Archive pour juillet 2008

Pickles de MINI-PÂTISSONS

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Pickels de mini-PÂTISSONS

 


Avant de réaliser cette recette, veillez tout particulièrement au choix de vos bocaux. Optez pour des bocaux à fermeture hermétique, munis de rondelles de caoutchouc NEUVES.
(Ce serait un très mauvais calcul de vouloir faire de la récup' sur un accessoire qui détermine la qualité de la conservation).
Lavez et rincez soigneusement vos bocaux, puis ébouillantez-les en les plongeant au moins 5 min., ouverts, dans de l'eau bouillante.
Ne les essuyez pas : égouttez-les en les retournant sur une grille recouverte d'un linge propre et sec en coton et laissez-les sécher.

 

 

Ingrédients

(Pour 2 bocaux de 500 gr) 

500 gr de mini-pâtissons
6 dl de vinaigre  de cidre (de bonne qualité)
1 c à c de graines de moutarde
1 c à c de graines de coriandre
1 c à c de graines de poivre noir
2 feuilles de laurier
2 clous de girofle
50 gr de gros sel
1 c à c d'aneth

 

Préparation

Lavez les légumes à l'eau, égouttez-les et essuyez-les. Coupez à raz du pâtisson les deux extrémités.
Portez à ébullition une grand marmite d'eau, plongez-y les pâtissons pendant 3 min. Retirez-les et égouttez. Laissez refroidir un peu.
Déposez-les dans une terrine et recouvrez-les de gros sel. Laissez les reposer pendant environ 2 heures.
Versez le vinaigre dans une casserole avec les 3 sortes de graines, clous de girofle et le laurier. Portez à ébullition et faites cuire pendant 3 min.
Retirez la casserole du feu et laissez refroidir totalement.
Au bout de 2 heures, rincez les pâtissons pour bien ôter le sel. Séchez-les.
Versez le vinaigre aromatisé dans une grande casserole, ainsi que les pâtissons.
Portez le tout à ébullition pendant 6 min. Une minute avant la fin de la cuisson, ajoutez-y l'aneth, retirez la casserole du feu.
Répartissez les légumes et le vinaigre dans les bocaux, fermez hermétiquement les bocaux.
Rangez-les au frais, au sec et à l'abri de la lumière.

 
Le plus dur ??? Il faudra encore attendre 3 semaines avant de pouvoir consommer vos mini-pâtissons ainsi préparés !

Ces pâtissons accompagnent avantageusement un bon pâté de campagne, des rillettes, une salade ou une côte de porc.

 

Bon dimanche et bon appétit.

Anne

 CENTRE

 

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Le PÂTISSON : bon pour la ligne, succulent pour les papilles

Pâtissons Pattypan et Sunburn

Bon pour la ligne, succulent pour les papilles :

 

 

 

Lavande a eu la bonne idée de mettre le pâtisson à l'honneur sur son blog Ligne et papilles. C'est en effet le début de sa saison de récolte, et vous devriez – avec un peu de vigilance – le rencontrer dès à présent à l'étal de votre marchand de fruits et légumes.

Si cet ingrédient ne vous est pas familier, mais que voulez quand-même l'essayer pour son bon goût et ses qualités nutritives, rendez-vous vite sur le blog de Lavande (cliquez sur Ligne & Papilles) pour découvrir une multitude de recettes originales plus délicieuses les unes que les autres.

Le pâtisson est un légume-fruit des plus sympathiques, aussi souvent appelé "artichaut de Jérusalem", "bonnet de prêtre" ou "bonnet d'électeur". (Attention, l'appellation "artichaut de Jérusalem" peut prêter à confusion, parce qu'elle s'emploie aussi pour désigner … le topinambour !) Les termes "pâtisson" et "bonnet" n'ont rien de botanique; ils font référence à la forme très particulière du fruit, qui ressemble un peu à un gâteau ancien ou à un couvre-chef d'une autre époque. Aujourd'hui, les enfants les appellent plus volontiers des "soucoupes volantes" ou des "satellites"; il faut évoluer.

 

Le pâtisson est une plante potagère qui appartient à la grande famille des plantes cucurbitacées, laquelle se divisent en un grand nombre d'espèces (plus de 100 !), dont quelques unes cultivées pour leurs fruits comestibles.

A ce titre, les genres les plus connus et usuels sont :

- Citrullus (Pastèques)

- Cucumis (Concombres et melons)

- Cucurbita , qui nous intéresse ici, puisque c'est celui du pâtisson.

Le genre cucurbita comprend lui-même plusieurs espèces :

- Les giraumons et les potirons appartiennent à l'espèce Cucurbita maxima.

- L'espèce Cucurbita moschata est celle des courges musquées, comme la "Provençale", la "Napolitaine" ou la "Butternut".

- La célèbre courge de Siam, plus souvent appelée melon de Malabar, appartient à une espèce distincte, mais moins représentée: Cucurbita ficifolia.

- Quant au bénincasa, qui commence à être un peu connu des gourmets éclairés du monde occidental, il appartient à l'espèce Cerifera.

