Archive pour juin 2008

Plantes aromatiques: l’ESTRAGON

Estragon (Artemisia dracunculus) (ecoflora.com)

Crédit photographique : ECOFLORA, pépinière de plantes sauvages et aromatiques – Halle (Belgique) 

 

Abondant et généreux en juin, juillet et août, l'estragon est sans doute une des plantes aromatiques fraîches consommées avec le plus de bonheur pendant la période des vacances. "Herbes fines ne sauraient laisser languir estragon d'été".

L'estragon est indispensable pour aromatiser les grandes sauces classiques, telles que la béarnaise, la gribiche, la ravigote, la tartare ou la Vincent. Cru ou cuit, il fait merveille dans les salades, les plats au four ou les beurres composés. Les oeufs en demandent pour donner le meilleur d'eux-mêmes. 

Mais comme un estragon peut en cacher un autre, et que je sais que la plupart d'entre vous sont d'impénitents gourmets qui ne veulent par lacher la proie pour l'ombre dans le choix des ingrédients, j'ai voulu vous mettre en garde contre une pratique du commerce, puis vous donner deux trucs pour dénicher le bon estragon.

De quoi s'agit-il ? Lorsque vous achetez de l'estragon, on vous refile souvent à votre insu de l'estragon russe (Artemisia dracunculus inodora ou Artemisia dracunculus dracunculoides) en lieu et place de l' estragon dit "français" (Artemisia dracunculus sativa Linné, 1753 ou Oligosporus condimentatius).

Ce disant, il n'entre pas dans mon propos de vous faire croire que l'estragon russe est dégueulasse; ce serait bien exagéré. Mais par comparaison de goût, il n'est qu'un médiocre ersatz de ce qu'est, en cuisine, l' estragon français. Et je ne vois pas pourquoi on devrait se priver du plaisir du meilleur goût lorsqu'on peut le reconnaître et le choisir.

Alors, pourquoi certains ont-ils pensé à commercialiser une variété d'estragon banale en lieu et place d'une herbe sublime ? Les raisons en sont simples. Considérant que les consommateurs à la recherche d'un ingrédient ont généralement comme premiers critères de choix un "nom de référence" et un "attrait visuel" immédiatement associé , il n'est pas absolument nécessaire de leur proposer ce qui a le goût le plus fin, mais bien ce qui se cultive, se récolte et se conserve le plus facilement, de manière à générer le plus gros profit. Si l'estragon russe était placé aux côtés de l' estragon français à l'étal du légumier, les gens pourraient comparer. Mais cela gênerait une certaine conception des affaires; et dans cette optique, il vaut mieux empêcher le consommateur d'avoir des références comparatives. Au diable, la biodiversité !

Le meilleur estragon, l'estragon français, est une plante vivace (pérenne) qui aime le soleil et  les sols humifères bien drainés. Originaire d'Asie, son cycle végétatif reste mal adapté à notre climat, avec comme conséquence qu'il supporte mal l'hiver et que même, s'il arrive à fleurir chez nous, il ne produira pas de semences, sinon tout au plus quelques graines stériles. Pas question donc de le perpétuer par semis.

Eh, oui ! Vous avez compris! L'estragon russe, lui, produit facilement des graines, qui elles, ne sont pas stériles, résiste parfaitement à l'hiver et développe un feuillage beaucoup plus haut et plus abondant. Voilà pourquoi … 

Pour bénéficier de la saveur puissante et anisée incomparable de l'estragon français que vous ferez pousser dans votre jardin ou sur votre terrasse, vous devrez acheter la plante en godet. En effet, l'estragon français ne peut être multiplié que par division des touffes (avril-mai), bouturage (août), ou marcottage (section et transplantation des marcottes en septembre).

Si on vous propose des "graines d'estragon", ce sera donc nécessairement de l'estragon russe. Elles donneront de "belles" plantes, bien plus que de "bonnes" aromatiques. Les brins d'estragon coupés sur cette plante buissonnante ont un feuillage nettement plus foncé et beaucoup moins savoureux.

Choisissez et acheter en connaissance de cause.

L'estragon français a un feuillage vert clair, plus lumineux, plus tendre et au combien plus parfumé.

