prendront plaisir à consulter :

BOMBAY-BRUXELLES

Une cuisine sans frontières avec des influences éclectiques

Cliquez sur le lien

http://bombay-bruxelles.blogspot.com/

Je regarde la photo, je la tourne dans tous les sens. Ah, oui ! Qu'est-ce que ça pourrait bien être ce légume ? Quelle colle ! Piqué au vif, je rappelle Apolina et la bombarde de questions avec le zèle tourmentant d'un juge de l'Inquisition. La pauvre! Heureusement elle me connaît bien. Nouveaux échanges de photos et d'observations, discussions passionnées …

Finalement, après plusieurs jours de suspense, le mystère est résolu ! J'avais rassemblé assez d'indices pour identifier avec certitude la SALSOLE SOUDE ou SOUDE COMMUNE, une plante annuelle dont je savais vaguement qu'on la brûlait jadis pour produire avec ses cendres la soude nécessaire aux fameux artistes verriers de l'île vénitienne de Murano (d'où son nom vernaculaire d'"Herbe à verre") et aux savonneries ("Herbe à soude"). Mais j'ignorais totalement que cette plante pouvait également être consommée comme légume.

Dans la langue courante, la Salsole soude (Salsola soda Linné) est souvent appelée Soude commune, ou encore, selon les régions littorales où elle pousse spontanément: boncar, chardon russe, herbe à verre, Marie-vulgaire, salicotte  … en français; agretti roscana, barba di fratti, barilla, liscari … en italien.

C'est une plante halophyte (= propre aux sols salés) appartenant à la famille des chénopodiacées, pouvant atteindre 70 cm de hauteur et qui fera penser, pour certains, à la salicorne, avec laquelle il ne faut cependant pas la confondre. De même, je pointe qu'il s'agit d'un plante distincte de la soude brûlée (salsola kali), de la soude maritime (suaeda maritima) et de la soude japonaise komarovi, autres variétés halophytes comestibles autour desquelles semble régner une énorme confusion dans le public.

Ce sont les feuilles pointues et charnues, linéaires, semi-cylindriques que l'on consomme, crues ou cuites. Consommées localement depuis fort longtemps, notamment dans la région de Venise (Mer adriatique), mais aussi dans les zones littorales des bords la Méditérannée (comme en Camargue), de la Mer noire (Crimée principalement), de l'Atlantique (Morbihan, Portugal par exemple), de la Méditerranée (îles Kerkennah, Tunisie) ce légume ancien revient en faveur et différentes coopératives agricoles italiennes le produisent à nouveau pour rendre un peu de biodiversité à notre alimentation.

Salsola soda (www3.ic-net.or.jp)
 

La difficulté d'identification de la plante tient à ce que la photo d'Apolina montre une botte de jeunes pousses de salsola soda, dont la forme immature ne laisse pas facilement deviner l'aspect végétatif à maturité.

Salsola soda (funghiitaliani.it)

L'intérêt culinaire de ce légume insolite tient à sa richesse importante en sodium, mais aussi en de nombreux autres sels minéraux (aluminium, calcium, manganèse, phosphore, potassium, soufre).

Dans notre organisme, le sodium est un oligo-élément qui joue un rôle important, notamment dans la transmission des influx dans les tissus musculaires et nerveux, la régulation de la répartition de l'eau dans l'organisme, l'équilibre acido-basique de notre métabolisme, la vasomotricité et influe la pression artérielle. Sous la forme naturelle, il est plutôt rare dans les légumes, sauf dans les bettes, le céleri, les épinards et diverses plantes littorales comestibles, dont la salsole soude. Nos besoins journaliers en sodium se situent en moyenne entre 1 et 5 grammes. Pour notre santé, il vaut évidemment mieux  couvrir ce besoin en consommant les légumes adéquats qu'en absorbant force chlorure de sodium (sel de cuisine) dont l'industrie alimentaire et l'usage domestique ont pris depuis longtemps la fâcheuse habitude de faire un usage excessif. (Je rappelle le lien de causalité qui existe indubitablement entre l'hypertension artérielle et la consommation de chlorure de sodium.)

Les jeunes pousses de salsole soude – comme celles de la botte qu'illustre la photo d'Apolina en tête de ce billet -, sont particulièrement appréciables lorsqu'elles sont servies crues, ciselées et ajoutées à vos les salades printanières. Mais la consommation doit rester modérée et occasionnelle à cause de la forte concentration en soude.

Les vertus médicinales reconnues de la salsole soude sont apéritive, diurétique et vermifuge.

Un disciple du cuisinier de renom Michel Bras, Pierre Vaillant, professeur de gastronomie à La Rochelle, en propose une recette toute simple et savoureuse, qui pourrait amorcer votre propre inspiration culinaire s'il vous prenait subitement l'envie de valoriser ce légume littoral ancien, original et bénéfique qu'on retrouve de plus en plus souvent à l'étal des verduriers.

 

Dos de cabillaud aux feuilles fraîches de salsole

Ingrédients

(pour 4 personnes)

4 x 125 gr de dos de cabillaud

200 gr de feuilles de salsole soude fraîche

10 cl de vin blanc

Crème fraîche

Safran

Sel, poivre

 

Préparation

Détachez une à une les feuilles charnues de 8 tiges de salsole soude, et faites les cuire pendant 3-4 minutes dans l'eau bouillante. (Gardez les cimes des tiges, plus petites et plus tendres, pour la décoration de vos assiettes au moment du dressage.)

Egouttez les feuilles cuites et réduisez-les en purée.

Conservez l'eau de cuisson des légumes et faites-y pocher les dos de cabillaud.

Dans un poêlon, chauffez le vin blanc avec le safran. A feu très doux, ajoutez la crème fraîche et laissez réduire jusqu'à obtention d'une crème onctueuse.

Répartissez la purée de salsole soude au centre de vos assiettes, de manière à former un lit vert sur lequel vous déposerez les dos de cabillaud pochés. 

Nappez avec la crème safranée au vin blanc.

Décorez chaque assiette avec 2 cimes crues de salsole soude.

 

Bien chlorophyllement vôtre,

 

José

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