Archive pour janvier 2008

Cuisine indienne: Sabudana vada au chutney de coriandre

 

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Communiquer par blogs interposés, c’est évidemment dans l’air du temps. On pourrait croire que les courants d’empathie qui s’installent entre blogueuses et blogueurs soient généralement assez convenus et superficiels. Ok, on y échappe pas toujours vraiment, mais …

Depuis que ce blog existe (soit depuis le dernier congé de la Toussaint), Anne et moi avons fait la connaissance de tant de gens – répartis sur cinq continents – à la personnalité si  attachante,  originale et passionnée qu’entretenir des relations avec eux est devenu une nouvelle part de notre bonheur de vivre. Ceux-là se reconnaîtront sans qu’il soit besoin de les citer ici. Nous tenons à les remercier de leur gentillesse, de leur fidélité,  aussi pour la part essentielle qu’ils prennent dans la lutte contre la  « malbouffe » que l’agrobusiness tente toujours  de nous imposer contre notre gré et à notre insu. Grâce à eux, beaucoup de consommateurs osent aujourd’hui dire NON à certains modes de consommation. Et c’est fort bien !!!

Certains de ces fidèles blogonautes resteront sans doute toujours sans visages. D’autres, favorisés par la proximité géographique, ont tenu à nous rencontrer personnellement. De l’empathie à la sympathie, de la sympathie à l’amitié profonde et sincère, les pas sont si vite et si irrationnellement franchis lorsqu’on se découvre des « atomes crochus » !

C’est précisément ce qui c’est passé après notre rencontre avec Apolina.

Apolina est indienne et vit en Belgique. Nous correspondions depuis un certain temps déjà, lorsqu’elle nous a proposé d’aller faire avec elle, un dimanche matin, le marché des produits asiatiques qu’elle utilise pour sa cuisine familiale.

Nous n’oublierons jamais ces emplettes exotiques ! Nous qui pensions savoir bien des choses au sujet des épices et des légumes asiatiques !? Mais ce jour là, notre horizon c’est subitement et fabuleusement élargi. Et nous sommes revenus à la maison les bras chargés d’ingrédients insolites dont nous ne savions pas  trop comment les utiliser judicieusement.

Rien de grave ! Apolina est un guide éclairé et a la patience d’un ange. Et nous avons pu la convaincre – malgré sa modestie naturelle – de se laisser présenter sur ce blog et d’y partager avec vous quelques recettes indiennes simples, saines et authentiques.

Voici une première petite recette, facile à réaliser, et «last but not least», que les enfants apprécient énormément. Il s’agit d’un plat  traditionnel  de l’État du Maharashtrâ (à l’ouest du Deccan, avec comme capitale Mumbai, ex-Bombay, dont le territoire équivaut en superficie à plus de la moitié de celui de la France ou à dix fois celui de la Belgique !) d’où Apolina est originaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sabudana vada (Boulettes épicées au tapioca)

Ingrédients

 

Quantités pour +/- 12 boulettes 

(pour 4 personnes en entrée, pour 2 personnes en plat)

 

4 c. à S. de tapioca (ou perle de sago = sabudana)

Eau froide

2 pommes de terre moyennes (cuites à l'eau, pelées et écrasées à la fourchette)

2 piments verts égrainés et coupés fins

1 c.à S. de gingembre râpé

½ c.à c. de sel (ou plus, selon votre goût)

1 c.à c. de graines de cumin

2 c.à S. de cacahuètes hachées grossièrement

Huile d’arachide


 

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 Préparation

La veille, versez le tapioca dans un bol et couvrez-le d’eau froide pour le faire gonfler pendant une demi-heure au moins.

 

Égouttez ensuite le tapioca pendant toute la nuit.

 

Le jour-même, mélangez tous les autres ingrédients (sauf l'huile).

 

A l’aide du mélange obtenu, façonner de petites boulettes aplaties (un peu comme des hamburgers, mais en plus petit).

 

A l’aide du mélange obtenu, façonner de petites boulettes aplaties (un peu comme des hamburgers, mais plus petits).

 

Dans une poêle, faites chauffez 2 à 3 c.à s. d’huile d’arachide, déposez les vadas et faites en dorer doucement les deux faces.

