Articles avec le tag ‘biodiversite’

Mannekenpis et la biodiversité

P1070294

Authentique : ce tapis de fleurs sauvages a été aperçu à 20 mètres à peine de la bouche d'une grande station de métro de l'agglomération bruxelloise

 

Mobilisons-nous !

 

 

Chers Amis, Membres et Sympathisants de notre association,

 

Le cycle de conférences des "Mardis de l'Environnement" est bien connu de la plupart d'entre vous, ce qui nous vaut le plaisir de vous y retrouver souvent et nombreux autour de thèmes sensibles à notre aspiration commune de Nature et d'authenticité.

La conférence du 23 février prochain portera sur la Biodiversité. Madame Anne Franklin – de l'Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique viendra nous entretenir de l'état de la biodiversité dans notre pays et de l'importance vitale que revêt – aussi pour l'homme – la préservation de cette biodiversité.

A la suite de l'exposé de Madame Franklin, José prendra à son tour la parole et développera pour vous quelques idées pratiques pour mieux intégrer la richesse de la biodiversité végétale dans notre alimentation. Jardinier-potagiste, il proposera des solutions simples et concrètes pour que chacun puisse "cultiver la différence"; même s'il n'a pas de jardin et habite en ville.

A très bientôt !

Biodiversity 2010_Logo_French

Bruxelles, le 1er février 2010

 Invitation

Madame, Monsieur,

Au nom du Collège des Bourgmestre et Echevins, j’ai l’honneur de vous inviter à la nouvelle conférence du cycle « Les Mardis de l’Environnement » : « 2010 année de la biodiversité, mobilisons-nous !»

Qu’est-ce que la biodiversité ? Pourquoi est-ce une question vitale de protéger la biodiversité ? Quel est l’état de la biodiversité en Belgique ? Telles sont les questions auxquelles madame Anne Franklin de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique tentera de répondre. Monsieur José Veys, des « Jardins de Pomone », passionné par les variétés anciennes de fruits et légumes, nous parlera de la biodiversité dans le potager et l’assiette.

Cette conférence aura lieu le mardi 23 févier 2010 à 20h à la salle de conférence de l’Hôtel de Ville, Grand-Place à 1000 Bruxelles.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter la cellule Eco-conseil de la Ville de Bruxelles (Tél. 02 279 33 10 E-mail : urb.ecoconseil@brucity.be).

 

Bertin MAMPAKA

Echevin de l'environnement des Espaces verts

Share

Puisque la Biodiversité nous veut du bien …

Biodiversité Pomone MG_3465

Une photo d'Alexandre Bibaut prise dans les jardins de Pomone

 

La biodiversité : c’est quoi au juste?


Biodiversité ! Tout le monde en parle, et pourtant sa définition reste un peu hasardeuse. C’est un néologisme apparu dès la fin des années ’80 formé par la contraction des termes « diversité
biologique
».

La biodiversité est constituée par l’ensemble des innombrables organismes vivants considérés dans leurs interactions à partir d’un support commun, le sol. Faune, flore, micro-organismes, tout ce qui vit ne se perpétue qu’en associations équilibrées avec une multitude d’autres organismes vivants.

Le sol, support de la biodiversité, est évidemment de nature variable, notamment en fonction des éléments physiques et chimiques présents à un endroit donné. Selon ses caractéristiques locales propres, il constitue un biotope particulier (par exemple : les dunes côtières, le marais, l’alpage, la forêt tropicale, la tourbière …) auquel est lié une biodiversité spécifique.Ce sont ces différents types de biodiversités spécifiques que l’on nomme biocénoses.

L’homme tient évidemment une place dans l’expression globale de vie produite par la biodiversité; il ne saurait vivre harmonieusement et durablement dans la carence ou en
l’absence de cette diversité complexe. Autrement dit, l’homme ne vit pas face à la Nature, mais dans la Nature, et il doit assumer loyalement son lien de vassalité envers elle. C’est la
condition de sa propre survie
. La recherche de développement économique nous a souvent fait perdre le sens de cette loi naturelle fondamentale.

La biodiversité est un legs biologique et culturel de dimension planétaire : elle permet une adaptibilité rapide aux inévitables modifications de l’environnement et garantit notre sécurité
alimentaire à long terme
. Pour les écologistes, elle est «patrimoine de l’humanité ».

 

biodiversite_humour

"Homo homini lupus" (Plaute, Ansinaria, II) – "L'homme est un loup pour l'homme"


Où en est-on concrètement dans le respect de la biodiversité ?

Un constat simple et rassurant s’impose, surtout en Europe : aujourd’hui, la biodiversité, envisagée sous l’angle de l’alimentation, fait l’objet d’un large consensus citoyen refusant les OGM (ou en tous cas leur banalisation) et soucieux de voir l’indispensable production agricole s’inscrire dans des limites volontaires qui préservent l’équilibre naturel et autorisent le développement durable.


La "révolution verte" : un assaut terroriste de la biodiversité

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’agriculture européenne s’est remodelée très rapidement sur le modèle ultra-performant que les libérateurs américains avaient déjà adopté
outre-Atlantique. Monocultures demesurées, moyens mécaniques titanesques, traitements intensifs des sols à l’aide de la soi-disant miraculeuse «trinité NPK» des engrais chimiques (azote, phosphore, potassium), épandages massifs et pulvérisations répétées d’innombrables pesticides à l’innocuité affirmée mais jamais démontrée. C’est ce modèle impressionnant d’agriculture que l’on a appelé la «Révolution verte»; tout y a été sacrifié au rendement économique et à la production quantitative. Résultat : après seulement deux générations d’agriculteurs adeptes de ces méthodes intensives, bien des terres arables ont vu leur biodiversité durablement anéantie et sont devenues incultes. C’est pourtant au nom du progrès scientifique que ces terres avaient été exploitées de la sorte. Un dicton plein de dépit traduit cet échec ciglant « La terre a enrichi le père pour appauvrir le fils ». Une grande proportion de terres de cultures sont passées de ce fait à la spéculation immobilière.

