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Le SAFRAN : Aphrodite épice vos amours

Safran (fleurs avec stigmates bien visibles)

 

 

Le printemps se prépare et dans un mois apparaîtront les premiers crocus. C'est en en parlant avec Anne qu'il m'est revenu à l'esprit que l'épice la plus chère du monde – le safran – est lui aussi une espèce de crocus. Une excellente occasion de vous parler de cette épice mythique et … aphrodisiaque.

 

Safran (cookingbuddies.com)

La part de Théophraste

J'ai bien dit une "espèce de crocus", et seulement une espèce parmi de nombreuses autres. Pour vous situer la place du safran, retenez que le genre crocus peut être scindé en deux groupes : les espèces qui fleurissent au printemps et celles qui fleurissent à l'automne. Toutes font partie de la famille botanique des iridiacées.

Ce sont des petite plantes monocotylédones à bulbes qui  – à l'état sauvage – poussent volontiers dans les pâturages de montagne.

Parmi les espèces à floraison automnale, citons crocus byzantinus, crocus longiflorus, crocus medius, crocus nudiflorus, crocus speciosus et … CROCUS SATIVUS, le seul SAFRAN authentique.

Safran - plant entier, bulbe visible


Les feuilles du safran sont longues et étroites. Elles apparaissent  en même temps que les fleurs et leur croissance se poursuit après la floraison.

Les fleurs du safran ont des pétales violets. Elles comportent 6 pétales érigés en forme de cloche qui entourent 3 styles grêles surmontées de stigmates très développés. Ils sont denticulés, de couleur jaune-orange et dégagent un parfum caractéristique.

La racine du safran est un petit bulbe recouvert d'une membrane fibreuse.

Il semble originaire des vallées montagneuses de l'ancienne Perse, aujourd'hui l'Iran.


Attention ! Confusion possible. En automne fleurit en même que le safran une plante qui lui ressemble : le colchique (Colchicum automnale). Dans la langue vernaculaire, on l'appelle souvent "safran des prés" ou "tue-chien". Cette plante est très toxique et ne doit pas entrer en cuisine.


 

La part d'Aphrodite

La réputation aphrodisiaque du safran n'est plus à faire, mais on est toujours en droit de se demander si – outre un effet placebo – il y a quelque fondement à cette réputation.

En Inde, aux temps védiques, le safran était déjà utilisé comme aphrodisiaque. De nos jours encore, ses propriétés restent utilisées dans la médecine ayurvédique traditionnelle.

La mythologie grecque nous apprend que Zeus – ce divin coquin – l'utilisait pour stimuler son érotisme. Si j'en juge par ses amours innombrables et son abondante descendance – toujours mythologique – j'aurais tendance à croire qu'il a abusé du safran.

Au temps des pharaons, les Egyptiens l'importaient sur les bords du Nil depuis les ports sumériens de la Basse-mésopotamie.

Dans la Grèce classique, le safran semble avoir perdu sa réputation d'exciter le désir des hommes pour gagner celle d'enflammer les femmes. C'est la raison pour laquelle – en Attique - le voile des jeunes mariées était rituellement teinté au safran.

Plus tard, à Rome, le safran retrouve son utilisation comme stimulant de la virilité. Et, dans la bonne société, il  était d'usage courant que les vieux patriciens asthéniques aillent prendre des bains safranés aux thermes de la cité. Le poète Ovide (-43 / +18?) en a vanté les effets dans son oeuvre immortelle "L'art d'aimer". Et l'empereur Néron (+38 / + 68), libidineux célèbre et prodigue, inaugura son règne en faisant couvrir les rues de Rome avec du safran. (Cela doit avoir dû coûter plus cher aux contribuables que ce que nous coûte le renflouement des banques au seuil de la faillite aujourd'hui.)

Au delà des vertus aphrodisiaques que la tradition a attribué au safran, on sait aujourd'hui que cette épice si onéreuse contient des substances aromatiques et odorantes qui stimule réellement la libido. Ses huiles essentielles et des hormones végétales (du type phytostérol) agissent sur le métabolisme et augnentent le désir.

