Le BEAUJOLAIS NOUVEAU va arriver … et les « Vieilles vignes » de Quincié aussi !

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Le vin Beaujolais autrement ! Nos amis Annie et Jean Berthelot accompagneront Claudette et Patrick Verchère à Meeffe (commune de Wasseiges, Province de Liège) le samedi 26 novembre prochain, de 14 à 19h30, pour vous faire déguster gratuitement leurs meilleurs vins. (Voir détails dans cet article)

Fin octobre 2011, Anne et moi avont revécu le bonheur de traverser le Beaujolais et d'y découvrir en cette saison le plus escarpé des vignobles de France enchanté par le chatoiement de ses couleurs d'automne. Quel plaisir pour les yeux ! Et pour les sens aussi ! (La Revue du Vin de France ne l'a t'il pas sublimé en le qualifiant du "plus sensuel des vignobles"de l'Hexagone ?

Cette région produit tant de vin que Léon Daudet (Oui, le fils d'Alphonse, des "Lettres de mon moulin" !)  en a stigmatisé l'abondance dans cette note humoristique :

"Lyon, capitale de la cuisine française, est parcourue en dehors de la Saône et du Rhône, par un troisième fleuve, celui du vin rouge, le Beaujolais, qui n'est jamais limoneux ou à sec."

Une des caractéristiques essentielles des vins du Beaujolais, c'est qu'ils sont élaborés à partir des raisins d'un seul et même cépage, rarement utilisé ailleurs pour obtenir du vin rouge : le gamay noir à jus blanc. Ce cépage fruité et juteux se prête particulièrement bien à la fameuse "méthode beaujolaise" de vinification, un technique locale probablement unique au monde qui se caractérise notamment par la macération carbonique de grappes entières, donc à cueillir manuellement.

Compte tenu de l'escarpement des côteaux (pour plus de la moitié du vignoble, la pente dépasse 20% !) et de la forte densité de plantation, le travail dans les vignes n'est pratiquement pas mécanisable et implique beaucoup de main-d'oeuvre. Quant aux vendanges, elles restent entièrement faites à la main. Il s'agit là de cueillir du raisin bien mûr et d'en garder le grain intact jusqu'au cuvage.

En appellations régionales, on trouve du Beaujolais qualifié officieusement de "tout court", et du Beaujolais-villages AOC. Pour cette seconde appellation, le nom de beaujolais est associé à celui de communes énumérées dans un vieux décret républicain de 1937.

Le vin du Beaujolais, c'est aussi 10 crus liés à des terroirs remarquables : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié, Saint-Amour (La vente de ce dernier explose chaque année  à la mi-février, pour la fête de Saint-Valentin ! Mais il n'a pas la distinction bien établie d'un Moulin-à-vent par exemple.)

Quoi qu'il en soit, ces aires de productions sont assez restreintes et plutôt réservées aux connaisseurs. La grande vedette médiatique des vins du beaujolais, c'est bien sûr le vin de primeur le plus populaire au monde : le BEAUJOLAIS NOUVEAU.

Parmi les vins de primeur, l'arrivée du BEAUJOLAIS NOUVEAU sur le marché s'est élévée en une soixantaine d'années au rang d'un véritable tradition populaire de dégustation qui a pris au fil des ans une dimension internationale stupéfiante.

S'il est indubitable que cet engouement du public doit beaucoup aux techniques de marketing bien concertées et affinées pendant des décennies – avec les vicissitudes que l'on devine pour la qualité du produit -, il faut bien reconnaître que nous sommes majoritaires ici en Belgique à souscrire au moins une fois chaque année à ce rite dégustatif … histoire de ne pas outrager Bacchus et notre part de culture française. Dès le troisième jeudi du mois de novembre, toutes les adresses gourmandes des grandes capitales affichent à l'unisson : "Le Beaujolais nouveau est arrivé !".

 

 

Autrement dit, en 2011, c'est le 17 novembre prochain que nous retrouverons ce vin jeune, léger et fruité dans tous les commerces et les restaurants, et qu'il sera difficile d'échapper à la tradition.

Ni Anne, ni moi ne nous déroberons à cet usage convivial partagé avec nos amis. Néanmoins, la qualité de ce vin primeur pour lequel la demande commerciale explose en même temps que l'offre laisse trop souvent à désirer. Et, il faut bien le dire, l'étiquette d'une bouteille n'est pas nécessairement la garantie d'un produit bien typé. Le vin nouveau du Beaujolais est un phénomène éphémère dont le véritable plaisir de le consommer dépend bien plus du savoir-faire de vignerons chevronnés que des mécanismes du marketing et de la normalisation par les coopératives.