Ce qui est certain, c’est que la biodiversité a payé et paye encore un tribut insoutenable aux méthodes agricoles initiées par la «Révolution verte». L’essor de cette dernière correspond à une disparition accélérée de très nombreuses espèces vivantes.


OGM : un nouveau péril pour la biodiversité

Le premier légume OGM est apparu dans un laboratoire américain en 1994. C’était une tomate qui se révéla d’un goût si abominable que même les consommateurs américains, pourtant peu experts en saveurs raffinées, n’en ont pas voulu. De fait, la tomate codée « Flavr-SavrMD » (puis plus commercialement « McGregor ») avait été mise au point grâce à un gène de poisson susceptible d’empêcher que le fruit ne puisse ramollir par la dégradation (naturelle) des pectines de ses parois, ce qui en augmentait considérablement la fermeté et la conservation. Les apprentis sorciers qui, au nom du progrès, n’avaient pas pris en compte l’insurmontable goût de métal oxydé qu’elle rendrait à la « dégustation », ont connu une solide déconvenue et un échec financier considérable. Mais, il faut aussi le dire, ils ont réussi
depuis à mieux contrôler ces effets indésirables. Et les Etats-Unis ont fait de la commercialisation croissante de variétés transgéniques un char de combat économique qui part à la conquête de la monde. Nous ne pouvons pas tolérer que cette nouvelle génération de produits agricoles puisse nous être imposée à notre insu où contre notre gré !

En mai 2002, l’association écologiste Greenpeace a publié, à la demande de l’Union européenne, un document démontrant l’impossibilité pratique de faire coexister dans une même région des cultures trangéniques avec d’autres cultures, notamment parce que des contaminations génétiques étaient pratiquement inévitables.

Officiellement, il n’y a pas d’organismes génétiquement modifiés (OGM) cultivés en Europe, hormis le trop fameux maïs transgénique MON810 mis au point par la firme Monsanto. Mais la pression exercée par l’Administration et les milieux d’affaires américains sur l’Union européenne ne cesse de croître, et s’exerce simultanénément sur les plans diplomatique et économique.

Certains affirment que Nicolas Sarkozy, à la recherche de soutien international dans une course vers l’Élysée, a donné officieusement à l’administration Bush et à certains milieux d’affaires américains de solides garanties sur la politique qu’il mènerait sitôt élu en vue de faire lever le fameux moratoire de 1999 qui protège encore le consommateur européen contre l’introduction massive d’OGM dans l’Union. Effectivement, et contre l’avis d’une opinion publique majoritairement défavorable, la résistance des autorités européennes se relâche. Le disposif juridique est défaillant, et l’on peut deviner les futurs points de brèche.

Les OGM inondent déjà le marché européen de l’alimentation animale. Depuis quelques mois déjà, les produits de consommation alimentaire ne sont plus totalement exempt d’OGM.


Biodiversité - La menace pèse
La terre "planifiée" selon Monsanto, Syngenta, Bayer et consorts


Quoi qu’il en soit, remarquons simplement que, sitôt élu à la présidence, Nicolas Sarkozy a nommé au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, une certaine Christine Lagarde, brillante avocate et femme d’affaires française installée depuis plusieurs années aux États-Unis (Chicago), où elle présidait le comité exécutif du célèbre cabinet international d’avocats
d’affaires Baker&McKenzie, chargé notamment à plusieurs reprises de la défense des intérêts de grandes multinationales productrices d’OGM. Comment ne pas voir dans le «choix» du
nouveau président un gage de sa soumission aux exigences américaines ? Il est vrai que le dérapage électoral d’Alain Juppé à Bordeaux, lors des législatives du mois de juin 2007, a obligé Sarkozy à un remaniement. ministériel un mois seulement après la mise en place de son gouvernement. Si Christine Largarde a perdu ainsi le portefeuille de l’Agriculture, elle s’est aussitôt vu octroyer celui de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. Pour complaire aux visées économiques de Washington?

 

Gandhi

Le Mahatma GANDHI : "Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité"


De la perte de biodiversité aux légumes oubliés

Dans un rapport datant de 1998, les experts du FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) estimaient que 75% des variétés végétales qui entraient encore dans notre alimentation au tout début du XXème siècle étaient perdues. Ce qui revient à dire que trois légumes sur quatre ont disparu de nos assiettes en moins de cent ans.

Pour s’en convaincre, il suffit de compter le nombre de fruits et de légumes différents que propose à la vente votre supermarché. Vous constaterez que, toutes espèces et variétés confondues, ce nombre ne s’élève que très exceptionnellement jusqu'à 60, en ce compris des espèces exotiques, tels que les ananas, les bananes, les mangues … et bien d’autres. Quelle commune mesure entre ce chiffre de 60 et les 1200 variétés de salades que l’on pouvait
recenser dans les petits potagers d’avant la seconde guerre mondiale, les centaines de variétés, parfaitement rustiques, de poires, de pommes ou de prunes q ui embaumaient nos vergers, ou encore les plus de 2000 variétés fixées de tomates que perpétuaient certains jardiniers en prélevant et en conservant chaque année les graines avec soin?