Attention cependant de ne pas abuser du safran. L'excès pourrait  provoquer des délires, des vertiges et des faiblesses musculaires fort malvenues. En outre, le safran aurait un pouvoir hilarant. Absorbé à trop forte dose, il serait susceptible de déclencher un fou-rire irrépressible que votre partenaire pourrait ne pas apprécier du tout.

 

La part d'Hippocrate

Outre son action aphrodisiaque, le safran favorise la détente et le sommeil. Par son action sur la digestion, il protège des ballonnements. Antispasmodique notoire, on lui connaît également la vertu de déclencher et soulager des règles douloureuses.

Dans les cas d'angoise et d'irritabilité, une tisane de safran peut apporter le réconfort et l'apaisement.

Au Moyen-âge, ont croyait qu'il protégeait contre la peste.

 

La part de Mercure

Sur le plan commercial, le safran – épice la plus chère au monde – a toujours fait l'objet d'arnaques. Au Ier siècle de notre ère, Pline l'Ancien (+23 / +79) faisait déjà remarquer que rien ne se falsifiait davantage que le safran.

Le prix élevé du safran est aisément compréhensible et justifié si l'on sait qu'un petit gramme de safran sec en filaments nécessite la cueillette de 160 fleurs. Autrement dit, un kilo de safran sec représente 160.000 crocus à cueillir un à un avant de procéder à la délicate opération manuelle du prélèvement des stigmates.

Ce qui est moins acceptable, c'est que l'on vendent comme du safran – et presque au même prix – des colorants chimiques, des pétales de carthame ou de la poudre de curcuma. Il y a aussi des "mélanges" qui dans le meilleur des cas contiennent un peu de safran. Toutes ces fraudes sont très répandues. On peut s'en prémunir de différentes manières, mais il y a une précaution que vous pourrez toujours prendre utilement : évitez systématiquement l'achat de "safran" en poudre ! Le bon safran se présente en petits filaments obtenus uniquement à partir des stigmates séchés de la fleur.


Outre son usage médicinal et son usage condimentaire, le safran  a servi longtemps de matière colorante pour les textiles. La couleur safran est agréable. Chacun se souviendra notamment de la couleur très caractéristique des costumes des moines bouddhistes; ils étaient traditionnellement teintés naturellement avec du safran. (C'est quand même moins triste que les bures de nos capucins occidentaux, non !).

 

 

La part de Lucullus

Le pouvoir très colorant du safran est également utilisé en cuisine. Mais c'est surtout pour son goût, son parfum et ses vertus qu'il est apprécié.

Bon nombre de plats méridionaux ne se conçoivent pas sans safran : bouillabaise, paëlla, risotto, soupe de poisson … ne seraient pas ce qu'ils sont sans la fabuleuse épice.

Si le safran est très cher, il en faut par contre infiniment peu pour assaissonner et colorer un plat. Choisissez quelques filaments présentant un belle couleur orangée uniforme; c'est un critère d'authencité et de qualité facilement décelable qui vous donnera les plus envoûtants succès culinaires.

Bien chlorophyllement vôtre,

José

 

Safran en pied

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Paniers de Noël : Chutney de chou-rouge aux myrtilles et aux épices

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Parmi les classiques de nos menus de fêtes occidentaux figurent un nombre impressionnant de plats aux valeurs caloriques redoutablement élevées. Nous sommes en hiver et les menus pantagruéliques chargés de viandes de gibier notamment, ou de cochonailles, ne nous font pas peur. Dans l'engouement convivial des tables de Noël et Nouvel-an, qu'importe ce surplus saisonnier de calories. Il fait froid et notre organisme se chargera bien de brûler les excédents pour se réchauffer. Mmm … oui !

Encore faudra-t-il digérer tout cela. Bah ! une flute de champagne, du bon vin et un digestif … et ça passera  facilement   Demain, on recommence. Ne soyons pas chagrin; surtout pas question de régime pendant la 52ème semaine. On y réfléchira … l'année prochaine.

Pour éviter d'être trop lamentablement "vaseux" ou "malade" à l'issue de ce marathon d'agapes, les épicuriens avertis connaissent la valeur digestive des condiments. Ces petits accompagnements sont une providence pour les ripailleurs. Parmi ces condiments, les chutneys peuvent exalter certaines préparations tout en les rendant beaucoup plus digestes. Tant qu'à fêter,  on ne recherche pas pour autant l'écoeurement !