- Enfin, le genre Cucurbita pepo regroupent les courges et courgettes proprement dites, parmi lesquelles il faut encore distinguer :

les citrouilles

les courges d'été (ou "courgettes", ce terme devant être utilisé pour qualifier une jeune courge immature, et non pas comme une catégorisation botanique.)

les courges d'hiver (de conservation)

et enfin, les pâtissons !

Ouf ! À force de vouloir vous aider à vous y retrouver, j'ai failli m'y perdre.

Les variétés de pâtissons offrent différentes tailles et différentes couleurs. Je ne crois qu'il y ait de variété dont le fruit dépasserait 25 cm de diamètre; en tout cas, je n'en ai jamais vu. 

La couleur la plus connue est la blanche (variétés "Blanc" et "Croblanc "). Ce sont les pâtissons que vous trouverez le plus facilement sur le marché. Mais il existe aussi des pâtissons dont la peau est uniformément jaune, orange ou verte; d'autres dont la peau est striée ou mouchetée dans les combinaisons de ces 4 couleurs. La chair du fruit (les botanistes disent le "sarcocarpe" !) peut être blanche, jaune ou orangée. 

Selon les variétés, le poids est très variable : il va de 10 gr environ ("Patty Pan", "Peter Pan", variétés à confire comme des cornichons) à plus de 2 kg ("Blanc", "Croblanc", "Griffe du diable").

De toute manière, le pâtisson est plus particulièrement délectable lorsqu'il est cueilli jeune, c'est-à-dire dans les variétés les plus grandes, lorsque son diamètre ne dépasse pas 8-10 centimètres (la largeur d'une main). A cette taille immature, il n'est généralement pas nécessaire de le peler et il peut être préparé dans sa peau. Cela permet de mettre en évidence, sur votre plat, sa forme singulière aplatie, bordée de 10 bosses. (Dans certaines variétés, ces bosses sont si accusées qu'on les qualifie alors de "griffes").

Personnellement, Anne et moi préférons le pâtisson orange de taille moyenne. Nous l'avons cultivé à partir de graines qu'un ténor du Barreau – par amitié pour nous et sympathie pour nos projets - nous avait rapporté de l'île Maurice, où il est fort consommé et apprécié comme crudité ou comme petits farcis cuits au four. Cru, sa chair reste agréablement croquante et rend un délicat petit goût d'artichaut que les autres variétés n'offrent pas. A essayer absolument ! Cuits, ils se prêtent à la cuisson au four ou – en beignets – à la friture. C'est un ingrédient qui offre d'immense possibilité à votre créativité culinaire, et je suis bien curieux de lire sur le blog de Lavande les recettes que vous lui aurez proposées.

Composé à 95% d'eau, le pâtisson – comme la plupart des courges – est fort peu calorique. Il renferme peu de lipides, de protides et de sucres. Mais il contient en abondance la précieuse provitamine A (100 mg pour 100 gr) et de la vitamine C (20 mg pour 100).

Alors, dites-moi, qui à déjà préparé et mangé du pâtisson frais cette année ? Et quelle recette vous a séduit ?

Bien chlorophyllement à vous,

José

 

 

Pâtissons en mélange

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Moules anisées pour la Fête nationale

Drapeau belge

 


Moules anisées pour la Fête nationale

 

 

 

 

 

 

En Belgique, il n'y a pas de vraie Fête nationale (du 21 juillet) si l'on ne sacrifie à la tradition d'un bon plat de moules accompagné d'une opulente portion de grosses frites coupées à la main dans d'authentiques pommes de terre "bintjes" (plongées 2 fois dans une friture au blanc de boeuf). Le tout est généreusement arrosé avec de la bière. De la blonde au goût de houblon accusé, soutirée à la pompe ! Pas de la "flotjesbee". "Awel,  wa paaist de doevan, Mark? Gôt ge uuk mossele schmochteren vandôg ? ". (Dialecte bruxellois)

La Fête nationale belge est marquée par deux évènements importants, la cèlèbre "foire du Midi" à Bruxelles (la plus grande concentration foraine du pays) et le début de la saison des moules. Les Bruxellois n'ont fait "ni une, ni deux" pour associer depuis longtemps ces deux événements annuels en grandes réjouissances populaires; et ce sont des monceaux, que dis-je, des montagnes de moules qui seront consommées à partir d'aujourd'hui … et jusque en mars-avril de l'année prochaine.

Le "moules-frites", c'est une institution de la gastronomie belge qui s'exporte fort bien, puisque le modeste petit restaurant "Chez Léon" situé en plein coeur du vieux-Bruxelles, est devenu une enseigne internationale à succès dans des villes aussi différentes que Paris (8 enseignes en région parisienne, plus 8 à Paris même), New-York, Tokyo … ou Beyrouth. On parle même d'ouvertures à Dubaï et à Abou Dabih. Au menu, presque exclusivement des moules à choisir parmi toutes sortes de préparations.

A l'origine, le plat populaire consistait en la préparation des moules "à la marinière", avec beaucoup d'oignon et de céléri. Mais les goûts évoluent en s'hybridant, et il existe aujourd'hui une multitude de recettes pour les préparer : "à l'ardennaise", "à la gantoise", "à la bière", "au vin blanc", "au curry", etc.

La recette de moules que j'ai préparée aujourd'hui et que je vous propose ci-après est plus légère et met l'accent sur les saveurs anisées. 
 