Résistons : ensemble, créons des potagers

Depuis peu, dans un courant de réhabilitation de variétés potagères tombées en désuètude, un nombre croissant de personnes s’intéressent à la culture de légumes qualifiés d’«anciens » ou d’ «oubliés ». Des associations ou des entreprises spécialisées, comme « Kokopelli, Semailles, La ferme de Sainte Marthe, Biaugerme, les Graines Baumaux, … étoffent chaque année le choix des semences traditionnelles qu’ils proposent à leurs clients. Et il est donc possible à celui qui possède un petit potager, de cultiver lui-même des variétés de fruits et de légumes intéressants dont la grande distribution c’est totalement désintéressée depuis longtemps.

Pour ceux et celles qui ne disposent pas d’un potager, rappelons qu’un simple balcon permet de cultiver valablement en pots de nombreuses plantes aromatiques et quelques légumes introuvables dans le commerce. Ce type de culture «minimaliste» donne pourtant de bons résultats et peut procurer un réel sentiment de bonheur et de fierté à ceux qui s’y adonnent.

Enfin, pour ceux qui n’ont ni jardin, ni balcon, mais qui sont néanmoins soucieux de ladiversification de leur alimentation, il faut savoir qu’un nombre croissant de petits producteurs locaux vendent directement aux particuliers leurs récoltes de saison . Repérez-les, tentez de vous approvisionnez chez eux. Les prix modérés qu’ils pratiquent s’inscrivent généralement dans un rapport convivial fait de respect mutuel. Quant à la qualité alimentaire de ces ingrédients bio sans labels ni brevets, et à leurs saveurs … mmmh, qui dit mieux ?

Bien chlorophyllement vôtre !

José

Share

« Nature admise », plantes aromatiques comprises

20080525 017

 

 

Anne et moi vous l'avions annoncé, nous participions dimanche 25/5, en plein centre de Gembloux, sur un site étonnamment calme et verdoyant en milieu urbain,  à un grand rendez-vous des amoureux et des défenseurs de la nature, des jardins, des potagers, et des sentiers bordés de multiples plantes sauvages … bref, de la biodiversité.

20080525 006

La plupart d'entre vous le savez depuis longtemps, Anne et moi sommes de fervents collectionneurs de légumes anciens et promoteurs bénévoles et passionnés de leur réintroduction dans une alimentation quotidienne plus saine et plus diversifiée. Comme le thème des légumes proprement dits était déjà bien illustré sur le stand du CTH (Centre de Technique Horticole) et animé avec compétence par Mr Gricourt, nous avons choisi la complémentarité et proposé exclusivement ce jour-là au public, sur le stand des Jardins de Pomone, l'illustration de la biodiversité insoupçonnée des plantes aromatiques et de leurs vertus.

Parmi de très nombreuses variétés de thyms, de sauges, de menthes, d'oseilles, d'agastaches, d'hysopes, de sarriettes, d'origan, etc… présentées, les visiteurs ont été très spécialement intrigués par la plante-sucre, le stévia, et nous avons été assaillis de questions à son propos.

20080525 010

A propos du stévia , et à la demande générale, j'ai donc promis  de lui consacrer un prochain billet sur ce blog. Cette plante de la famille des lamiacées, botaniquement originaire du Paraguay, offre des avantages révolutionnaires dans l'alimentation, mais dérange à ce point  les lobbies du sucre et de l'aspartame qu'ils ont tout fait pour que vous en ignoriez encore longtemps le nom, l'existence et les avantages.

20080525 020

Dans le magnifique espace vert des Closières, nous avons eu l'agréable surprise et le bonheur de rencontrer de nombreux d'entre vous dans le courant de cette journée, et nous les remercions tout spécialement pour le soutien sympathique, répété et engagé qu'ils manifestent à notre "Croisade verte".

Merci notamment à l'attachante Fabienne (http://savoureusesaveur.canalblog.com)  et à son "José" (et oui, j'ai un homonyme bien plus sympathique encore que je ne pourrais l'être dans mes meilleurs jours!), à Kiki et à Stef, à Maurice et son épouse, … qui malgré la météo peu clémente annoncée (à tort!) pour la journée et le ciel (vraiment!) menaçant de la matinée , n'ont pas hésité à faire une long déplacement pour nous retrouver au milieu de nos aromatiques.


20080525 001

 

Merci aussi à ces centaines de randonneurs anonymes, qui ont participé aux visites guidées du site, et qui, toutes générations confondues, se sont dites enthousiasmées et prêtes à partager notre idéal, à valoriser la biodiversité qui nous veut du bien.

Pour la réussite, tant didactique que conviviale, de cette journée, Anne et moi voulons exprimez aussi des remerciements particuliers à :

Eric Van Poelvoorde, le dynamique et entreprenant échevin de la ville de Gembloux,

Pascaline Leruth, jeune ingénieur agronome, éco-conseillère au Service de l'Environnement et de l'Energie, dont, depuis plusieurs  semaines, nous avons pu éprouver la disponibilité et l'efficacité, toutes deux à la hauteur de son immense gentillesse.

20080525 013

Christelle Vanden Berghe, animatrice des Jardins partagés, qui nous a fort touché par la générosité et le réalisme qu'elle associe adroitement dans la réalisation de son projet social.

Olivier Guillitte, co-organisateur de la journée, le sympatique barbu à la proue de NATAGORA, association oh combien active dans la protection de la Nature. (http://www.natagora.be)

MM. Lahy et Compère, de la Société Royale Horticole de Gembloux.

Mr. Jansen, chercheur au Département Lutte biologique et Ressources phytogénétiques du CRA-W (Centre wallon de recherches agronomiques), qui nous a épaté avec ses connaissances sur les coccinelles et les syrphes, ces précieux insectes auxiliaires de la lutte contre les pucerons. (http://labecotox@cra.wallonie.be)


20080525 021

 

Mr. Gricourt, du Centre de Technique Horticole, qui en matière d'essais maraîchers, a pour vocation de développer une collaboration bénéfique entre les milieux de l'enseignement, de la recherche appliquée et des horticulteurs professionnels. (http://www.cthgx.be)

Un grand merci aussi à tous ceux qui ont contribués au bon déroulement de cette journée Nature admise, sans que nous en ayons retenu le nom, mais avec lesquels nous espérons pouvoir faire plus amplement connaissance à l'occasion d'une nouvelle édition de cet événement très, très réussi.