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Direction Quincié

De Belleville sur la Saône, nous remontons vers le mont Brouilly par la route qui conduit  à Beaujeu.  Nous quittons cette route après Cercié, en direction de Quincié-en-Beaujolais. L'activité essentiellement viticole de ce petit village de près de 1200 habitants repose sur trois AOC : Beaujolais – Beaujolais-villages – Brouilly. Là et aux alentours subsiste encore une petite poignée de vignerons d'une race pour qui tradition, savoir-faire et travail bien fait prévalent sur les dérives modernisantes et des considérations commerciales fort soucieuses de promotionner le nom d'un produit plutôt que sa qualité authentique. Parmi ces vignerons qui ont travaillé avec passion, compétence et opiniâtreté, j'épingle les familles Pivot* et Berthelot.

 

Oui, Bernard Pivot, le célébre journaliste et critique littéraire de la télévison française ("Apostrophes", "Bouillon de cultures"), par ailleurs père de la redoutable "dictée" qui porte son nom et membre de l'Académie Goncourt (2004) appartient à cette famille. Et ce n'est certes pas par hasard que cet enfant du pays a publié un "Dictionnaire amoureux du Vin" (paru chez Plon, en 2006).



Annie et Jean Berthelot sont les propriétaires du domaine de Romarand, admirablement installé sur les hauteurs de Quincié. Leurs vignes dominent à l'arrière des imposantes bâtisses du domaine. Certaines ont plus de 130 ans d'âge et sont la fierté de ce sympathique couple "quinciaton" (merci Bernard!) aujourd'hui à la retraite qui s'est battu pendant des décennies pour protéger ce merveilleux patrimoine végétal qui leur permet de produire leur meilleur vin (à mon avis, d'ailleurs très partagé).

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Jean Berthelot, propriétaire du domaine de Romarand, à Quincié-en-Beaujolais.

Robuste septuagénaire à l'oeil pétillant, toujours "bon pied, bon oeil et … bonne fourchette" qui a fait honneur au métier de producteur-viticulteur de son terroir. Aujourd'hui, avec Claudette et Patrick Verchère, c'est une génération plus jeune qui  a pris en charge de perpétuer les valeurs de leurs aînés.


Ces deux personnages attachants, Anne avait fait leur connaissance à l'occasion d'un séjour en chambres d'hôtes il y a 18 ans déjà. Quant à moi, cela fait déjà aussi 10 ans que je les admire pour leur travail intelligent, que j'apprécie leur courage, leur volonté assumée d'indépendance, leur gentillesse, leur art de vivre … et leurs vins plaisants, sains et soignés. Si vous voulez loger au Romarand, nos vignerons vous accueilleront avec plaisir. Des quatre chambres d'hôtes coquettes et confortables à la grand table d'hôtes accueillante, il n'y a que quelques pas d'autant plus rapidement franchis que les odeurs parfumées de la cuisine sont irrésistibles. Annie est un cordon bleu hors-pair. Quant à Jean, dès qu'il aura quitté ses vignes ou son potager à la tombée du jour, il viendra vous retrouver devant le grand feu ouvert de la salle à manger et vous proposer de déguster ses vins étonnants, les plus jeunes servis selon la tradition dans l'emblématique "pot lyonnais" à gros fond (là-bas, on dit "gros cul", sans grossièreté !) de 46 cl servis dans les "bouchons". (Les "bouchons" sont ces petits restaurants typiques de la région lyonnaise où l'on peut consommer des plats locaux populaires comme les quenelles ou la cervelle de canut.)

 

Le traditionnel pot lyonnais, d'une contenance spécifique de 46 cl !


Annie et Jean Berthelot viendront un nouvelle fois en Belgique cette année, pour vous faire goûter les vins auxquels ils ont consacré l'essentiel de leur vie. Ce sont deux amoureux sincères de la Nature et, aux côtés de leurs dynamiques successeurs Claudine et Patrick Verdère, ils seront si heureux de vous rencontrer à la ferme du moulin de Meeffe, le samedi 26 novembre prochain. Voici l'invitation officielle :

 

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Bien cordialement vôtre,

José

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