Votre bien aromatiquement dévoué,

José

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Le légume mystérieux d’Apolina: la SALSOLE SODA

Salsole soda

Vers le mi-avril, notre amie Apolina, que beaucoup d'entre vous connaissent bien, nous envoyait un message accompagné d'une photo d'un légume dont elle avait fait l'acquisition au marché de Louvain. "José, c'est quoi ? "

Who - Fos Apolina

Apolina ne se départit jamais de son légendaire sourire, pas même lorsque José la harcèle de questions. Cette femme extraordinairement attachante vous propose depuis peu un blog personnel que les amateurs de cuisine indienne prendront plaisir à consulter :

BOMBAY-BRUXELLES

Une cuisine sans frontières avec des influences éclectiques

Cliquez sur le lien

http://bombay-bruxelles.blogspot.com/

Je regarde la photo, je la tourne dans tous les sens. Ah, oui ! Qu'est-ce que ça pourrait bien être ce légume ? Quelle colle ! Piqué au vif, je rappelle Apolina et la bombarde de questions avec le zèle tourmentant d'un juge de l'Inquisition. La pauvre! Heureusement elle me connaît bien. Nouveaux échanges de photos et d'observations, discussions passionnées …

Finalement, après plusieurs jours de suspense, le mystère est résolu ! J'avais rassemblé assez d'indices pour identifier avec certitude la SALSOLE SOUDE ou SOUDE COMMUNE, une plante annuelle dont je savais vaguement qu'on la brûlait jadis pour produire avec ses cendres la soude nécessaire aux fameux artistes verriers de l'île vénitienne de Murano (d'où son nom vernaculaire d'"Herbe à verre") et aux savonneries ("Herbe à soude"). Mais j'ignorais totalement que cette plante pouvait également être consommée comme légume.

Dans la langue courante, la Salsole soude (Salsola soda Linné) est souvent appelée Soude commune, ou encore, selon les régions littorales où elle pousse spontanément: boncar, chardon russe, herbe à verre, Marie-vulgaire, salicotte  … en français; agretti roscana, barba di fratti, barilla, liscari … en italien.

C'est une plante halophyte (= propre aux sols salés) appartenant à la famille des chénopodiacées, pouvant atteindre 70 cm de hauteur et qui fera penser, pour certains, à la salicorne, avec laquelle il ne faut cependant pas la confondre. De même, je pointe qu'il s'agit d'un plante distincte de la soude brûlée (salsola kali), de la soude maritime (suaeda maritima) et de la soude japonaise komarovi, autres variétés halophytes comestibles autour desquelles semble régner une énorme confusion dans le public.

Ce sont les feuilles pointues et charnues, linéaires, semi-cylindriques que l'on consomme, crues ou cuites. Consommées localement depuis fort longtemps, notamment dans la région de Venise (Mer adriatique), mais aussi dans les zones littorales des bords la Méditérannée (comme en Camargue), de la Mer noire (Crimée principalement), de l'Atlantique (Morbihan, Portugal par exemple), de la Méditerranée (îles Kerkennah, Tunisie) ce légume ancien revient en faveur et différentes coopératives agricoles italiennes le produisent à nouveau pour rendre un peu de biodiversité à notre alimentation.

Salsola soda (www3.ic-net.or.jp)
 

La difficulté d'identification de la plante tient à ce que la photo d'Apolina montre une botte de jeunes pousses de salsola soda, dont la forme immature ne laisse pas facilement deviner l'aspect végétatif à maturité.

Salsola soda (funghiitaliani.it)

L'intérêt culinaire de ce légume insolite tient à sa richesse importante en sodium, mais aussi en de nombreux autres sels minéraux (aluminium, calcium, manganèse, phosphore, potassium, soufre).

Dans notre organisme, le sodium est un oligo-élément qui joue un rôle important, notamment dans la transmission des influx dans les tissus musculaires et nerveux, la régulation de la répartition de l'eau dans l'organisme, l'équilibre acido-basique de notre métabolisme, la vasomotricité et influe la pression artérielle. Sous la forme naturelle, il est plutôt rare dans les légumes, sauf dans les bettes, le céleri, les épinards et diverses plantes littorales comestibles, dont la salsole soude. Nos besoins journaliers en sodium se situent en moyenne entre 1 et 5 grammes. Pour notre santé, il vaut évidemment mieux  couvrir ce besoin en consommant les légumes adéquats qu'en absorbant force chlorure de sodium (sel de cuisine) dont l'industrie alimentaire et l'usage domestique ont pris depuis longtemps la fâcheuse habitude de faire un usage excessif. (Je rappelle le lien de causalité qui existe indubitablement entre l'hypertension artérielle et la consommation de chlorure de sodium.)