 

Bien chlorophyllement et cordialement vôtre,

José

Share

Biodiversité alimentaire et légumes anciens

Logo - Biodiversité FAO 2004
  

Journée mondiale de la biodiversité

Ce jeudi 22 mai 2008 se tient la Journée internationale de la biodiversité décrétée par l'ONU (FAO). Le thème choisi pour être débattu et illustré cette année est essentiel , "La biodiversité et l'agriculture", qui doit montrer que la diversité biologique peut contribuer à une nourriture saine.

Le monde agricole doit rapidement et majoritairement prendre conscience de la part de responsabililité importante qu'il a pris dans la perte de biodiversité et travailler aujourd'hui solidairement à la respecter, la restaurer et l'entretenir. Il faut tous ensemble, agriculteurs compris, admettre nos erreurs du passé et préserver les espaces vitaux diversifiés pour sauver le plus grand nombre d'espèces animales et végétales de l'extinction .

Cette biodiversité, c'est la garantie silencieuse de survie de l'espèce humaine. Nos méthodes d'agriculture, nos choix alimentaires subséquents, ont une influence sur notre santé; encore faut-il qu'il qu'un véritable choix de produits sains et variés soit disponible pour tous.

Anne et moi croyons – avec nos amis du mouvement mondial SLOW FOOD lancé par le sociologue italien Carlo Petrini - que pour changer favorablement la situation,  les consommateurs doivent sans attendre et de manière croissante favoriser les produits régionaux et écologiques. Ils soutiendraient ainsi la biodiversité, qui leur veut du bien.

Ce mouvement est amorcé et étonnamment chargé d'ampleur citoyenne, d'énergie et d'enthousiasme. Ce n'est cependant pas suffisant, puisque, hélas, on observe encore dans de nombreux pays une intensification des cultures au détriment de la diversité. (Je pleure de rage impuissante quand je vois ce qui ce passe au Brésil et en Argentine… Je fustige les pratiques agricoles de l'Espagne et de la Roumanie … Oui, je sais, ça dérange … mais qui ? Monsanto, Syngenta, Bayer …???)

Les géants agrofinanciers mondiaux - arrogants et impérieux, parce qu'ils prétendent parler au nom de la science – mentent sans vergogne, nous trompent, nous cachent (de plus en plus mal) les enjeux de leurs stratégies et les manipulations planétaires ignobles qu'elles semblent justifier sans état d'âme à leur yeux. "Tenez les bêtes, ils mangeront ce qu'on leur donne au prix qu'on voudra bien leur faire !". (Catéchisme de l'anarcho-libéralisme: recommandation aux chefs d'Etats vassalisés)

NON ! Les consommateurs ne sont pas de moutons de Panurge, ni des esclaves ! Réapproprions-nous notre alimentation, laissée depuis trop longtemps aux mains d'irresponsables cupides.

Vive la biodiversité!

José

Share

Les tomates du supermarché … beurk !

Reportage biodiversité 2007 08 29 042

Les tomates du supermarché : parce qu'il faut bien en parler (beurk!)

Remarque préliminaire : Les photos illustrant ce billet sont celles de variétés de tomates cultivées par Anne et José (Copyright : Les Jardins de Pomone). Elles ont toutes été cultivées en plein air et en pleine terre. Rien à voir avec les tomates de nos supermarchés !

 

Chacun peut le constater. Lorsque l’on promène son caddy entre les rayons d’un supermarché, on ne doit pas s’attendre à trouver au rayon légumes plus de cinq variétés de tomates, presque toutes de couleur rouge, à la peau dure et difficile à peler, trop parfaitement calibrées et bien mûres en apparence seulement. Quant à leur goût, il est sans surprise, uniformément acide et  médiocre.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque ces tomates – qui ne sont pas réellement à maturité et se conservent en chambre froide – sont essentiellement produites « hors-sol » et « sur greffes », selon les méthodes « ultra-performantes » de la culture dite « hydroponique ».


 

De l'hydroculture à la culture "hydroponique"

L'hydroculture est pratiquée par l’homme depuis la nuit des temps. Les Chinois, les Égyptiens, les Babyloniens s’y adonnaient déjà bien avant le début de notre ère.

Dès le début du XIVème siècle, les Aztèques, peuple amérindien nomade nouvellement installé dans les hautes vallées du Mexique, perfectionnent sur les rives des lacs andins les méthodes d’hydroculture de leurs prédécesseurs toltèques. Ils mettent au point les « chinampas », champs marécageux incroyablement fertiles qui permettent plusieurs récoltes miraculeuses au cours d’un même année. Avec le maïs et les haricots, ils font pousser des piments et … des tomates. On le voit, l’homme a compris très tôt la place indispensable de l’eau dans la croissance accélérée des plantes potagères.


Reportage biodiversité 2007 08 29 018

Au XXème siècle, dans leur course une peu folle aux "progrès" économiques et agrotechnologiques, les professionnels du secteur ont métamorphosé l’hydroculture en culture hydroponique. Et la tomate, légume de loin le plus consommé au monde, est devenue assurément la grande vedette de ce type de culture moderne.  