Ingrédients

(pour 2 personnes)

 
3 kg de moules "super"
1 gros oignon
1 gros bulbe de fenouil
5 jeunes tiges de livèche ( de +/- 10 cm)
1 bouquet de thym vrai                                                           
4 feuilles de laurier noble                                                          1 c à S de feuilles d'estragon
1/2 L de bouillon de légumes
Sel et poivre du moulin
Beurre salé

 

 

Préparation


Lavez plusieurs fois les moules. Passez les légumes sous l'eau.
Epluchez l'oignon, le fenouil.  Débitez en petits morceaux la livèche et les légumes.
Faites fondre, dans une grande marmite, le beurre, faites-y revenir les légumes pendant +/- 8 min. Salez légèrement et poivrez. Ajoutez l'estragon haché et mouillez avec le bouillon de légumes. Laissez frémir pendant 3 min.
Ajoutez-y ensuite les moules. Faites les cuire 3 à 4 min en les faisant "sauter" régulièrement.
Servez aussitôt.

 
Certains apprécieront un goût plus anisé encore. Dans ce cas, vous pourrez le renforcer en ajoutant à votre bouillon 1 c. à c. de pastis.

Bon appétit à tous nos amis blogonautes de francophonie.

Bonne fête à tous nos compatriotes, ceux du Nord et ceux du Sud, et "en dei van de midde uuk ! Knup dat on ien, l' UNION FAIT LA FORCE". Och god en hiere, de Brusseleirs zijn toch gene halfgebakke !".

 

 

 

 

Anneke "op zen Brussels"

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Black Cherries aux crevettes grises, sauce wasabi, garniture de ficoïde glaciale‏

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( Photo : Alexandre Bibaut, dans la cuisine des Jardins de Pomone )

( Réalisation et stylisme culinaire, Malika Hamza )

 

Black Cherries aux crevettes grises, sauce wasabi, garniture de ficoïde glaciale‏

 

 

 

Parmi les 134 variétés de tomates que José et moi cultivons cette année figure la "Black Cherry" ou "Cerise noire". C'est une variété très productive, dont les petits fruits sphériques (15 à 20 gr chacun), de couleur violacée, révèlent une saveur particulièrement douce, agréable, légèrement sucrée. Elle convient spécialement pour les amuse-bouches, les garnitures et les salades. Je l'ai choisie comme ingrédient pour cette petite recette d'été.

Autre ingrédient utilisé ici : la ficoïde glaciale, à laquelle José consacrait son billet d'hier. (Cliquez sur ficoïde glaciale pour le lire)

Concernant le wasabi, il s'agit d'un condiment typique de la cuisine japonaise – devenu fort à la mode -, obtenu à partir des racines rapées d'une plante de la famille des brassicacées et utilisé notamment pour la préparation des sushis. Le goût puissant du wasabi (qui rappelle le raifort) lui vaut d'être souvent appelé aussi "moutarde japonaise". Le produit se présente sous la forme d'une pâte verte disponible dans le commerce.


Enfin, pour les crevettes, préférez toujours des crevettes grises épluchées à la main, certes un peu plus chères, mais tellement plus goûteuses qu'il en faut moins. Vous aurez la certitude qu'il ne s'agit pas de crevettes de la mer du Nord décongelées après un long voyage aller/retour au Maroc.
 

Ingrédients

(pour  12 bouchées apéritives)
 
12 tomates Black Cherry (ou tomates à tapas)
120 gr de crevettes grises épluchées
12 brins de ciboulette ciselés
2 c à S de mayonnaise
2 à 3 pointes de couteau de pâte wasabi (quantité à votre goût)
quelques branches de ficoïde glaciale

 

Préparation

 
Lavez les tomates, laissez leur la queue (plus élégant à la présentation)
Taillez une calotte dans le tiers supérieur des petites tomates.
Evidez un peu de chair à l'aide d'une cuillère. Retounez-les sur une assiette afin qu'elles égouttent un peu.
Dans un saladier, mélangez les crevettes, le wasabi, la mayonnaise et la ciboulette. Rectifiez l'assaisonnement si nécessaire.
A l'aide d'une cuillère, remplissez les tomates avec la salade de crevettes.
Repositionnez les calottes sur les tomates, mettez au frais pendant une demi heure au moins.
Servez avec les branches de ficoïde glaciale crues.

 

Bon appétit et à bientôt,

Anne

 

Tomate Black Cherry 2007 07 26 034

Tomate Black Cherry

(Copyright: Les Jardins de Pomone)

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Légume ancien et insolite: la FICOÏDE GLACIALE

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 ( Photo : Alexandre Bibaut, dans Les Jardins de Pomone )

Légume ancien et insolite :

La Ficoïde glaciale 

Vous aimez redoubler d'originalité pour la composition de vos salades estivales ? Voici un ingrédient insolite ressorti depuis quelques années de la catégorie des légumes oubliés et fort apprécié aujourd'hui par les gourmets avertis : la ficoïde glaciale. Son aspect givré, sa saveur légèrement acidulée et sa structure croquante à la manière du pourpier risque fort de vous séduire et d'épater vos invités.