 

 

 

 

 

 

Les vadas s’accompagnent de chutney. Apolina propose d’utiliser un chutney à de coriandre ou un chutney de mangue.

Voici la recette du chutney de coriandre, plante  aromatique présentée dans notre précédent billet.



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Chutney de coriandre

Certain(e)s d’entre nous seront sans doute étonné(es) de la dénomination « Chutney » utilisée par Apolina
pour qualifier la sauce fraîche dont elle nous propose la recette. En
effet, selon la conception britannique du « chutney », les occidentaux
considèrent majoritairement et erronément qu’il s’agit d’ un produit
épicé aigre-doux et confituré. Ce sens est beaucoup trop restrictif dans
la véritable cuisine indienne, et cette sauce fraîche mérite sa
qualification de « chutney à la coriandre ».
 

 

1 tasse de coriandre ciselée

2 c. à c. de yogourt nature

1 c. à s. de sucre de canne Muscovado (non raffiné)

½ oignon

2 c. à c. de jus de citron (vert de préférence)

2-3 piments

Sel

Mixer le tout. C’est  (déjà) prêt !

 

Merci Apolina. On t’embrasse … et on attend la suite !

 
Anne & José

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La CORIANDRE : épice, aromate et condiment

Coriandre 002

Délicieusement parfumée et parfois … puante 

 

Par ses graines, qui se récoltent facilement et en abondance et se conservent bien, la  coriandre est sans doute une des toutes premières épices de l’humanité. Par son feuillage et ses racines, la coriandre est l’ingrédient indispensable à la préparation de nombreux plats exotiques particulièrement savoureux. 

 

Cette plante est aujourd’hui universellement appréciée pour ses qualités culinaires. Mais dans le potager, le jardinier l’identifie et l'apprécie beaucoup moins au mois de juillet, jusqu'à éviter franchement de la côtoyer. En effet, la vraie coriandre, lorsqu’elle se met en graines, exhale une odeur  nauséabonde et persistante qui rappelle furieusement celle – proverbialement désagréable – que répandent des punaises. C’est d’ailleurs ce que nous rappelle l’éthymologie du mot « coriandre », formé à partir des termes grecs Kori (= punaise) et Andros (= homme). 

 

Les punaises à bouclier ou pentamones sont des insectes hémiptères capables de secréter une substance si franchement répulsive qu’elle peut provoquer des maux de tête aigus et des nausées chez certaines personnes. Pauvre jardinier qui devra attendre une magique déclinaison culinaire pour lui trouver odeur agréable … 

 

Signe des temps : à l’ère des pesticides, beaucoup de gens n’ont jamais vu de punaises ni reniflé leur odeur … et l’analogie leur échappe. Mais il y a quelques dizaines d’années encore, celui chez qui la présence de cet insecte était constatée, était vigoureusement mis au ban social. Pour illustrer cette mentalité révolue, je signale ce curieux Arrêt rendu en 1874 par le Tribunal civil de la Seine qui condamnait les locataires d’immeubles chez qui la présence de tels insectes était constatée à l’expulsion et au paiement de dommages et intérêts substantiels. 

 

Mais assez de provocation malicieuse ! Je ne veux pas médire la coriandre, qui a par ailleurs mille propriétés utiles et agréables. Dans l’imaginaire collectif qui s’est construit à travers plusieurs grandes civilisations successives, la coriandre a toujours tenu un rôle positif de premier plan. Elle fait l’objet d’un  nombre impressionnant d’anecdotes relatives à ses vertus, les unes relevant de rites magiques ou religieux, les autres à des usages médicinaux dont la pertinence – souvent – a été confirmée par les connaissances scientifiques modernes.