Les jeunes pousses de salsole soude - comme celles de la botte qu'illustre la photo d'Apolina en tête de ce billet -, sont particulièrement appréciables lorsqu'elles sont servies crues, ciselées et ajoutées à vos les salades printanières. Mais la consommation doit rester modérée et occasionnelle à cause de la forte concentration en soude.

Les vertus médicinales reconnues de la salsole soude sont apéritive, diurétique et vermifuge.

Un disciple du cuisinier de renom Michel Bras, Pierre Vaillant, professeur de gastronomie à La Rochelle, en propose une recette toute simple et savoureuse, qui pourrait amorcer votre propre inspiration culinaire s'il vous prenait subitement l'envie de valoriser ce légume littoral ancien, original et bénéfique qu'on retrouve de plus en plus souvent à l'étal des verduriers.

 

Dos de cabillaud aux feuilles fraîches de salsole

Ingrédients

(pour 4 personnes)

4 x 125 gr de dos de cabillaud

200 gr de feuilles de salsole soude fraîche

10 cl de vin blanc

Crème fraîche

Safran

Sel, poivre

 

Préparation

Détachez une à une les feuilles charnues de 8 tiges de salsole soude, et faites les cuire pendant 3-4 minutes dans l'eau bouillante. (Gardez les cimes des tiges, plus petites et plus tendres, pour la décoration de vos assiettes au moment du dressage.)

Egouttez les feuilles cuites et réduisez-les en purée.

Conservez l'eau de cuisson des légumes et faites-y pocher les dos de cabillaud.

Dans un poêlon, chauffez le vin blanc avec le safran. A feu très doux, ajoutez la crème fraîche et laissez réduire jusqu'à obtention d'une crème onctueuse.

Répartissez la purée de salsole soude au centre de vos assiettes, de manière à former un lit vert sur lequel vous déposerez les dos de cabillaud pochés. 

Nappez avec la crème safranée au vin blanc.

Décorez chaque assiette avec 2 cimes crues de salsole soude.

 

Bien chlorophyllement vôtre,

 

José

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Tomates et légumes anciens en fête …

Anne, José et tous leurs amis tomatophiles vous donnent rendez-vous à la prochaine …

affiche_haverskerque_petite

Réservez cette date. Bientôt de plus amples renseignements !

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Gratin de FENOUIL au Grana Padano

20080622 018 Gratin de fenouil

Avec sa saveur anisée et sa texture croquante, le fenouil est particulièremenr agréable et apprécié lorsque le jeune bulbe bien frais est coupé en fines lanières à la mandoline avant d'être incorporé aux salades.

Mais certains préférereront peut-être une texture plus tendre et une saveur plus douce du légume. Dans ce cas, je leur recommande d'opter pour le braisage ou le rôtissage du bulbe, cuit en entier.

Si vous coupez vos pieds de fenouil en deux ou en quatre, ils se caraméliseront à merveille.

Ne jeter pas les fanes de vos fenouils. Vous pourrez les utiliser pour  aromatiser des plats de poisson cru (comme le saumon) ou encore d'autres légumes.

Pour bénéficier de tous les bienfaits du fenouil (particulièrement riche en fibres, sels minéraux et vitamines A, B et C), veillez à le cuisiner le plus rapidement possible.

Un petit truc pour une meilleure conservation : enveloppez vos bulbes dans un torchon humide avant de les placez dans le bac à légumes de votre réfrigérateur.

Le fromage Grana Padano utilisé pour la recette du gratin que je vous propose de réaliser ci-après est un AOC (Appellation d'origine contrôlée) qui a la saveur lactique boucanée un peu rance et la texture granuleuse et dure du célèbre Parmesan. Depuis le XIIème siècle, il est préparé à partir de lait de vache partiellement écrémé (32% de matières grasses). Sa pâte, pressée et cuite, subit un long affinage dans des conditions d'entreposage strictes. Je l'apprécie énormément pour mes gratins, souvent même davantage que le Parmesan.  


 

Ingrédients 
(Pour 4 personnes)
 
4 bulbes de fenouil
125 ml de lait
125 ml de crème
2 pincées de noix de muscade moulue
3 à 4 c à S de farine assaisonnée (sel + poivre)
50 gr de beurre de ferme
50 gr de Grana Padano (parmesan) fraîchement et finement râpé.