La technique « hydroponique » a surtout évolué dans des pays au climat peu clément, comme les Pays-Bas, la Belgique ou le Canada. Elle est préjudiciable à l'environnement. Les plants de tomates – quelques variétés seulement, sélectionnées spécialement pour leur aptitudes à supporter ce type de traitement – poussent dans des rigoles en matière synthétique remplies de substrats inertes, parfois naturels comme le sable, le plus souvent artificiels comme la laine de roche, la vermiculite ou la perlite. Ces rigoles acheminent une solution dite « nutritive », en fait un cocktail chimique dont la composition devrait effrayer les consommateurs s’ils étaient correctement informés.


Reportage biodiversité 2007 08 29 036

 

Mais voilà, ce type de culture tente de se justifier par la préoccupation  - oh combien philanthropique ! – de nourrir l’humanité entière, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une performance économique, sans souci réel de la santé des consommateurs, des incidences sur l’environnement ou de véritable bon goût.

 


Tomate Black Seaman 2007 09 12 Tomates 030


 

 

Des cinq variétés de tomates rouges et rondes du supermarché aux milliers de tomates multicolores que nous offrent la biodiversité

Dans nos pays tempérés, la tomate peut être cultivée en pleine terre, où elle produira, selon la variété, de beaux fruits irréguliers et savoureux mûris à l’air et au soleil, chargés de vitamines et d’oligo-éléments tirés d’un sol vivant et sain dont notre santé tire les plus grands avantages.

 

La biodiversité des tomates est telle – sans doute plus de 12.000 variétes, dont au moins 2000  bien fixées, c’est-à-dire à caractères stables  -  que nous pouvons agréablement la décliner en cuisine selon toutes nos humeurs. Certaines se prêtent mieux aux préparations culinaires froides, d’autres offrent d’indiscutables avantages dans les préparations chaudes. Comme pour les vins typés, le gourmet  saura trouver l’accord subtil entre une variété de tomate et un plat spécifique. Inutile de dire que le nombre de recettes qui peuvent être concoctées avec des tomates sont légions.


 

Tomate Ildi 2007 09 12 Tomates 007

 

 

Mais où et quand trouver d'aussi étranges et succulentes tomates ?

 

Pour des raisons de conservation limitée, de tailles disparates, de croissance plus lente, de sensibilité aux conditions climatiques et de récoltes plus aléatoires, la grande biodiversité des tomates n’a jamais vraiment trouvé sa place dans la grande distribution. C’est assurément dommage, mais le consommateur attentif n’est pas irrémédiablement condammé aux « hydroponiques ». Comment échapper à ce type de produits agroalimentaires illustrant la « malbouffe » ?


Reportage biodiversité 2007 08 29 055

 

Tout d’abord, pour manger bon et sain, il faut tenir compte du calendrier des récoltes, lequel est rythmé par les saisons.  Manger des tomates aux crevettes à la Saint-Nicolas, ou des fraises à la Chandeleur et du melon à Pâques, c’est une véritable hérésie gustative et diététique rendue possible par l’opportunisme économique de la grande distribution. Notre organisme aussi est rythmé par les saisons, et ses besoins ne sont pas les mêmes du 1er janvier au 31 décembre.

Sauf chez des personnes souffrant de contre-indications ou devant combler des carences spécifiques, on doit constater l’harmonieuse adéquation qui existe entre la consommation des produits d’une saison déterminée et les besoins de notre métabolisme en cette même saison. Alors, pourquoi vouloir se nourrir de la même manière pendant toute l’année ?


Reportage biodiversité 2007 08 29 031
 
 

Si, en lieu et place de minables « hydroponiques », vous préférez savourer quelques unes des plusieurs milliers de tomates plus succulentes les unes que les autres quasi-introuvables dans le commerce, choisissez de les consommer chaque année entre les mois de juin et novembre de chaque année .

Pour un maximun de plaisir, favorisez les tomates anciennes cultivées en pleine terre, selon les méthodes du jardinage biologique. Géantes ou minuscules ; rouges, roses, jaunes, vertes, oranges, bigarrées, noires ou blanches ; rondes, côtelées ou allongées ; elles vous séduiront et feront du bien à votre santé. 

Comme il y a – hélas ! -peu de chance d’en trouver dans les magasins, vous pouvez – si vous disposez d’un petit jardin d’ornement – en tranformer une petite partie en potager  – cultiver vous-même quelques variétés que vous apprécierez particulièrement.  

Si vous n’avez pas de jardin, retenez que plusieurs variétés de petites tomates très productives se prêtent avec complaisance à la culture en pots. Les petites tomates « Minibel », « Star des balcon», « Tiny Tim », « Totem », « Tumbling Tom » (rouge ou jaune), « Rotkäppchen » et autres « Balconi » ou « Maja » feront tout pour vous plaire.  Ces plants à la végétation généralement basse et buissonnante, ne nécessitent ni taille, ni tuteurage. Sur votre balcon ou dans la véranda, ils seront en outre du plus bel effet décoratif et rivaliserons avec originalité avec les traditionnels géraniums, pétunias ou impatiens. 

Mais peut-être n’avez-vous ni jardin, ni balcon, ni véranda. Il vous reste dans ce cas, la possibilité de repérer une petit producteur local ou un brave petit jardinier du quartier qui se fera un plaisir de vous « vendre » quelques tomates irrésistibles pour deux fois rien. 

Trois manières de faire le plein de vitalité …


Reportage biodiversité 2007 08 29 073

Share

Biodiversité, Potager et légumes anciens

Merci de votre intérêt pour les légumes oubliés et notre site internet. C'est vrai que le consommateur n'est pas gâté en légumes dans la grande distribution. Encore faut-il qu'il en prenne comparativement conscience et qu'il veuille sortir des "autoroutes à péage" de la consommation pour arpenter les sentiers d'une alimentation plus agréable, plus variée, plus saine et aussi plus durable . Serrons-nous la main et contribuons, chacun à notre manière, à changer progressivement les choses. Marre de la malbouffe !!! 