Ce légume – au nom bizarre et revenu fort à la mode – appartient à la famille botanique des Aiozacées, laquelle comprend 16 genres. Dans notre alimentation, 2 de ces genres ont su gagner et conserver une place appréciable durant des décennies, avant de sombrer en désuétude à partir des années '30. Le premier, le genre Tetragonia est notamment représenté par la tétragone cornue (ce formidable "épinard de Nouvelle-Zélande" de l'été que beaucoup connaissent déjà, et à laquelle je consacrerai un prochain billet), et le genre Mensembryanthenum, auquel appartient la ficoïde glaciale.

Le nom "ficoïde" est un terme assez générique qui, dans l'usage, peut prêter à la confusion entre toute une série de plantes distinctes. Le propos de ce billet se limitera à la variété Mesembryanthenum cristallinum Linné. Dans le langage français régional, on la désignait jadis : Cristalline, Glaciale, Glacée, Herbe à la glace, Herbe gelée, Pourpier glacial, …

La ficoïde glaciale est originaire des zones côtières d'Afrique du Sud, plus particulièrement celles des alentours du cap de Bonne-Espérance. Mais on la rencontre parfois subspontanément aux îles Canaries et en zone méditerranéenne, comme en Grèce.  

Jadis, elle était à la fois cultivée comme plante décorative et comme plante comestible, fort appréciée pour son aspect. Son feuillage et ses tiges sont en effet recouvertes d'une multitude de minuscules vésicules transparentes, semblables à une fine rosée ou à de mini- gouttelettes d'eau givrées qui scintillent au soleil.

On peut récolter la ficoïde glaciale durant tout l'été et en automne, jusqu'aux gelées. (Je me souviens que l'année dernière, lors d'un conférence d'arrière-saison que je donnais le 23 octobre sur les légumes anciens, j'ai encore pu présenter et faire goûter de la ficoïde fraîche du jardin à mes auditeurs.)

Il y a vraiment peu de chance que vous trouviez de la ficoïde glaciale dans la grande distribution. Mais elle est de plus en plus souvent disponible chez de petits producteurs bio soucieux de diversité et de distinction.

A défaut, vous pourriez la cultiver vous-même. Elle se multiplie par semis en place, de début mai à la fin juin. Les graines sont minuscules et doivent n'être recouvertes que d'y minimum de terre légère et humide pour que vous en obteniez la levée.

Il est aussi possible de semer en mars-avril, sous abri (en serre, sous châssis), dans des godets qui seront mis en place après la période des Saints-de-glace, c'est-à-dire à la mi-mai.

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Dans la main de José, quelques brins de ficoïde glaciale qu'il vient de cueillir. Remarquez le "givrage" singulier du feuillage

( Photo : Alexandre Bibaut, dans Les Jardins de Pomone )

Au potager, la ficoïde glaciale apprécie une position ensoleillée avec un sol frais et riche en humus. Elle craint le froid, mais demande peu de soins. Quelques binages et arrosages en cas de sécheresse persistante devraient suffire à son bonheur.

On observe occasionnellement une abondante floraison. De petites fleurs blanc-rose garnissent alors gracieusement les extrémités des tiges dont la hauteur ne dépasse pas 30 cm.

Les feuilles et ses tiges, tendres et charnues, se consomment crues, en salade, ou cuites, hachées. Elles peuvent s'accommoder de la même manière que les épinards, au beurre, à la crème, au jus ou sautées … C'est crues qu'Anne et moi les préféront, à cause du léger croquant et de la saveur discrètement iodée que la cuisson détruirait. Mais ce n'est qu'un point de vue personnel. Dites-nous le vôtre !

Bien chlorophyllement vôtre,

José

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 ( Photo : Alexandre Bibaut, dans Les Jardins de Pomone )

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Aphrodisiaque, la ROQUETTE ?!

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Eh oui, la roquette qui se cache dans votre mélange mesclun ferait partie, aujourd'hui encore, de la longue liste des "aliments du désir amoureux". Cela paraîtra incroyable à certains, simple légende pour d'autres et certitude pour quelques-uns. 

La réputation aphrodisiaque de la roquette est fort ancienne et remonte à au moins 2.000 ans, puisque l'immortel auteur de L'Art d'aimer, le grand poète classique latin Ovide lui-même, en atteste  dans cette oeuvre en la qualifiant d' "herbe lubrique" (herba salax) et recommandait à ses concitoyens de la préférer aux philtres et potions aphrodisiaques des rebouteux pour attiser leur flamme amoureuse : "Ce que tu pourras prendre, c'est de l'oignon blanc que nous envoie la ville grecque d'Alcathoüs, c'est l'herbe lubrique qui croît dans nos jardins". (Ovide, L'Art d'aimer, Livre II)

Ovide - Les remèdes à l'amour

 