Evitez l'achat de petits sachets de fromage râpé sous vide du commerce; ce n'est pas du fromage italien pur. Préférez un bon morceau acheté chez un fromager et râpez-le selon vos besoins, idéalement avec une râpe "Microplane". Vous constaterez non seulement la différence de goût, mais aussi l'économie subtantielle que vous réaliserez.

Préparation

Lavez les fenouils, raccourcissez les tiges à +/- 3 à 5 cm. Récupérez les fanes plumeuses, faites-les égoutter et surgelez-les pour un usage ultérieur. (Par exemple, dans une sauce pour poisson ou en mélange d'herbes pour salades).
Préchauffez votre four à 180°.
Graissez un plat allant au four (pas trop profond) avec 30 gr de beurre.
Portez à ébullition une casserole d'eau. Dès les premiers bouillons, salez avec du gros sel, plongez-y les bulbes entiers. Faites cuire 10 à 12 min (vérifier la cuisson et adaptez le temps) jusqu'à ce qu'ils soient tendres.
Egouttez-les et coupez-les en 4 dans le sens de la longueur (enconservant la base verte des quartiers).
Passez les quartiers de légumes dans la farine. Placez-les, en une seule couche, dans le plat.
Versez le mélange lait/crème par dessus. Saupoudrez la noix de muscade. Répartissez le beurre restant en petites portions. Râpez votre fromage et parsemez-le par-dessus.
 
Placez le plat au four pour +/- 30 min. Le gratin est prêt lorsque le fromage est croustillant, le fenouil tendre à souhait et  que le mélange lait/crème/farine a formé une sauce onctueuse.

 


 
Je trouve que le lait, la crème, le beurre et le fromage se marient très bien avec le goût anisé de ce légume raffiné. On s'est tous lêché les babines !!! Ah, j'oubliais ! J'ai servi ce gratin de fenouil avec des pommes de terre nouvelles servies nature et des saucisses italiennes à cuire.

Bon appétit,

Anne

 

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Compotée de RHUBARBE au GINGEMBRE, croûtée façon crumble

200805140 208 Rhubarbe
 
 
 
Saison des plantations oblige; je vous avoue ne pas avoir beaucoup de temps pour m'attarder devant les fourneaux en ce moment de l'année.

 


Mais je ne vous oublie pas ! Voici la recette d'un dessert vite-fait -  et néanmoins délicieux ! - qui a rencontré un vif succès familial. Le plat s'est vidé en deux temps trois mouvements, et j'ai eu bien du mal à en préserver une petite part pour vous en faire une photo … puis enfin, aller la déguster presque en cachette dans la cuisine.

Ingrédients


500 gr de tiges de rhubarbe
15 gr de beurre
325 gr de cassonade brune
5 cm de gingembre (3 peuvent suffire, j'en mets 5 car nous adorons le gingembre)
125 gr de beurre salé
135 gr de farine tamisée
Préparation
Epluchez la rhubarbe. Gardez quelques filaments pour les faire sècher au four 45 min à basse T° 60. Ils garniront vos portions de dessert.
Coupez en tronçons de 4/5 cm.
Beurrez avec 15 gr de beurre un plat allant au four.
Préparez votre compotée de rhubarbe. Placez les tronçons dans une casserole avec 200 gr de cassonade et le gingembre finement râpé. Faites compoter +/- 10 min (J'ai compoté 15 min., mais  je trouve que 10 min auraient suffit !)
Versez la compote dans la plat à four.
Dans un saladier, émiettez à la main le beurre salé coupé en morceaux avec la farine. Ajoutez la cassonade restante. Mélangez bien le tout.
Recouvrir la compotée de la pâte émiettée.
Enfournez +/- 35 à 45 mim. à T° 180.
Servez froid, ou tiède.
 
Une variante avec une petite touche de "plus" ?! Servez votre crumble tiède accompagné d'une glace au yaourt de brebis. Un accord que j'ai testé l'été dernier. Le goût du yaourt de brebis/citronné/sucre vanillé s'accorde à merveille avec le goût tonifiant de la rhubarbe/gingembre.

Bon appétit et à très bientôt !

