Les tomates du supermarché … beurk !

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Les tomates du supermarché : parce qu'il faut bien en parler (beurk!)

Remarque préliminaire : Les photos illustrant ce billet sont celles de variétés de tomates cultivées par Anne et José (Copyright : Les Jardins de Pomone). Elles ont toutes été cultivées en plein air et en pleine terre. Rien à voir avec les tomates de nos supermarchés !

 

Chacun peut le constater. Lorsque l’on promène son caddy entre les rayons d’un supermarché, on ne doit pas s’attendre à trouver au rayon légumes plus de cinq variétés de tomates, presque toutes de couleur rouge, à la peau dure et difficile à peler, trop parfaitement calibrées et bien mûres en apparence seulement. Quant à leur goût, il est sans surprise, uniformément acide et  médiocre.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque ces tomates – qui ne sont pas réellement à maturité et se conservent en chambre froide – sont essentiellement produites « hors-sol » et « sur greffes », selon les méthodes « ultra-performantes » de la culture dite « hydroponique ».


 

De l'hydroculture à la culture "hydroponique"

L'hydroculture est pratiquée par l’homme depuis la nuit des temps. Les Chinois, les Égyptiens, les Babyloniens s’y adonnaient déjà bien avant le début de notre ère.

Dès le début du XIVème siècle, les Aztèques, peuple amérindien nomade nouvellement installé dans les hautes vallées du Mexique, perfectionnent sur les rives des lacs andins les méthodes d’hydroculture de leurs prédécesseurs toltèques. Ils mettent au point les « chinampas », champs marécageux incroyablement fertiles qui permettent plusieurs récoltes miraculeuses au cours d’un même année. Avec le maïs et les haricots, ils font pousser des piments et … des tomates. On le voit, l’homme a compris très tôt la place indispensable de l’eau dans la croissance accélérée des plantes potagères.


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Au XXème siècle, dans leur course une peu folle aux "progrès" économiques et agrotechnologiques, les professionnels du secteur ont métamorphosé l’hydroculture en culture hydroponique. Et la tomate, légume de loin le plus consommé au monde, est devenue assurément la grande vedette de ce type de culture moderne.  

La technique « hydroponique » a surtout évolué dans des pays au climat peu clément, comme les Pays-Bas, la Belgique ou le Canada. Elle est préjudiciable à l'environnement. Les plants de tomates – quelques variétés seulement, sélectionnées spécialement pour leur aptitudes à supporter ce type de traitement – poussent dans des rigoles en matière synthétique remplies de substrats inertes, parfois naturels comme le sable, le plus souvent artificiels comme la laine de roche, la vermiculite ou la perlite. Ces rigoles acheminent une solution dite « nutritive », en fait un cocktail chimique dont la composition devrait effrayer les consommateurs s’ils étaient correctement informés.


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Mais voilà, ce type de culture tente de se justifier par la préoccupation  – oh combien philanthropique ! – de nourrir l’humanité entière, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une performance économique, sans souci réel de la santé des consommateurs, des incidences sur l’environnement ou de véritable bon goût.

 


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Des cinq variétés de tomates rouges et rondes du supermarché aux milliers de tomates multicolores que nous offrent la biodiversité

Dans nos pays tempérés, la tomate peut être cultivée en pleine terre, où elle produira, selon la variété, de beaux fruits irréguliers et savoureux mûris à l’air et au soleil, chargés de vitamines et d’oligo-éléments tirés d’un sol vivant et sain dont notre santé tire les plus grands avantages.

 

La biodiversité des tomates est telle – sans doute plus de 12.000 variétes, dont au moins 2000  bien fixées, c’est-à-dire à caractères stables    que nous pouvons agréablement la décliner en cuisine selon toutes nos humeurs. Certaines se prêtent mieux aux préparations culinaires froides, d’autres offrent d’indiscutables avantages dans les préparations chaudes. Comme pour les vins typés, le gourmet  saura trouver l’accord subtil entre une variété de tomate et un plat spécifique. Inutile de dire que le nombre de recettes qui peuvent être concoctées avec des tomates sont légions.


 

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Mais où et quand trouver d'aussi étranges et succulentes tomates ?

 

Pour des raisons de conservation limitée, de tailles disparates, de croissance plus lente, de sensibilité aux conditions climatiques et de récoltes plus aléatoires, la grande biodiversité des tomates n’a jamais vraiment trouvé sa place dans la grande distribution. C’est assurément dommage, mais le consommateur attentif n’est pas irrémédiablement condammé aux « hydroponiques ». Comment échapper à ce type de produits agroalimentaires illustrant la « malbouffe » ?


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Tout d’abord, pour manger bon et sain, il faut tenir compte du calendrier des récoltes, lequel est rythmé par les saisons.  Manger des tomates aux crevettes à la Saint-Nicolas, ou des fraises à la Chandeleur et du melon à Pâques, c’est une véritable hérésie gustative et diététique rendue possible par l’opportunisme économique de la grande distribution. Notre organisme aussi est rythmé par les saisons, et ses besoins ne sont pas les mêmes du 1er janvier au 31 décembre.

Sauf chez des personnes souffrant de contre-indications ou devant combler des carences spécifiques, on doit constater l’harmonieuse adéquation qui existe entre la consommation des produits d’une saison déterminée et les besoins de notre métabolisme en cette même saison. Alors, pourquoi vouloir se nourrir de la même manière pendant toute l’année ?


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Si, en lieu et place de minables « hydroponiques », vous préférez savourer quelques unes des plusieurs milliers de tomates plus succulentes les unes que les autres quasi-introuvables dans le commerce, choisissez de les consommer chaque année entre les mois de juin et novembre de chaque année .

Pour un maximun de plaisir, favorisez les tomates anciennes cultivées en pleine terre, selon les méthodes du jardinage biologique. Géantes ou minuscules ; rouges, roses, jaunes, vertes, oranges, bigarrées, noires ou blanches ; rondes, côtelées ou allongées ; elles vous séduiront et feront du bien à votre santé. 

Comme il y a – hélas ! -peu de chance d’en trouver dans les magasins, vous pouvez – si vous disposez d’un petit jardin d’ornement – en tranformer une petite partie en potager  – cultiver vous-même quelques variétés que vous apprécierez particulièrement.  

Si vous n’avez pas de jardin, retenez que plusieurs variétés de petites tomates très productives se prêtent avec complaisance à la culture en pots. Les petites tomates « Minibel », « Star des balcon», « Tiny Tim », « Totem », « Tumbling Tom » (rouge ou jaune), « Rotkäppchen » et autres « Balconi » ou « Maja » feront tout pour vous plaire.  Ces plants à la végétation généralement basse et buissonnante, ne nécessitent ni taille, ni tuteurage. Sur votre balcon ou dans la véranda, ils seront en outre du plus bel effet décoratif et rivaliserons avec originalité avec les traditionnels géraniums, pétunias ou impatiens. 

Mais peut-être n’avez-vous ni jardin, ni balcon, ni véranda. Il vous reste dans ce cas, la possibilité de repérer une petit producteur local ou un brave petit jardinier du quartier qui se fera un plaisir de vous « vendre » quelques tomates irrésistibles pour deux fois rien. 

Trois manières de faire le plein de vitalité …


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