D'une autre oeuvre du même Ovide, Les Remèdes à l'amour, je vous cite ce passage où il est à nouveau question de la roquette, mais où l'auteur prend le contrepied de sa recommandation précédente : "Maintenant, pour remplir envers vous toutes les obligations d'un bon médecin, je vais vous indiquer les mets que vous devez prendre, et ceux dont vous devez vous abstenir. Toute plante bulbeuse, qu'elle vienne de la Daunie, ou des rivages d'Afrique, ou de Mégare, est également nuisible. Abstenez-vous sagement de la roquette stimulante, et de tout ce qui nous porte aux plaisirs de l'amour. Vous emploierez avec avantage la rue qui donne aux yeux de l'éclat et qui éteint en nous le feu des désirs. Vous me demandez ce que je vous prescris à l'égard du vin ? Je vais vous satisfaire plus promptement que vous ne l'espérez. Le vin dispose à l'amour, à moins qu'on ne le boive sans modération, car alors il anéantit les facultés de l'esprit." (Ovide, Les Remèdes à l'amour, 725)

Cette réputation aphrodisiaque de la roquette est à l'évidence fort antérieure à Ovide, puisque que l'on sait qu'après les Égyptiens et avant les Romains, les Etrusques et les Grecs en consommaient. Comme ils allaient déposer des petits bouquets de roquette au pied des statues du dieu Priape, il n'y a pas lieu de penser que c'était pour rendre un culte à la guerre, à l'art  oratoire ou à l'architecture. Ce dieu rustique de la fertilité, protecteur des jardins et des vergers est bien connu par ses représentations de vieillard hideux affublé d'un énorme phallus en érection. J'en déduis donc que la roquette à l'époque, ce n'était pas vraiment pour le cholestérol !

Posée sur les reins, la roquette était connue pour "amouvoir le désir de luxure". Ses semences réduites en poudre, et mélangée à du vin et du miel constituaient un breuvage souverain pour accroître les capacités sexuelles. 

 

Priape - Statue du Vatican

Allons, souriez ! Cette statue de Priape, à première vue bucolique, se trouve au Vatican. Cela doit être dans un couloir fort sombre où Benoît XVI ne passe jamais.

Avec le Moyen-âge et les canons monothéistes d'une Eglise chrétienne triomphante et avide de pouvoir spirituel et temporel, la morale change. Les autorités religieuses prohibent la consommation de roquette dans les monastères, d'abord aux nonettes et aux moines, puis progressivement à tous les sujets de l'Eglise. Il est interdit de cultiver ou de récolter dans la nature cette plante diabolique qui prédispose aux péchés de la chair, à la fornication.

Pour calmer les femmes trop ardentes, ce sont au moins trois coeurs de laitues par jour qu'il fallait leur faire absorber, à l'exclusion du moindre brin de roquette. La laitue est connue depuis longtemps pour des propriétés soporifiques que la roquette n'a manifestement pas. (C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est recommandé d'éviter la laitue dans l'alimentation des étudiants en période de blocus ! Ici, je suis tout à fait sérieux !)

Illustration ? Rappelez vous cette vieille chanson populaire française "La petite Nantaise " qui était malade du mal d'amour et que, pour la guérir, il fallait lui faire de la salade trois fois par jour !  

Au 12ème siècle, Sainte Hildegarde de Bingen, célèbre abbesse bénédictine du monastère de Sankt-Rupertsberg (Rhénanie-Palatinat), a écrit – outre des oeuvres mystiques que je vous avoue ne pas du tout connaître et encore moins avoir envie de lire – un ouvrage intitulé Le Jardin de santé. Il s'agit d'un traité sur les vertus des plantes sur notre organisme, fort savant pour l'époque, très consulté aujourd'hui encore comme référence en matière de phytothérapie. Evoquant la roquette, la brave Hildegarde  la décrit comme "excitante aux jeux de l'amour" et l'interdisait bien entendu à ses nonettes.

Sainte Hildegarde

Pionnière de la phytothérapie, guérisseuse bienveillante, l'abbesse Hildegarde de Bingen a illustré au 12ème siècle un vision si moderne de la santé de l'être humain que c’est seulement à notre époque, avec les moyens scientifiques les plus sophistiqués, les recherches les plus coûteuses et les plus ardues des grands savants, que nous commençons à peine à entrevoir rationnellement les véritables mécanismes de la Nature dans la résistance aux maladies.

 

A la fin du 15ème siècle, avec la Renaissance italienne et le retour en grâce de la mythologie gréco-romaine, l'Eglise marque un certain relachement dans la rigueur de sa morale. C'est le cardinal Platina (1421-1481) lui-même, grand érudit, historiographe des Gonzague, bibliothécaire du Vatican et personnage considérable de la Curie sous le pontificat de Sixte IV qui recommande d'adjoindre la roquette aux salades "pour que la ferveur se mêle à la froideur".

Mais c'est au 16ème Siècle, alors que le mouvement de Réforme ébranle la papauté et qu'une partie de la population au moins s'insurge contre les tabous et les dérives des autorités ecclésiastiques, que la roquette est à nouveau tolérée dans l'alimentation . C'est d'ailleurs vers 1535 que le mot "roquette" proprement dit fait son apparition dans la langue française, probablement issu de l'italien ancien "ruchetta" ou du niçois "riquette", régions où elle pousse spontanément et en abondance, et ou la menace d'un péché capital n'avait évidemment jamais totalement éradiqué sa consommation.

Alors, aphrodisiaque ou pas la roquette ?