 

 

 

 

 

 

 

« Passeport, s’il vous plaît ! » 

 

 

Nom français usuel : 

CORIANDRE

 

 

 

Synonymes et appellations vernaculaires françaises :

 

 

 

Anis pudent

Couriante

Loriante

Persil arabe

Persil chinois

Punaise mâle

Scoriandre

Famille : Ombellifères (ou Apiacées)    

 

Nom latin :                Coriandrium sativum

 

Nom allemand :         Koriander

 

Nom anglais :            Coriander

 

Nom espagnol :         Cilantro

 

Nom italien :              Coriandolo

 

Néerlandais :             Koriander  

 

 

La coriandre sauvage est probablement originaire d’Asie, où on a relevé – en Chine – des indices de sa consommation remontant à plus de 5000 ans. Par contre, on ignore encore si, botaniquement, son aire naturelle de répartition s’étendait déjà jusqu’en Afrique du Nord à une époque aussi reculée. Ce qui est certain, c’est que les peuples du Mahgreb y cultivaient et consommaient la coriandre il y a plus de 3500 ans. Depuis, la croissance de cette plante aromatique est devenue généralement spontanée dans tous les pays bordant la Méditerranée.

 

Observons un plant de coriandre

 

Coriandre - plante (uni-graz-at)

 

 

 

 

 

C’est un plante annuelle aux tiges cylindriques, droites, ramifiées vers le haut, s’élevant à 50-60 cm de hauteur. 

 

Les feuilles sont composées : leur forme est plus petite et plus découpée dans le haut de la plante que dans le bas. En observant une plante mature, on a donc l’impression de deux zones de feuillages distinctes. 

 

Les fleurs, petites, groupées en ombelles, sont de couleur blanche ou rose. Hermaphrodites, elles s’autoféconderont  pour donner chacunes une paire de graines, appelées akènes.

 

   

 

 

Cuisinez joyeusement avec la coriandre

 

 

 

Chouette ! Toutes les parties de la plante sont utilisables en cuisine et dégagent – à des degrés divers – le même arôme puissant, si caractéristique de la cuisine thaïlandaise. Le succès rencontré depuis une vingtaine d’années par les nombreux restaurants thaï qui se sont ouverts dans le monde occidental a été un des facteurs les plus influents du succès commercial de la coriandre fraîche.  Auparavant, la coriandre n’était consommée chez nous que sous la forme de graines.

  

 

 

 

 Les feuilles et les tiges vertes

 

20080125 007 Coriandre

 

 

Il faut tenir compte de leur goût relativement fort, plus fort en tous cas que celui des graines.  

 

Dans la bonne cuisine comme dans bien des domaines, le plus est l’ennemi du mieux. C’est particulièrement le cas avec la coriandre, qu’il faut savoir doser avec modération. 

 

En préparations crues, quelques feuilles finement hachées suffisent généralement. Elles parfumeront significativement vos salades, même en très faible quantité. 

 

Dans les préparations chaudes, la coriandre doit être introduite le plus tard possible en cours de cuisson des autres ingrédients. Trois minutes suffisent amplement.  La réussite de votre recette pourrait être compromise si vous la laisser cuire longtemps. 

 

Le feuillage de la coriandre fraîche se fane vite (à plus forte raison, lorsqu’elle est  issue de culture hydroponique, dont je reste un farouche adversaire !). En le conservant avec ses tiges et ses racines dans un sachet en plastique placé au frigo, on améliore sa durée de conservation de plusieurs jours.

 

 

Les feuilles de coriandre séchées et émiettées que l’on trouve parfois dans le commerce n’ont plus aucun intérêt aromatique. Autant les proscrire sans ménagement ! C’est du bluff commercial.

 

 

 

Si vous possédez un excédent de feuilles et de tiges de coriandre, il vous est loisible de les conserver en les ciselant ensemble puis en les congelant en petits glaçons avec très peu d’eau . Leur saveur sera bien préservée. 

 

 

Feuilles et tiges sont les ingrédients indispensables pour la préparation des « curry verts » thaï et de différents « chutneys » indiens. De même, on ne saurait s’en dispenser dans les salades, les marinades et beaucoup de sauces.

 

 

 

   

 

Les fleurs

 

 

Coriandre en fleurs
 
 

 

Les boutons floraux, encore verts, sont un délice que mettent en valeur les cuisines chinoise, indienne, pakistanaise et bengali (Bangladesh). Ce plaisir vous sera réservé si vous cultiver de la coriandre dans votre potager. Je n’ai pas souvenir d’en avoir vu en région bruxelloise sur le marché vivrier.