Anne 

 

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Légumes de saison, cuisson à la grecque, pâtes de Corinthe

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Vous qui nous lisez régulièrement, vous savez déjà que José et moi cultivons plusieurs centaines de variétés différentes de légumes. J'aimerais vous faire découvrir aujourd'hui une recette réalisée avec les premiers légumes récoltés dans nos potagers.

 

Préalablement, il n'est peut-être pas inutile de rappeler brièvement ce qu'est effectivement cette méthode particulière de cuisson des légumes que l'on qualifie de "à la grecque".

Qu'appelle-t-on cuisson à la grecque ? Dans cette cuisson,  les légumes sont légèrement colorés dans de l'huile d'olive, puis mis en attente. Ensuite, dans la même poêle, et toujours dans de l'huile d'olive, on fait griller les épices (graines de coriandre, baies de genévrier, poivre noir en grains, clous de girofle, gousses d'ail, feuilles de laurier), ensuite on déglace avec du vinaigre de vin et du vin blanc, et finalement, on mouille avec du fond blanc de volaille.

 

Ingrédients 

 
4 petits artichauts violets
2 jeunes courgettes
6 carottes nouvelles
5 navets avec fanes
200 gr de mange-tout
2 oignons rouges
1 c à S de graines de coriandre
1 c à S de baies de genévrier
1 c à S de poivre noir en grains
2 clous de girofle
6 éclats d'ail nouveau épluchés
3 feuilles de laurier
1 dl d'huile d'olive (huile crétoise "lien")
1 dl de vinaigre de vin blanc
1 dl de vin blanc sec
3 dl de fond blanc de volaille
10 brins de thym (?)
2 grandes branches de romarin
Sel/poivre

 

Préparation

 
Commencez par laver vos légumes. Il est surperflu d'éplucher les carottes et navets si ces légumes sont jeunes, très frais et bio.
Débitez les courgettes, les carottes et les navets en morceaux de +/- 3 cm; Enlevez les fils des mange-tout s'il y a lieu. Coupez chaque oignons rouge en 8.
Tournez vos artichauts (cf. billet précédent: http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/5974727/com… sur ce blog).
Dans une grande poêle, versez 4 c à S d'huile d'olive. Faites chauffer, puis jettez-y les légumes pour les faire colorer légèrement. Salez et poivrez.
Placez vos légumes en attente.

Dans la même poêle, versez 3 c à S d'huile d'olive. Faites chauffer (pas trop !) puis jettez-y les graines de coriandre, les baies de genévrier, le poivre noir en grains, les clous de girofle, les gousses d'ail et les feuilles de laurier. Diminuez le feu et remuez consciencieusement. Après 3 minutes, déglacez au vinaigre de vin et au vin blanc. Dès l'apparition des premiers bouillons, ajoutez le fond de volaille. Faites à nouveau bouillir pendant 5 min.
Filtrez le jus obtenu.
Chauffez votre four à 200 °.
Dans un plat allant au four, mettez les légumes et versez le jus par dessus. Rectifiez l'assaisonnement.
Installez le plat au milieu du four. Laissez cuire pendant +/- 35 à 40 min en remuant de temps en temps., A mi-cuisson, placez une feuille de papier alu sur le plat pour empêcher le brunissement de la surface.

 
Servez avec des pâtes grccques, une compotée de tomates fraîches et des côtes d'agneau.

Bon appétit,

Anne

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Comment « tourner » les artichauts

 

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Dans la préparation des légumes, je me suis rendu compte qu'un bon nombre de mes amies ne maîtrisaient pas les bons gestes pour  "tourner" l'artichaut, avec comme conséquence qu'elles redoutent ou évitent carrément de travailler le produit frais. Ce serait bien dommage pour le goût et les vitamines d'en rester là.

Voici, commentés et illustrés, quelques gestes "pro" qui vous permettront de débarrasser l'artichaut de ses parties dures et non comestibles avant de l'utiliser dans vos recettes les plus simples. Bien "tourné", vous pourrez utiliser avantageuseusement l'artichaut frais en salade, mariné, cru, cuit en poêlée, "à la barigoule" ou encore le croquer d'une seule bouchée.
 
Avant de débuter l'opération, préparez un saladier contenant de l'eau froide et le jus d'un demi citron. Gardez à disposition l'autre demi citron.

Pour "tourner" vos artichauts, il est préférable d'enfiler une paire de gants en caoutchouc. Cette précaution vous évitera d'avoir les mains noires et difficiles à laver.