Comparée à la laitue, qui contient de la lactucine, une substance aux pouvoirs apaisants, lénifiants, sédatifs voire hypnotiques, la roquette pourrait paraître aphrodisiaque par défaut. Il est certain qu'elle est bourrée de propriétés revigorantes et stimulantes qui donne de l'entrain aux personnes qui en mangent. Mais pour la science moderne, elle n'est pas aphrodisiaque à proprement parler, sauf si vous la consommez inconsidérément avec de petits pignons pilés, qui eux le sont réellement.

Un rien coquin mais fort humoristiquement vôtre,

José

 

Roquette (Eruca sativa) (nature.diary.co.uk)

Cette photo montre la fleur de la roquette cultivée (Eruca sativa), caractérisée par sa couleur blanche veinée de violet.

Le goût de cette espèce horticole est moins âpre et moins puissant que celui de la roquette spontanée des pays méditerranéens (Diplotaxis erucoides), caractérisée, elle, par des fleurs jaunes.

Dans la partie pseudo-historique de ce billet sur la roquette, je ne fais référence qu'aux variétés sauvages de roquette (Diplotaxe à feuilles ténues, Herbe puante, Roquette jaune …)

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Blogueuses et blogueurs en fête ! Au diable la virtualité …

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Depuis quelques semaines, les blogonautes les plus sagaces avaient bien perçu des signes de collusion au sein d'un groupe de blogueuses et blogueurs très appréciés et fort appréciables. Mais un certain mystère planait encore.

Depuis huit jours, cette réunion du 6 juillet n'était presque plus qu' un secret de polichinelle dans la blogosphère. D'autant qu'il s'agissait d'une récidive de la célèbre rencontre organisée (que dis-je, "fomentée!") par Fabienne au Val-Saint-Lambert du 10 mai dernier !

Ainsi donc Fabienne, MickyPhilou et Anne avaient décidé dans l'enthousiasme de se retrouver pour une seconde rencontre amicale et culinaire déjantée, entraînant avec eux leurs fidèles cobbayes (José I, Mathieu, Mickey et José II), fort complaisants.

Manquaient à l'appel après s'en être excusés très pathétiquement et avoir exprimé toute la frustation qu'allait leur imposer leur transhumance vacancière, Sandrine, grande prêtresse de Dionysos et Laurent, oenologue distingué; Mark , le cuisinier passionné autodidacte et éclectique qu'on ne présente plus, et son épouse Sabine. Les absents ont eu tort; ils le savaient. Mais ils ont d'ores et déja juré que l'on se retrouverait bientôt - tous sans exception  – pour une nouvelle guindaille.

Voici les blogs dont les animateurs prennent un bonheur évident à se retrouver. Ce petit cercle est bien né de la virtualité. Il y a deux mois encore, aucun des membres ne se connaissaient autrement que par le truchement d'internet. Aujourd'hui, c'est une fameuse bande d'amis :

Fabienne

http://savoureusesaveur.canalblog.com/

Micheline 

http://mickymath.over-blog.com

 

Philou

http://un-cuisinier-chez-vous.skynetblogs.be

Sandrine

http://vinsetgourmandises.skynetblogs.be

Mark

http://passion-cuisine.skynetblogs.be

Anne & José

http://lesjardinsdepomoneskynetblogs.be

Si la curiosité vous démange d'en savoir plus sur cette journée placée sous le signe de l'amitié complice et de la cuisine-passion, je vous renvoie au magnifique blog de Fabienne, où vous trouverez tous les détails, les photos, et même des recettes au sujet de cette réunion.


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Le chef Sang Hoon Degeimbre, l'étoile montante de la gastronomie internationale, patron du restaurant "L'Air du Temps" à Noville-sur-Méhaigne, n'a pas hésité de se joindre à vos blogueuses préférées.

Logo - Restaurant L'air du temps

Cliquez sur le lien : http://www.airdutemps.be/

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Légume oublié : le POURPIER

Pourpier doré 2007 05 27 083 Pourpier doré

 

Pourpier doré à larges feuilles 

Lavande est l'âme d'un des blogs de cuisine qu'Anne et moi ne fréquentons avec plaisir à la publication de chaque billet (Ligne et papilleshttp://lignepapilles.canalblog.com/). Cette blogueuse justement distinguée privilégie une cuisine familiale goûteuse à souhait, en mettant l'accent sur les produits sains et frais. Ce qui me plaît chez Lavande, c'est que sa créativité culinaire ne se laisse pas enfermer dans un dogmatisme étouffant du choix des ingrédients, fruits et légumes principalement. "Bio", oui de préférence, mais pas nécessairement ! Chez elle, le label ne remplace pas le produit dans le choix de la qualité. Le panier de Lavande se remplit au rythme du marché, des récoltes, de l'instinct, de l'inspiration du moment et … du plaisir de partager. Une démarche pleine d'authencité et de bons sens que beaucoup de blogonautes apprécient !

Dans le commentaire qu'elle nous laissait aujourd'hui sur le billet que j'avais consacré la veille à un légume déjanté - l'épilobe -, Lavande, qui vit dans le Sud de la France (dans l'Hérault, je crois.), nous fait part qu'elle pensait n'avoir jamais croisé cette plante sauvage comestible (ce qui est tout à fait conforme à la distribution géographique, en France, de l'espèce décrite). Mais elle ajoutait qu'elle avait découvert le même jour une "mauvaise herbe" qu'elle avait adoré : le POURPIER. Je comprends le bonheur de sa découverte !