 

 

 

 

 

 

Les graines

 

Coriandre - graines vertes (naturedirect2u.com)corianderpic2
 

 

 

Chez nous, les graines se récoltent au potager en juillet-août. Il faut les prélever avant leur pleine maturité, et les mettre à sécher dans un endroit sec. Bien protégées de l’humidité, elles conserveront bien pendant deux ans. 

 

La saveur des graines est nettement plus douce que celle des autres parties de la plante. C’est sous cette unique forme que le monde occidental a consommé longtemps  la coriandre. Evitez d’acheter la poudre de graines proposée dans la grande distribution; achetez des graines entières et torréfiez-les au four ou dans une poêle tefal pendant quelques minutes. Broyez-les au dernier moment. Vous aurez décuplé leur parfum.

Coriandre - graines (uni-graz.at)

 

 

Un pincée de coriandre en graines est un must dans les marinades, les court-bouillons, les salades de fruits et les pâtes à gâteau orientales.

 

 

Petit truc :  

 

La cuisinière méticuleuse que vous êtes certainement aura naturellement tendance à sélectionner les plus belles graines, régulières et de couleur claire. N’éliminez surtout pas les graines plus foncées et de forme moins symétriques; ce sont celles qui ont le plus d’arôme.  

 

Le saviez-vous ?  

 

En Allemagne, les graines de coriandre entrent dans la préparation de la célèbre choucroute, qui n’a pourtant rien d’un plat exotique.

 

Les propriétés aromatiques, apéritives et digestives des graines sont depuis longtemps mises à profit dans la liquoristerie française. Elles sont notamment utilisées dans la préparation de la Chartreuse ou de la célèbre liqueur basque Izarra.

 

 

 

 

 

 

 

Les racines


Coriandre (pharm.chula.ac.th) 
 

 

 

 

 

Les racines de coriandre sont plus essentiellement utilisées dans les cuisine thaï et indienne. D’expérience, je trouve préférable de les piler au mortier plutôt que de les hacher. Pour ce faire, lavez soigneusement les racines, puis écrasez-les  dans le mortier avec d’autres ingrédients, tel que l’ail, le cumin, le lemon grass, le piment ou le poivre.

 

 

  

 

 

La coriandre dans votre jardin

 

 

 

Si vous semez  la coriandre à la fin du printemps (4 à 5 graines par poquets espacés de  20 cm), elle poussera facilement. Elle n’exige qu’un sol bien draîné et un bon ensoleillement. Un sol calcaire est plutôt favorable. Si vous souhaitez utiliser davantage les feuilles de coriandre, couper les hampes florales lorsqu’elles atteignent 25 cm de hauteur. Vous retarderez l’apparition des fleurs, qui stoppe naturellement la croissance du feuillage. La coriandre résiste bien à la chaleur et même au froid (-5°C), mais la souche racinaire ne doit jamais être ni détrempée, ni complètement desséchée. 

 

 

Les graines se récoltent à la fin de l’été, de préférences encore vertes. Pour ce faire utilisez un grand sac en papier que vous renversez et glissez délicatement sur les hampes florales surmontées d’ombelles chargées de graines. Reserrez le sac autour des tiges que vous couper ensuite au ciseau. Les bouquets ainsi recueillis seront suspendus la tête en bas et mis à sécher dans un endroit sec. Les graines tomberont progressivement dans le sac en papier, où il vous suffira de les recueillir après 2 ou 3 semaines.

 

 

Attention ! La coriandre déteste le fenouil et dépérit si l’on prétend la faire pousser dans son voisinage. Par contre, elle apprécie la compagnie du persil et du cerfeuil, avec lesquels il ne faudra pourtant pas la confondre visuellement.

 

 

 

 

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La coriandre, ses vertus et notre santé

 

 

 

 

 

Qui ignore encore la réputation aphrodisiaque de la coriandre ? Ce n’est pas entièrement un légende, mais l’effet aphrodisiaque se situe loin en dessous de la réputation qui lui est faite. On peut tout au plus considérer que – chez les hommes souffrant d’hypertrophie de la prostate – elle atténue la difficulté d’avoir une relation sexuelle normale en facilitant l’éjaculation.

 

 

Outre ses réelles vertus apéritives et digestives, la coriandre est connue pour ses effets antispasmodiques. Elle est efficace dans les cas de crampes d’estomac, de coliques et contre la diarrhée.