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Après avoir lavé l'artichaut sous un fin filet d'eau courante, posez-le bien à plat sur une planche à découper en le maintenant par la queue. Tranchez cette dernière à +/- 5 cm de la base.

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De la main gauche, saisissez la tête. Bien la maintenir et commencez par tirer d'un coup sec une première rangée de feuilles, ensuite une seconde rangée.

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Posez l'artichaut sur la planche, maintenez la queue fermement, à l'aide d'un couteau bien aiguisé couper à moitié le haut de feuilles.

 

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Le prendre à pleine main, partie feuilles contre les doigts, à l'aide d'un couteau à éplucher, peler la queue restante.

 

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Couper les feuilles restantes, faites tourner l'artichaut, de la même manière que si vous tailliez un crayon. Réalisez plusieurs tours du sommet vers la base, afin d'éliminer les feuilles.

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Tenez votre artichaut entre les doigts et éliminez toutes les feuilles ou restants de feuilles encore présentes. Ne conservez que la partie blanche. Réduisez encore la queue de 2 cm.

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Frottez l'artichaut (toute la surface, queue comprise) à l'aide du demi citron. Cette opération évitera que l'artichaut ne noircisse par oxydation.

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Coupez l'artichaut en deux dans la sens de la hauteur.

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A l'aide d'un couteaux pointu, enlevez le foin qui se trouve dans l'artichaut.

 

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Faites-le tremper dans votre saladier contenant l'eau citronnée pendant 10 min. Cuisinez-le sans attendre !

 

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Bonne cuisine-santé et excellente semaine à toutes et à tous.

 

Anne

 

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Le bal des hypocrites: la valse des « empoisonneurs »

Logo - vache anti-ogm
 

Le bal des hypocrites: la valse des "empoisonneurs"

Tandis que dans l'Hexagone, le groupe agrochimique Monsanto  verse des larmes de crocodile parce que le Tribunal correctionnel de Chartres vient de relaxer les 58 faucheurs volontaires d'OGM qui avaient rasé une parcelle de maïs transgénique le 18 août 2007 à Poinville (Eure-et-Loir) et a annoncé vendredi dernier qu'elle se pourvoira en appel du jugement, ma petite Belgique connaît elle aussi un épisode OGM ou Bayer Crop Science, autre monstre de l'agrochimie, se distingue sinistrement. La classe politique locale wallone semble toute disposée, sinon à étouffer l'affaire, à la ravaler au rang d'un simple fait divers et à négocier directement avec la firme responsable de juteuses indemnisations. ("Auri sacra fames!")

Monsanto, la firme US qui vassalise les chefs d'Etats pour mieux profiter des vertus de l'anarcho-libéralisme, décadenasser les quelques garanties que nous offre le Droit international et étouffer une expression démocratique gênante pour le top business mondialisé, a annoncé vendredi dernier  son "indignation" et son "incompréhension" quant à la décision de la Justice française.

Bayer, quant à elle, a exprimé sa "confusion" pour l' "erreur humaine" qui s'est produite en son sein sur une variété de colza OGM et que je vous rapporte ci-dessous. (Saperlipopette, il y a encore une fois un lampiste qui s'est trompé de sacs de colza ! C'est quoi, son prénom !!!)

Indignation, incompréhension, confusion, erreur humaine … Mais ils se moquent de nous … et à quel point ! 

S'il y a lieu d'être indigné, c'est nous, démocrates et consommateurs, qui avons les meilleures raisons de l'être. Toute cette hypocrisie dans laquelle on voudrait nous emballer, n'a d'autre but que de nous imposer les OGM par la force du fait accompli. Il ne faut pas être grand prophète pour affirmer que les erreurs humaines invoquées (elles se répètent, et ce n'est pas par hasard!) sont cyniquement délibérées dans les staffs agrochimiques et font partie de leur stratégie crapuleuse et irresponsable pour anéantir  pratiquement l'existence d'une agriculture biologique à ses côtés.

Je dois rendre un hommage particulier à la politique courageuse du commissaire européen Stavros Dimas, mais je crois, qu'en bien des régions chez nous, il est hélas! déjà trop tard pour envisager encore réalistement la coexistence de deux filières de productions agricoles. C'est dorénavant à la tête même qu'il faut combattre Monsanto, Syngenta, Bayer et toute la clique satellitaire! Ces multinationales ne supportent pas les entraves juridiques. Les  OGM , surtout en France, focalisent l'attention des citoyens depuis le Grenelle de l'Environnement. Le cadre juridique européen sur les  OGM  est désuet, laisse transparaître des compromis politico-diplomatiques de bas-étage, mais il a le mérite d'exister et nous pouvons contribuer à le renforcer dans un sens favorable aux consommateurs que nous sommes tous. Mobilisons-nous!