Le pourpier potager est un légume qui tenait autrefois une place importante dans notre alimentation. Les archives de documents commerciaux des Halles de Paris attestent d'une consommation importante jusque vers 1840, c'est-à-dire dans les dernières années de la monarchie bourgeoise de Louis-Philippe. Après, plus de pourpier en quantité significative pour les Parisiens et la banlieue ! Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée précise, et j'ai donc tendance à ramener cette désuétude particulière aux mécanismes généraux de la distribution vivrière, lesquels ont précipité progressivement entre 75 et 92% (selon les sources plausibles) des variétés de fruits et légumes dans les oubliettes.

Curieusement, ce sont les diététiciens qui, à partir des années 1970, ont permis le retour en grâce du pourpier, excellent minéralisant pour notre organisme. 

Antiscorbutique, apéritif, astringentdépuratif, diurétique, émollient, nutritif (20 kcal/100 gr), sédatif, vermifuge … et j'en passe beaucoup, le pourpier a plein de vertus pour notre santé. Il est notamment riche en vitamines A, B et C, contient du calcium, du fer, de l'iode et du phosphore.

Mais sa nouvelle bonne réputation lui vient surtout d'une mode actuelle, qui ne jure que par les omega 3. L'usage largement exagéré que le marketing fait aujourd'hui des omega 3 (et depuis, 6 et 9 en surenchère) pour promotionner divers produits alimentaires, m'énerve assez, je vous l'avoue ! Qu'on le sache, ce n'est pas une panacée !. (Certains consommateurs d'aliments contenant des omega 3 commerciaux s'exposent à une augmentation préjudiciable de leur taux de mauvais chlolestérol (LDL) et à d'autres désagréments! Ces acides gras peuvent aussi être dangereux pour les hémophiles. Le saviez vous ?). 

Mais il ne faut pas jeter l'enfant avec l'eau du bain ! Les omega 3 sont une trilogie d'acides gras polyinsaturés qui a un rôle à jouer dans notre santé, notamment dans le bon fonctionnement de la mémoire et la prévention des maladies cardiovasculaires. Dès lors, autant consommer les omega 3 contenus dans les légumes verts plutôt que ceux provenant de sous-sous-produits industriels obtenus à partir de déchets de poisson mal identifiables. Vous ne trouvez pas ?

Le pourpier potager (Portulaca oleracea Linné) est une petite plante grasse annuelle (20 à 30 cm de hauteur), aux tiges épaisses et charnues, semi-rampantes, portant des feuilles à pétioles courts. Il appartient à la famille des portulacées.

A cette famille botanique appartient également la Claytone de Cuba (Claytonia cubensis Bonpland), dite "Pourpier d'hiver", un autre légume oublié avec lequel il ne faut pas le confondre.

Pourpier (Portulaca oleracea) (floradecanaries.com)
 

Les 2 cultivars de pourpier potager les plus répandus sont le "Doré à larges feuilles" et le "Vert". (Ma préférence gustative va à la variété dorée, qui est celle illustrée sur la photo ci-dessus et qui pousse dans notre petit potager n° 2, celui de la "petite chapelle").

Les feuilles et les tiges crues, tendres et croquantes, se mangent en salade, soit seules, soit en mélange. Avec leur goût douceâtre, subtilement épicé et agréablement acidulé, elles conviennent également comme condiment ou en garniture dans une salade de tomates ou de concombre. Pensez-y pendant la période estivale!

Le pourpier peut être aussi consommé cuit, préparé comme des épinards (au beurre, à la crème, au jus …), dans les potages ou les sauces. Sauf simplement poché dans une potage aux tomates fraîches – comme en préparait ma Maman il y a une 5Oaine d'années -, je ne l'apprécie pas spécialement sous cette forme, estimant que d'une part, cela n'apporte rien sur le plan gustatif, et que d'autre part, l'essentiel des propriétés bénéfiques du légume sont détruites ou diminuées par la cuisson.  

Par contre, je vous suggère de faire confire les feuilles charnues dans le vinaigre pour les déguster condimentairement à la manière des câpres. Un délice simple et sain … 

Bien chlorophyllement et amicalement dévoué,

José

 

Cuisiner le pourpier vous tente ?

Lisez aussi sur ce blog le billet de Anne:

Vinaigre et autres recettes au pourpier

 

Pourpier (Portulaca oleracea) 02 (floradecanaries.com)

Les fleurs du pourpier, de couleur jaune,

 sont petites, discrètes mais élégantes.

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Cuisine des fleurs : l’ÉPILOBE, osez-le!

20080629 090

 

C'était dans la région de Nassogne, dimanche dernier. Plutôt que de pincer, tailler, attacher à longueur de journées nos tomates anciennes comme nous le faisons tous les jours depuis la mi-mai, Anne et moi avions décidé de participer à un week-end familial dans ce joli coin des Ardennes. Samedi, grande fête autour d'un barbecue d'anthologie! Dimanche, quartier libre! J'en ai bien sûr profité pour parcourir les bois et les prairies, à la recherche de plantes sauvages comestibles.  