Le témoignage qu'Anne et moi souhaitons vous apporter  est celui de deux jardiniers amateurs,  collectionneurs et cultivateurs de nombreuses variétés de légumes anciens. Face à un milieu naturel en péril, face à une biodiversité qui se perd avec une amplification géométrique, face au problème de la faim dans le monde – qui disons le en passant, n’est pas le résultat d’un capacité insuffisante à produire, mais bien d'une mauvaise répartition -, nous sommes soucieux de vous faire partager nos réflexions, nos expériences, nos connaissances et aussi … nos révoltes et nos espérances. Ni Anne ni moi n’avons un parcours professionnel qui aurait pu nous laisser supposer le moins du monde l’importance primordiale que nous allions attacher un jour à cultiver amoureusement nos potagers, à récolter nos légumes et préparer de petits plats sains et savoureux avec des ingrédients hors commerce.  Pour mieux nous comprendre, il est peut-être utile de situer quelques notions :

 

·              Biodiversité

En bref, la biodiversité c’est quoi ? La biodiversité, c’est l’ensemble de toutes les formes de vie présentes en même temps sur un support  commun : le sol. Chaque sol est constitué :

1.      d’une part, par un ensemble d’éléments chimiques et physique  (eau, minéraux, lumière …) qui forment un biotope.

2.      d’autre part, par une multitude d’organismes vivants (faune, flore, micro-organismes) qui vont s’installer évolutivement. Cette expression globale de vie, où la moindre cellule a un rôle à jouer, s’appelle biocénose.


Une biocénose  +  un biotope constituent ensemble un écosystème

L’écosystème se développe évolutivement. Toutes les formes de vie qu’il contient – animale, végétale, bactérienne – s’y développent de manière dépendante entre elles. Chaque cellule vivante  n’existe que dans des processus multiples d’interaction avec toutes les autres. Elle vit par les autres, pour les autres et avec les autres.

  

·              Perte de biodiversité

L’emprise de l’activité humaine sur le milieu naturel – particulièrement son activité économique – s’amplifie  géométriquement et a franchi en quelques décennies des seuils insoutenables de consommation des ressources naturelles. En refusant implicitement d’assumer ses liens de vassalité avec la nature, – c’est à dire en épuisant plus rapidement les ressources naturelles que la nature peut les reconstituer – l’homme s’engage dans une impasse et compromet inconsidérément les conditions de survie de sa propre espèce !!! Autrement dit, celle de ses propres enfants …

 

·               La perte de biodiversité dans notre alimentation 

Un premier constat : dans les ressources alimentaires potentielles que nous offre la nature,  c’est une minuscule proportion de végétaux qui servent à notre nourriture. 


Quelques chiffres : 
1.      Les spécialistes ont pourtant recencé plus de 80.000 plantes comestibles.

2.      Sur ces 80.000 plantes comestibles, environ 7.000 ont été cultivées dans l’histoire de l’humanité.

3.      Encore 150 sont effectivement cultivées : ( 0,1875 % !!! )

4.      Et sur les 150 espèces cultivées, 15 espèces seulement produisent 90% de la nourriture.

5.      Parmi ces 15 espèces, 3 seulement (le blé, le riz et le maïs) trustent les 2/3 de la production alimentaire.


Faut-il commenter de tels chiffres pour convenir de la fabuleuse biodiversité agroalimentaire dont nous pourrions disposer et l’abusive consommation que nous faisons de quelques rares espèces seulement ? Ces monocultures intensives sont fragiles et sensibles à des perturbations de l’environnement. En cas de problème (comme une épidémie), le risque est grand de voir ces cultures dévastées et provoquer ainsi des famines. Une culture plus extensive prenant en compte un grand nombre d’espèces permet de diminuer ce risque.Ce qui est aberrant, c’est que le nombre d’espèces cultivées, déjà presque insignifiant, s’est encore restreint de façon alarmante en quelques décennies. 

 

·              Les causes de la perte de biodiversité

Quelles sont les causes de cette perte de biodiversité alimentaire ? Dans les ouvrages spécialisés, on lit généralement des causes formulées approximativement comme suit :


  • la dégradation et la perte des habitats
  • l’introduction d’espèces étrangères
  • les pollutions, dont le réchauffement de la planète et le trou dans la couche d’ozone sont les conséquences
  • l'exploitation directe des espèces sauvages      


Loin de moi l’idée de rejeter le bien-fondé de ce genre de formulations, somme toute fort théoriques, pour expliquer le recul de la biodiversité. Mais je voudrais vous faire découvrir ces causes d’une manière plus immédiatement sensible.

N’y allons pas par quatre chemins ! La cause principale et  première de la perte de biodiversité, c’est l’homme lui-même, surtout l’homme considéré dans son activité économique. Cet homme là, cet « homo economicus », est la créature la plus directement nuisible à la Nature en général. Son emprise sur le milieu naturel est totalement déséquilibrée, insoutenable dans le temps. C’est paradoxal, si en considération de ce que je viens d'écrire plus haut à propos de la biocénose, il doit nécessairement exister un lien de vassalité entre l’homme et la Nature, à laquelle il appartient. Je le redis et j’insiste, c’est la condition de sa propre survie. Pour l’ « homo economicus » (j’emploie ces termes par ironie, dérision, mais aussi amertume), tout se raisonne en terme de rentabilité financière à court et à moyen terme. Quand il s’agit de produire des fruits et des légumes, les dirigeants de quelques grandes multinationales s’arrogent tous les moyens pour régenter à leur profit une agriculture mondialisée. Ces gens là n’éprouvent aucune émotion nostalgique lorsque l’on évoque les petits jardins potagers de leurs grands-parents.  Pour ces chasseurs de gain par « rationalisation », si dans une gamme de légumes il  existe 100 variétés différentes pour satisfaire une demande du marché,  une seule devra être retenue pour la commercialisation : « la plus rentable ». Tant pis pour les 99 autres, pour leurs propriétés intrinsèques éventuellement supérieures. Au diable cette diversité. Et tant pis si, faute de semailles, leurs graines auront totalement disparus dans quelques années. Dans une telle logique, la disparition de variétés est inévitable.