Hélas! La discussion sur les  OGM  n'est déjà peut-être plus qu'une diversion. Pendant que l'on palabre sur les  OGM , une nouvelle génération de produits alimentaires pénètre subrepticement le marché européen: les nano-aliments. Et pour ces derniers, il n'y a aucun cadre juridique ! Donc, le consommateur n'a droit à aucune mention ou information du producteur (s'il n'y est pas obligé par la loi, pourquoi le ferait-il!), et devra manger ce que des maîtres malfaisants et cupides de l'agroalimentaire lui tendent au prix qu'ils voudront  bien lui faire.

Derrière ces nano-aliments, Monsanto, Syngenta, Bayer … sont déjà en bonne place et entendent engranger rapidement les bénéfices colossaux des investissements qu'ils ont consenti dans les nanotechnologies.

Pour forger votre opinion personnelle, je reproduis ci-après une dépêche de l'AFP évoquant le dernier épisode Bayer en Belgique:

  

Le gouvernement belge s'est ému de la découverte de quinze parcelles de colza contaminées par des OGM interdits en Europe. Les champs appartiennent à Bayer Crop qui parle d'une "erreur humaine".

Mardi 03 juin 2008

Quinze parcelles de colza de la société Bayer Crop Science ont été contaminées en Belgique par des OGM (organismes génétiquement modifiés) non autorisés en Europe, a annoncé mardi le ministère belge de la Santé publique.

"Cette contamination est inadmissible", s'est insurgé mardi soir le ministre wallon de l'Agriculture et de l'environnement Benoît Lutgen dans un communiqué.

"Il s'agit d'une nouvelle preuve du caractère incontrôlable des cultures d'OGM et de leur mise sur le marché", a ajouté M. Lutgen.

Le ministre wallon –l'agriculture est régionalisée en Belgique– a annoncé son intention "d'utiliser toutes les voies possibles pour exiger de réelles mesures réparatrices de la part de Bayer et de faire appliquer strictement le principe +pollueur-payeur+".

La société Bayer, spécialisée notamment dans l'amélioration des cultures, a elle-même informé les autorités belges de cette contamination, qui s'est produite lors de la réalisation le 6 mai d'un semis de colza conventionnel, selon un communiqué du ministère.

"Le lot de semences conventionnelles a été contaminé par 5% de colza OGM", précise le texte. Une enquête provisoire faite par la multinationale indique que cette contamination a pour origine une "erreur humaine".

Les champs où Bayer Crop Science fait les essais en question sont situés sur quatre sites en Wallonie (sud de la Belgique) et en Flandre (nord). Quinze "mini-parcelles" ont été ensemencées avec le lot contaminé.

La société a pris "diverses mesures pour empêcher la dissémination des OGM non autorisés", telles que l'arrachage et la destruction des jeunes plants.

Selon le communiqué, les plantes étaient toujours au stade végétatif au moment de leur destruction et n'avaient donc pas encore eu le temps de fleurir ni de produire de graines. Pour éviter les repousses de colza, éventuellement génétiquement modifiées, les parcelles resteront sous contrôles pendant plusieurs années.

Le ministère va informer la Commission européenne et les autres Etats membres de la situation et des mesures prises.

Bien chlorophyllement vôtre,

José

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Le COQUERET DU PÉROU : un physalis généreux pour vos desserts Physalis peruviana

Physalis peruviana (samoevkusnoe.ru)

 

(Synonyme : Alkékenge, Amour-en-cageGroseille du Cap, Cerise de terre )

(Fam. Solanacées)

 

 

 

 Lat.          Physalis peruviana  Linné                    Vivace

NL            Ananaskers                                           Vaste plant

GB            Cape Gooseberry, Ground Cherry      Perrenial

D              Capische Stachelberre                          langlebige Pflanze

 

 

 

 

 

Originaire des Andes, cette plante  herbacée vivace des pays tropicaux peut être cultivée chez nous comme annuelle. Elle appartient à la même famille botanique que les tomates, les piments et les aubergines: les solanacées. Extrêmement productive, elle donne des centaines de petits fruits jaune orangé (baies), chacun d’eux enfermé dans une sorte de petit lampion végétal translucide, qui se développent à l’aisselle des feuilles.