Le chutney est un condiment aigre-doux, à base de fruits et de légumes cuits dans le vinaigre avec du sucre et des épices. Sa grande vogue dans la cuisine anglo-saxonne débute à l'époque coloniale. C'est une préparation d'origine indienne – pays des épices par excellence – qui tire son nom anglais de l'hindoustani "chatni". Comme les ingrédients qui peuvent servir à sa préparation -  en purée ou en morceaux -, les versions sont innombrables.

Depuis une bonne vingtaine d'années, les ingrédients exotiques des chutneys classiques – mangue, noix de coco, ananas, tamarin … – sont de plus en plus délaissés  chez nous en faveurs de produits locaux. Il n'est pas rare aujourd'hui d'utiliser par exemple la tomate (verte de préférence)  ou encore  la cerise, le melon, la pomme, le raisin, la MYRTILLE, voire la betterave, l'oignon ou … le CHOU ROUGE

Toutes ces préparations vinaigrées, qui se conservent comme des confitures, accompagnent principalement des plats de viandes froides, de poissons, de pâtés … Ils en renforcent le goût, ouvrent l'appétit et favorisent la digestion.

Les chutneys ne comportent pas de matières grasses. Le vinaigre qu'ils contiennent est bien connu pour son pouvoir rééquilibrant de l'organisme. Bon à savoir : il combat non seulement les digestions difficiles dues aux excès de table, mais encore les migraines fréquentes liées à la consommation de vins trop sulfités.

 

Ingrédients

 (pour 12 petits pots de 175 ml)

1 kg de chou rouge émincé
335 gr de sucre brun (cassonade foncée)
35 cl de vinaigre de Xérès
5 c à S de miel
6 cm de gingembre frais râpé
1 1/2 c à café de moutarde fine (ici Fine de Dijon – Maille)
3 pincées de noix de muscade
185 gr de raisins secs bruns
200 gr de myrtilles sauvages
4 c.à.S de vieux Porto

 

Préparation

Versez dans une casserole le chou rouge, le sucre, le vinaigre, le miel, le gingembre, la moutarde et la noix de muscade.
Bien mélanger le tout. Portez doucement à ébullition.
Poursuivez la cuisson pendant +/- 30 min. Laissez cuire à feux doux en remuant souvent.
Ajoutez les myrtilles et les raisins secs. Continuez à remuez.
Poursuivez la cuisson pendant encore +/- 30 min à feux doux, toujours ne remuant. Après 20 min ajoutez le Porto.
Le chou doit rester très légèrement croquant.
Mettez en pots. Laissez refroidir, couvrez. Conservez au frais 15 jours maximum.

 

Ce chutney est un régal avec de la volaille rôtie, du pâté de gibier, du jambon cru.

 

Bon appétit,

Anne

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Esprit des îles : le RHUM qui arrange mes desserts …

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Ce rhum préparé est une fabrication "maison" que j'ai toujours à portée de main : l' "Esprit des Îles". Il me vient souvent à point lorsque des amis débarquent à l'improviste et que je veux leur servir un petit dessert rapide aux accents créoles.


Femme créole en Guadeloupe


Lorsque les soirées sont chaudes ou douces, les convives apprécient les désserts glacés ponctués d'exotisme. A ces moments privilégiés, mon petit rhum préparé fait des miracles. Séduction et bonne humeur assurée …


Rhum en tonneaux
Non, non, ce ne sont pas nos chais

C'est José qui m'a rappelé que je ne vous avais pas encore présenté ce petit délice. Mais je soupçonne fort mon homme d'un intention moins innocente que de vous faire simplement connnaître cette petite recette, parce qu'il est friand des desserts parfumés au rhum : coupes de glaces savarins ou papilottes flambées.

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Créole dans les cannes à sucre

Pas de rhum sans cannes à sucre, et pas de cannes à sucre sans labeur créole!

Ingrédients (pour un flacon de 37,5 cl)

37,5 de rhum (blanc ou brun)
1 bâton de cannelle
1 gousse de vanille de Madagascar

 

Préparation

Versez le rhum dans votre flacon; ajoutez un bâton de cannelle et une gousse de vanille préalablement fendue dans la longueur. Refermez bien le flacon, et laissez tirer pendant au moins un mois.