·              Deux mécanismes économiques de la perte de biodiversité : la « révolution verte » et la course aux OGM


1.       La révolution ver te   

 

Après la seconde guerre mondiale se met en place une système de production intensive, à hauts rendements accélérés, que l’on appelle conventionnellement la « Révolution Verte ».  Pour esquisser cette Révolution verte, cinq gros traits suffisent : 

 

   

  • Monoculture

  • Haut rendement

  • Engrais chimiques

  • Pesticides

  • Mécanisation

Elle désigne le formidable bond technologique réalisé en agriculture pendant la période 1944-1970, suite aux progrès scientifiques et à la croissance économique de l’après-guerre. De nouvelles méthodes de culture sont apparues en même temps que de nouvelles variétés à haut rendement, notamment dans les  céréales (je pense au blé,  au maïs ou au  riz). Les  engrais minéraux, les produits  phytosanitaires, la mécanisation, l’irrigation ont aussi contribué à ce changement radical. Cette révolution a bien eu pour conséquence un accroissement spectaculaire de la productivité agricole, et a sans doute permis d'éviter des famines catastrophiques, qui auraient été la conséquence naturelle d’un accroissement exponantiel sans  précédent de la population mondiale depuis le début des années 1950.  Mais cette « révolution » a aussi eu des conséquences beaucoup moins souhaitables, dont nous devons payer la note aujourd’hui . Non seulement, en l’espace temps de deux générations, une machiavélique « trinité » d’engrais chimiques NPK (Azote, Phosphore, Potassium …) a appauvri jusqu’à les anéantir d’immenses étendues de terres arables, mais a encore causé de profonds bouleversements culturels et sociaux, notamment (mais non exhaustivement) : 

  • exode rural massif

  • déperdition du savoir traditionnel agricole

  • elle a par ailleurs été justement accusée de contribuer à réduire la biodiversité et de  placer les agriculteurs sous la dépendance de l'industrie agro-pharmaceutique

Le marché mondial des semences est, depuis les années ’50, un enjeu économique colossal. De gigantesques multinationales  investissent dans la sélection naturelle des espèces végétales massivement commerçables, et les graines que nous trouvons dans nos jardineries sont le plus souvent des produits hybrides de première génération. (Ce sont eux que l’on appelle Hybride F1, des variétés de luxe sensées être superperformantes et résistantes aux maladies).  Il ne faut pas se tromper de cible. L’hybridation, en soi, n’est pas forcément une nuisance. Elle est pratiquée par l’homme depuis des milliers d’années, comme l’attestent quelques figues fossiles découvertes l’année dernière sur un site néolithique israélien l’année dernière. Il s’agit de fruits d’une variété parthénocarpique (c’est à dire, qui se développe sans pollinisation et dont les graines sont stériles), impliquant donc nécessairement une intervention humaine il y a plus de 11.000 ans. (Cette découverte repousse d’ailleurs de plus d’un millénaire l’origine de l’agriculture dans l’histoire de l’humanité.)


Par contre, en utilisant des semences hybrides F1, telles celles que nous proposent aujourd’hui majoritairement le commerce spécialisé, le jardinier perd la possibilité de reproduire la variété qu’il a cultivée avec des graines de sa propre récolte. En effet, les graines d’une variétés F1, hybrides de première génération, si elles ne sont pas stériles, reproduisent de façon  aléatoire les caractères de leurs lignées parentes. Ce qui donnerait, pour une même variété, des plants totalement différents.  Les semences hybrides F1 sont chères, surtout pour les paysans des pays en voie de développement, et le cultivateur devra les racheter chaque année dans la filière commerciale, ce qui est bien entendu l’effet souhaité et organisé par les grands semenciers qui les produisent. Cet aspect, qui peut paraître accessoire chez nous, a pourtant profondément bouleversé – socialement et économiquement – la classe agraire de plusieurs pays en voie de développement, l’Inde notamment.  

Plus fort encore dans la technique du « client captif »! Toujours pour obliger paysans et jardiniers à se réapprovisionner en semences dans le circuit commercial, les semenciers ont développé des brevets appelé sinistrement « Terminator » (il en existerait une soixantaine à ce jour), dont la particularité est de rendre stériles toutes les graines de la récolte. Il faut donc chaque fois « repasser à la caisse ».  


2.            La course aux OGM   

Depuis les années 1980, un autre danger nous guette : en travaillant sur l’ADN, les chercheurs en biologie moléculaire ont mis au point des techniques autorisant la fabrication d’organismes génétiquement modifiés : les fameux OGM.   


Le premier problème que posent les OGM est d’ordre éthique. En effet, la capacité de modifier et transférer du matériel génétique d’une variété à l’autre ne se limitent plus aux seules  plantes entre elles. Le génie génétique permet de combiner en une seule nouvelle variété des caractères nouveaux  provenant aussi bien de plantes, que d’animaux ou de micro-organismes.  C’est ainsi que, par exemple, la recherche a pu produire en laboratoire  des souris … fluorescentes !!!   


Le second problème posé par les OGM est d’ordre sanitaire. En ce domaine, et sauf surprise scientifique, on serait bien en mal de prouver que les OGM pourraient nuire davantage à notre santé que les résidus de pesticides, les traces de dioxines et les additifs alimentaires que nous absorbons chaque jour à notre insu. 