 

Ce sont les conquistadors qui ont ramené le physalis en Europe dans leurs galions chargés surtout de l’or extorqué aux Incas. Attention ! Seul le fruit mûr est comestible. Les fruits verts, les feuilles, les fleurs, les tiges et les racines sont généralement toxiques en raison de la présence d’un alcaloïde, la solanine.

 

Les baies ont une saveur très agréable, légèrement acidulée et fort rafraîchissante dont les enfant raffolent. Crues ou cuites, elles permettent la préparation de délicieux desserts,  de confitures ou de sauces. La teneur de ce fruit en vitamine C est exceptionnelle.

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Plantes aromatiques: HYSOPE et AGASTACHE

20080904 133 Agastache anisé

Agastache anisé

(Photo : Les Jardins de Pomone)

Hysope et Agastache

 

 

Dans le langage populaire, on désigne souvent l' agastache-fenouil ou agastache anisé  sous le nom d' "hysope anisé". Il en résulte une certaine confusion entre les deux plantes, beaucoup de cordons bleus étant persuadées qu'elles utilisent de l'hysope, alors que la plante aromatique qu'elles ont entre les mains est de l'agastache.

Agastache-fenouil (ecoflora.be)

 

Agastache-fenouil (ou Agastache anisé)

(Crédit photographique: ECOFLORA)


L'hysope et l'agastache appartiennent à la même famille botanique, celles des lamiacées (autrefois appelée famille des labiées). Mais, si ce n'est par le jeu du vocabulaire, il n'est pas possible de les confondre longtemps. Leur feuillage et leur goût sont finalement très différents.

Les feuilles de l'agastache sont beaucoup plus grandes que celles de l'hysope. Elles sont arrondies du côté du pédoncule et  pointues à l'extrémité. Leur face inférieure est duveteuse. Leur goût, doux, rappelle nettement celui de la réglisse.


Agastache foeniculum (bp2.blogger.com)

Feuilles d'agastache

Fraîches ou séchées, les feuilles de l'agastache confèrent un parfum agréable à vos salades, vos crudités, à des gâteaux, des brioches et des pains, autant de préparations courantes que cette aromatique fait aussitôt sortir joyeusement de la médiocrité.

Les feuilles de l'hysope sont petites, linéaires (ou légèrement lancéolées) et presque glabres. Leur goût a les saveurs fortes des plantes de la garrigue. Il rappelle celui de certaines menthes, avec plus d'amertune et des arrières-saveurs camphrées.

2007 05 20 087

Feuillage vert foncé de l'hysope officinale à fleurs bleues (Les grandes feuilles panachées à droite sont celles d'une sauge officinale dorée) 

L'hysope à un goût puissant. Il faut n'en utiliser que les feuilles jeunes et tendres de l'extrémités des tiges, et en quantité modérée. Elles assaisonnent les viandes et les légumes secs (comme la sarriette, souvent associée aux haricots, aux lentilles et aux pois chiches, pour en faciliter la digestion). J'adore le goût sauvage des feuilles de l'hysope, mais ce que j'apprécie par dessus tout dans cette plante, ce sont ses épis de fleurs, par exemple dans l'assaisonnement d'une salade de tomates.

Comme l'agastache, les fleurs de l'hysope sont groupées en épis dont la couleur peut varier du bleu roi au violet, selon la variété. Anne et moi possédons également une variété d'hysope officinale plus rare à fleurs roses. (Les manuels mentionnent une variété à fleurs blanches dont nous n'avons, hélas, jamais pu trouver ni des graines, ni un plant. Si vous en trouvez la trace, n'hésitez pas à nous le faire savoir!) 

Particularité très utile pour l'identification : l'épi floral de l'hysope peut être  reconnu sans hésitation s'il apparaît que les fleurs sont toutes déportées d'un seul et même côté de la hampe florale. Autrement dit, l'épi fleuri de l'hysope n'est pas symétrique, tandis que celui de l'agastache l'est.


 Hysope (épi de fleurs) 2007 07 30 032

Epi de fleur de l'hysope officinale

Bon dimanche à tous !

Bien aromatiquement vôtre,

José

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