 

Un petit truc qui marche !

Lorsque vous aurez préparé votre "Esprit des îles", vous pourrez placer l'étiquette sur la bouteille en la collant simplement  avec un peu de lait. C'est plus naturel que les "super-colles" à solvants volatiles et toxiques du commerce.

 

Anne

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Salade d’agrumes et de canneberges au sirop épicé et menthe fraîche

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Copyright : Les Jardins de Pomone


Même si je considère que le désormais célèbre slogan "5 fruits, 5 légumes par jour" appartient davantage au marketing qu'à la réalité diététique ou à l'économie domestique, je ne vais absolument pas nier l'importance des fruits et des légumes dans notre alimentation, au contraire !

Les fruits frais sont une irremplaçable source de vitamines, de sels minéraux et d'oligo-éléments dont notre métabolisme à besoin. Et leur apport naturel est bien évidemment de loin supérieur aux produits vitaminés que l'on trouve en vente libre à la pharmacie … ou au supermarché.

Les agrumes sont notoirement connus pour leur richesse  en vitamine C. Ils sont moins connus pour leur richesse - dans une proportion variable selon l'espèce, mais toujours significativement - en vitamines A (rétinol), B1 (thiamine), B2 (riboflavine), B3 (ou PP), B5 (acide pantothénique), B6 (piridoxine ou adermine), C2 (ou P), D (calciférol), E (tocophérol) et G (niacine).

Bref, vous avez tout intérêt à laisser votre tube de comprimés multivitaminés au fond de la pharmacie, et de vous offrir le plaisir d'un succulent dessert où s'associent clémentines, oranges et pamplemousses … et de bienfaisantes épices.

 

Ingrédients

pour 4 pers.

3 clémentines
3 oranges
3 pamplemousses roses
70 gr de canneberges séchées
1 bâton de cannelle
1 étoile de badiane (anis étoilé)
20 feuilles de menthe (+ 4 sommités pour la déco)
80 gr de sucre cristallisé

 

Préparation

Avant d'utiliser vos agrumes, pensez à les brosser sous un filet d'eau chaude.
Pressez 1 orange, 1 pamplemousse et 3 clémentines. Dans un bol, mélangez les 3 jus, puis filtrez.
Versez le jus dans une casserole. Lavez la menthe; prélevez 20 grandes feuilles et gardez les sommités pour la déco.
Mettez vos feuilles de menthe dans un petit sachet spécial, appelé  filtre-dosette (voir photo ci-dessous). Plongez le sachet dans le jus. Ajoutez la cannelle, la badiane, les canneberges et le sucre. Portez le tout à léger frémissement pendant 5 minutes. Retirez du feu et laissez refroidir. Filtrez et mettez au frais au moins pendant une heure. Retirez le sachet de menthe.
Servez les quartiers d'agrumes dans des coupelles, puis arrosez-les avec le sirop aux canneberges. Décorez avec les sommités de menthe fraîche.



Bon appétit,

Anne

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Copyright : Les Jardins de Pomone

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Mélange pour pain d’épices et spéculoos

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Il y a quelques jours, sur ce blog, José vous présentait la cardamome. Comme elle est un des ingrédients de plusieurs mélanges d'épices que je réalise moi-même pour mes préparations, j'ai pensé à vous faire découvrir ici l'un d'eux, celui que j'utilise au grand satisfecit de mes ouailles pour le pain d'épices et les spéculoos maison.

Réaliser soi-même ses mélanges d'épices est particulièrement intéressant, parce que leur saveur et leur parfum ne souffrent pas la comparaison avec ceux que proposent les grandes surfaces sous de grandes marques. En outre, cela revient beaucoup moins cher, même en travaillant avec la meilleure qualité. Et pan ! Prends ça,  Ducros ! C'est tout simplement la vérité.