Le troisième problème posé par les OGM, et à mon avis le danger le plus grave et le plus réel, est celui de leur impact sur la biodiversité, notamment par le risque de diffusion de manière incontrôlable des gènes dont ils sont porteurs. A ce propos, un étude scientifique initiée par le gouvernement anglais, et s’étendant sur 5 années, a été rendue publique le 21 mars 2005. L’évaluation de l’impact des OGM (betterave, maïs, colza) résistants aux herbicides, a laissé un bilan sans appel : telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, la culture de variétés transgéniques conduit à un l’appauvrissement très significatif de la faune et de la flore 

Quant aux risques effectifs de dissémination des OGM, j’ajouterai que la même étude à pu constater des traces de pollen de plants génétiquement modifiés à plus de 300 km de leur point de culture. On est sidéré lorsque l'on sait qu'en France on voudrait séparer les cultures traditionnelles et les cultures transgéniques par une zone de 50 … mètres.

Il ne m'appartient pas de conclure dans le grand débat de société en cours sur les OGM. Mais je vis et j’agis selon mes convictions; et je puis vous assurer n’avoir jamais pu déceler un seul véritable avantage pour le consommateur dans la culture des OGM.  Du reste, avec ou sans biotechnologies, les méthodes agroalimentaires dominantes et les plus profitables aujourd’hui  – en dollars , bien entendu ! – mettent non seulement la planète en danger, mais nous « éduquent », que dis-je, nous « dressent », malgré nous à la malbouffe.

D’une manière générale, il faut bien constater que nos grandes filières commerciales d’approvisionnement agroalimentaire ne sont pas vraiment désireuses de nous offrir avant tout des produits sains et savoureux. La malbouffe est galopante, notre culture du goût fout le camp. Dans la consommation des légumes,  il y a, depuis plus de cinquante ans, un conflit d’intérêt évident entre l’enjeu sanitaire et l’enjeu économique.

Nous en sommes là ! Le choix si réduit de légumes qui nous est proposé aujourd’hui, risque encore de se restreindre si nous ne réagissons pas en tant que consommateurs avertis.  La demande crée l’offre, et les consommateurs – par des comportements responsables et solidaires – peuvent disposer d’un réel pouvoir collectif sur l’assortiment commercial.  

·              Que faire ? Comment réagir ?

Sachons résister ! Cherchons des approvisionnements alternatifs et de proximité pour notre alimentation. Ils existent. Une multitude de petites entreprises et d’initiatives sont nées ces dernières années, expression de la prise de conscience et du raz-le-bol des consommateurs. Elles sont des centaines de milliers dans le monde, et même si elles ne font pas le poids devant une petite dizaine de multinationales, savez-vous qu’en Belgique et en France notamment le marché des produits bio est revenu à plus de 30 % dans l’alimentation ?   


·              Une alternative en faveur de la biodiversité : la réhabilitation des potagers  

Beaucoup d’entre nous possèdent un jardin. Face à la situation que nous dénonçons, et bien cela puisse paraître trop peu conventionnel à certains, il est parfaitement concevable de sacrifier un partie de cette pelouse que l’on doit entretenir chaque semaine et d’aménager un petit potager. De même, quelques arbres ou arbustes fruitiers ne peuvent-ils remplacer avantageusement quelques haies de conifères trop nombreux qui assèchent, épuisent et acidifient indûment le sol ? Quelques plants d’herbes aromatiques, de tomates ou de poivrons auraient-ils moins de charme sur votre terrasse que les traditionnels pétunias, géraniums et lierres ?

 

·              La culture des légumes anciens

Quelques maîtres-cuisiniers, dont le sympathique  Claude Pohlig, possèdent les meilleurs atouts pour vous faire apprécier les légumes anciens. Mais dites-vous bien que vous ne les trouverez pas dans les magasins. Et que pour en bénéficier vous pourriez même devoir apprendre à les cultiver vous-même, que ce soit dans votre propre potager ou dans celui d’un jardin commutaire.

Plusieurs jardins communautaires ont fait leur apparition en région bruxelloise ces dernières années. Si le jardinage vous motive et qu'il vous manque le terrain, vous pourriez utilement vous renseigner auprès de votre administration communale ou auprès de l’association BRAVVO. ("Bruxelles en avant – Brussel vooruit"). 

La culture biologique des légumes anciens n’a rien de compliqué. Le plus difficile, c’est de se procurer les graines. Des associations comme Kokopelli en France, Les Semailles en Belgique vous proposent un choix de graines et de tubercules de variétés anciennes de plus en plus appréciable.  

La réussite de la culture de légumes nécessitent cependant quelques connaissances de bases,  notamment :

-         savoir faire un choix adapté de variétés,

-         maîtriser les bases des techniques de semis,

-         disposer d’un calendrier des mises en place,

-         savoir à quelle époque et selon quelle méthode il faut pratiquer les récoltes,

-         connaître les techniques de conservation,

-         etc


Certaines de ses connaissances se trouvent dans les livres, mais d’autres peuvent encore être utilement recueillies auprès de quelques jardiniers chevronnés, dont le savoir-faire et l’expérience sont tout un patrimoine. (Je pense bien sûr à Jean-Luc Muselle, Luc Fichot, Victor Renaud, Sébastien Verdière … et plusieurs autres, aussi compétents qu'anonymes.)  

Enfin, il y a la pratique du jardinage. En répétant pendant des années, au rythme des saisons, la culture de variétés de légumes rustiques semblables, une observation  personnelle attentive et une faculté de raisonner et d’agir empiriquement permet à chaque jardinier de développer ses propres « petits trucs », connaissances irremplaçables pour la réussite du potager spécifique qu’est le sien.

Share