Rares sont ceux qui, à l'occasion de balades à la campagne, n'auront jamais remarqué les beaux épis floraux de l'épilobe, une plante herbacée vivace de la famille des onagracées,  à la lisière d'un bois ou sur les bords d'un chemin. Elle est aussi assez commune en montagne (jusqu'à 1400 m d'altitude), mais très rare, voire absente dans la région méditerranéenne et dans le Sud-ouest de la France.

Savez que les fleurs sont comestibles et offrent en cette saison d'été, une touche décorative extraordinairement plaisante et originale à vos salades et à certain plats ?


Epilobe en épi (Epilobium angustifolium) (web.unbc.ca)

 

Le célèbre ethnobotaniste François Couplan et le cuisinier non aligné et novateur Marc Veyrat, son complice, n'hésitent pas à intégrer l'épilobe dans la longue liste des plantes sauvages susceptibles de réintroduire la biodiversité dans notre alimentation. Leurs recommandations diététiques et culinaires se rapportent à l'espèce Epilobium angustifolium Linné, mieux connue sous les noms français de : chamerion, épilobe en épi, épilobe à feuilles étroites, laurier-de-Saint-Antoine, osier feuri, ou encore … thé russe. (Ce nom de "thé russe" évoque les infusions traditionnelles que les Slaves préparent avec les feuilles de cette plante).

Les fleurs de l'épilobe, très mellifères, fleurissent en juillet-août dans les coupes et sur les lisières forestières, dans les landes, les prairies humides (lorsqu'elles ne sont pas fauchées systématiquement!) et sur les talus ensoleillés. La hampe florale peut mesurer de 60 à 180 cm de hauteur et domine souvent les autres herbacées parmi lesquelles elle pousse.

Selon les deux compères en biodiversité précités, ce ne sont pas seulement les belles petites fleurs purpurines ou rosées détachées des épis qui peuvent être consommées, mais également les jeunes pousses printanières, cuites comme un légume, ou encore la moëlle des tiges.

En Suède, depuis longtemps, on consomme les bourgeons et les jeunes pousses d'épilobe préparés à la manière des asperges. (Récolter des cimes non écloses d'environ 20 cm et faites les cuire à la vapeur!)  

L'intérêt alimentaire de l'épilobe, outre son goût agréable et décalé, réside notamment dans les propriétés astrigentes et émollientes qu'il possède. Il est riche en vitamines A et C et contient significativement un des 4 macro-éléments dont notre organisme a un besoin journalier quantitatif important : le magnésium. (C'est par excellence, l'anti-stress dont nous ne pouvons pas nous passer dans la vie trépidante qui est le sort de la plupart d'entre nous!) Si les aliments contenant du magnésium ne manquent pas, ils sont aussi généralement fort riches en calories. (Oui, oui,  c'est aussi au chocolat que je pense!). C'est pourquoi l'épilobe, négligeable en valeur calorique, peut offrir une alternative intéressante à ceux qui se soumettent à un régime hypocalorique strict.

Les botanistes ont identifié et décrit une 60aine d'espèces d'épilobes de par le monde. Parmi celles qui poussent dans nos régions, outre l'épiloble en épi, les curieux pourront également observer :

l'épilobe hérissé (ou épilobe à grandes fleurs) (Epilobium hirsutun Linné),

l'épilobe à petites fleurs (Epilobium parviflorum Schreb.), à la saveur plus piquante et une peu âcre, dont Maria Treben a vanté les vertus de l'infusion pour combattre les affections de la vessie et l'hypertrophie de la prostate.Cette espèce doit être considérée davantage comme plante médicinale que comme légume, et être utilisée avec plus de parcimonie dans vos salades.

l'épilobe à feuilles lancéolées (Epilobium lanceolatum Seb. et Mauri),

l'épilobe des montagnes (Epilobium montanum Linné),

l'épilobe des collines (Epilobium collinum C.C. Gmel),

l'épilobe rosé (Epilobium roseum Schreb.),

l'épilobe cilié (Epilobium ciliatum Rafin.)

l'épilobe des marais (Epilobium palustre Linné),

l'épilobe vert foncé (Epilobium obscurum Schreb.),

l'épilobe à tige carrée (Epilobium tetragonum Linné), et

l'épilobe à feuilles de romarin (Epilobium rosmarinifolium Haenke).

Eh oui, quelle richesse dans la biodiversité! Cette énumération d'espèces n'a rien d'exhaustif. Pratiquement, retenez que toutes ces espèces d'épilobes sont comestibles.

Attention! Parmi un groupe de jeunes partis en balade avec moi pour identifier et cueillir des plantes sauvages, il s'en est trouvé un qui a ramené des tiges fleuries de digitale pourpre, plante d'une toxicité redoutable. Un tel degré de confusion entre deux plantes, qui doit être excusé chez un jeune citadin, est évidemment exceptionnel. Mais j'en profite pour vous rappeler qu'il faut toujours être prudent et bien renseigné au sujet de la comestibilité d'une plante sauvage. Si vous en doutez tant soit peu, référez-en à une personne avertie et compétente. Aucune question n'est stupide en soi; la vraie stupidité, ce serait de ne pas la poser!

Bien chlorophyllement vôtre,

 

José

 

20080629 089

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