Ce mélange ne se limite pas à la préparation du pain d'épices et des spéculoos. Il peut aussi être utilisé dans des préparations sucrées, comme des tartes aux pommes, aux poires et aux noix; ou des préparations salées, comme le tatin aux chicons, les pâtés, les confitures, les gelées, les salades de fruits, etc …

Avant la recette elle-même, encore une petit conseil général. Réalisez toujours vos mélanges avec des épices sélectionnées dans un bon état de fraîcheur, bien séchées et conservées dans les conditions adéquates, que vous moudrez, raperez, broyerez ou émietterez vous-même avant vos préparations, .

Demain, dans un autre post, je vous proposerai l'utilisation de ce mélange dans la préparation d'une gelée assez extraordinaire.


Les épices indispensables

5 graines de cardamome
10 clous de girofle
20 gr d'anis vert
15 gr de cannelle en bâton
5 gr de coriandre
3 gr de gingembre en poudre
3 gr de muscade râpée


Préparation


Mettez la cardamome, clous de girofle, anis vert, cannelle en bâton (rompez les bâtons en petits tronçons), les graines de coriandre dans un ancien moulin à café ou autre broyeur.
Moulinez au plus fin, en prenant soin de ne pas trop prolonger la durée d'utilisation du moulin.(L'échauffement des épices pourrait en modifier sensiblement la saveur ou atténuer le parfum.)
Passez votre mélange au tamis. Versez-le dans un pot hermétique, et stockez dans un endroit bien sec, à l'abri de la lumière.

 

Ce mélange peut se conserver pendant un an maximum.

Bon appétit,

Anne

 

 

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Le ROCOU : la cuisine en couleur

Il est dans le beurre, le fromage, la crème glacée, les potages tomates, les lasagnes … bref, dans un grand nombre de produits alimentaires du commerce. Il est aussi dans le rouge à lèvres et dans plusieurs cosmétiques. Il est encore dans certains de vos vêtements auxquels il donne leur teinte.

Bien que le ROUCOU soit multiprésent dans notre vie moderne, il est peu connu du grand public. Pour les industriels occidentaux, ce n'est qu'un colorant efficace et bon marché parmi d'autres qu'ils utilisent à notre insu. En Europe, il est codé comme caroténoïde sous la référence volontairement peu explicite : E 160 (b).

Pas d'inquiétude cependant ! Le produit est naturel et l'on considère généralement que son innocuité ne doit pas être contestée. (Il peut néanmoins provoquer des allergies chez certaines personnes.)

Moi, ce qui me dérange un peu par rapport au rocou utilisé comme produit industriel, c'est qu'on l'utilise volontiers pour tromper les consommateurs. Vous croyez manger du safran (cher) et on vous a refilé du roucou (bon marché).

Le rocou est constitué par la pulpe gluante qui entoure la cinquantaine de graines ovoïdes contenue dans chacun des fruits du roucouyer. Ces fruits se présentent sous la forme de capsules épineuses à deux valves.

Le rocouyer (bixa orellana Linné) est un arbuste à feuilles alternes pédonculées, persistantes, dont la taille ne dépasse pas 8 mètres de hauteur – originaire de l'Amérique tropicale

 

 

E160
Type: Colorant.
Nom: Caroténoïdes.
Couleur: Nuances diverses.
Remarque: Produit naturel (plantes). Innocuité toxicologique.

 

annatto (anatto) Also known as bixin, butter colour, or rocou; a yellow colouring (E‐160(b)) extracted from the fruit of the tropical shrub Bixa orellana. The main component is the carotenoid bixin, which is fat‐soluble. It is used to colour cheese, dairy produce, and baked goods. The seeds are used for flavouring in Caribbean and Latin American foods.





Le rocou

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Cardons farcis, salade de carottes à la marocaine

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Comme promis, voici une recette simple et délicieuse que je vous propose pour illustrer la cuisine du cardon, ce légume de saison qui fait son grand retour dans nos assiettes et que José vous a présenté hier sur ce blog. Il s'agit de "cardons farcis" cuits au four selon une recette inspirée et adaptée de Fatéma Hal, l'incontestable reine de la cuisine marocaine à Paris, où son restaurant "El Mansouria" ne désemplit jamais de gourmets enthousiastes. J'ai eu le plaisir de la rencontrer avec Marielle au mois de novembre 2007 à Bruxelles, et lui adresse ici mon souvenir le plus amical. 

 

Ingrédients

1 kg de cardons nettoyés bien tendres

400 gr de viande hachée

1 botte de persil plat

1 oignon

1 citron non traité

1 litre et demi d'eau

1 c à c de sel +  sel d'assaisonnement de la farce

2 oeufs

1 c à c de "Quatre épices"

1 c à c de poivre

5 c à S d'huile d'olive

1 c à S de beurre

Quelques petits cure-dents en bois

Pour la cuisson en "blanc-bouillon" prévoir une cuillère à soupe de farine délayée dans 3 c à S d'eau. Versez ce mélange dans l'eau bouillante avant d'y plonger les cardons.

 

Préparation

Lavez et hachez le persil. Epluchez l'oignon et hachez le finement. Pressez le citron.

Dans un casserolle, mettez l'eau, 1 cuillère à café de sel et faites bouillir. Ajoutez le jus de citron et la préparation de blanc-bouillon.

Épluchez-les et ôtez les fils. Otez également la fine "peau" qui recouvre le côté creux. Coupez-les en morceaux de 8 cm de long et plongez les dans l'eau citronnée bouillante. Laissez-les blanchir 25 minutes environ puis égouttez-les.

Pendant, ce temps, préparez la farce. Dans un saladier, mélangez la viande hachée, les oeufs battus, l'oignon haché, le reste du sel, les "quatre-épices" et le poivre.

Mélangez bien puis formez des petits rouleaux de 7 cm de long et placez-les dans la partie creuse des cardons. Utilisez un autre cardon comme couvercle et piquez un cure-dent pour maintenir l'ensemble. Poursuivez jusqu'à épuisement de la farce. (Avec un kilo de côtes de cardon, vous obtiendrez environ 12 portions, soit 3 par convives)

Préchauffez votre four à 210°C (thermostat 7). Beurrez un plat allant au four. Disposez-y les cardons farcis, puis nappez-les avec un peu d'huile d'olive. Enfournez le plat et faites cuire pendant 35-40 minutes.

Servez chaud, par exemple avec une salade de carottes à l'orange en accompagnement.

Salade de carottes à l'orange et aux pignons

Râpez 5 carottes; pressez deux oranges. Mettez le tout dans un saladier, mélanger et ajoutez-y 20 gr de pignons de pin, 1/2 c à café de cannelle, 1 c à soupe d'eau de fleur d'oranger. Mélangez à nouveau et disposez sur assiette dans un emporte-pièce.

Bon appétit !

Anne

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Tagine comme là-bas, dis !

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Ingrédients 
(pour 4 personnes)
 
12 ailes de poulet (ou pilons, ou cuisses, comme il vous plaît !)
600 gr de carottes coupées en gros tronçons
200 gr de pruneaux dénoyautés
1 gros oignon émincé
1 bâton de cannelle
3 doses de safran
2 pointes de couteau de cardamome en poudre
2 pointes de couteau de coriandre en poudre
1 c à c de mélange "4 épices"
4 c à S de miel
1 litre de bouillon de poulet
Sel /poivre
50 gr d'amandes mondées
25 gr de graines de sésame

Préparation 

Dans une sauteuse, faites revenir les morceaux de poulet avec du beurre clarifié jusquà ce qu'elles soient à peine colorées. Salez et poivrez (légèrement).
Faites blondir l'oignon émincé.
Versez dans votre plat de tajine les morceaux de poulet et les oignons. Saupoudrez avec le safran, salez et poivrez. Mélangez bien le tout, puis laissez revenir quelques instants encore. Ajoutez le bâton de cannelle, la cardamone, la coriandre et le mélange "4 épices".
Couvrez le tout avec le bouillon de poulet, puis laissez cuire 20 min. sur feu de bois dans votre plat à tajine. Couvrez avec le "chapeau".
A la fin de ce premier temps de cuisson, ajoutez le miel, puis faites à nouveau cuire pendant 15 min en mélangeant.
Ajoutez les carottes,  puis laissez cuire une nouvelle fois pendant 15 min.
Enfin, ajoutez les pruneaux  et laissez cuire à nouveau pendant 15 min.
Avant de servir à table, faites grillez les amandes et les graines de sésame, que vous saupoudrez ensuite sur le plat.
Bon appétit !
Anne
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