 

 

La coriandre agit comme antiseptique dans les bains de bouche destinés à calmer les douleurs dentaires.

 

 

Réduite en pâte et appliquée localement, elle soulage certaines douleurs articulaires et les hémorroïdes.

 

 

Dans la notice historique que je vous  propose en dernière partie de cet article, j’évoquerai les récentes découvertes scientifiques (2004) sur les pouvoirs d’antidote de la coriandre, dont l’effet antibactérien semble supplanter les antibiotiques de référence en cas d’empoisonnement alimentaire.

 

 

D’autres expériences récentes réalisées en laboratoire avec des souris diabétiques ont démontré une diminution de leur taux de glycémie après avoir été nourries avec des graines de coriandre. Cette propriété de stimuler la sécrétion d’insuline ouvre de nouveaux espoirs et de belles perpectives dans le traitement du diabète chez l’homme.

 

 

Attention ! Bien que les manuels d’herboristerie ne le mentionne que rarement, les personnes soumises à un traitement anticoagulant sensé les prémunir de risques cardiovasculaires, (tel  celui, très répandu, au Sitrom®) devraient éviter une consommation journalière de coriandre. Tout simplement parce que la coriandre favorise, elle, l’effet contraire, c’est-à-dire la coagulation.

 

    

 
 
 
 
Un brin d'histoire

 

 

 

 

« Ex oriente lux ! »  Notre héritage oriental en général, et chinois en particulier, est absolument considérable dans bien des domaines. C’est particulièrement le cas en ce qui concerne nos légumes et nos condiments. 

 

La coriandre en est un exemple parmi des milliers d’autres. En Chine, où elle poussait spontanément, son utilisation remonterait à la période néolithique … soit à plus de 5.000 ans. Cette plante symbolisait la longévité de la vie humaine, voire  l’immortalité. 

 

En Afrique, les Égyptiens lui attribuaient rituellement les mêmes vertus et une place de choix dans leurs rites funéraires, comme l’attestent des papyrus vieux de plus de 4000 ans et des peinture murales retrouvées sur les murs de chapelles et de chambres mortuaires  de mastabas (pyramides à degrés) datant de l’Ancien empire memphite.

Coriandre - Toutankhamon (tombe) (fr.wikipedia.org)

 

Dans la tombe de Toutankhamon, les archéologues ont retrouvé la trace de graines de coriandre datant de 1300 avt JC. (Toutankhamon était mort en 1346 avant notre ère.)  

 

On se souviendra que Moïse, né en Égypte, et un des personnages les plus considérables de la Thora et de l’Ancien testament était, selon une tradition peu canonique, l’enfant adultérin de la sœur du pharaon (et, selon les mœurs de l’époque, aussi vraisemblablement son épouse incestueuse) avec un Hébreux influant à la cour. 

 

Il est malaisé de déterminer à quelle époque aurait vécu Moïse. Cela a été fort débattu, mais on situe généralement son existence et ses aventures au  XIIème sècle avant notre ère. Cela en ferait un comtemporain du grand Ramsès II. L’archéologie n’a jamais pu le confirmer, et il faut bien dire que nos sources, la Thora et de l’Ancien testament, ne sont pas à proprement parler historiques. Curieusement, les sources égyptiennes – pourtant abondantes sous la XIXème dynastie des pharaons restent muettes et n’offrent aucune contrepartie à la critique. 

 

Sauvé miraculeusement des eaux du Nil, sur lesquelles une âme charitable l’avait laisser dériver confortablement installé dans une nacelle de papyrus plutôt que de le faire disparaître (un bâtard, c’est toujours un usurpateur potentiel dans une succession dynastique!), Moïse devint – comme son père naturel – un personnage important à la cour, où il tenta de défendre les intérêts du peuple asservi dont il partageait le sang : les Hébreux.  

 

Bien des années plus tard, Moïse prendra la tête de « 600.000 » Hébreux et les fera sortir d’Égypte pour les conduire vers la « terre promise », le fabuleux pays de Canaan. C’est l’histoire de l’Exode, qui nous raconte la longue errance à travers le désert (40 ans, selon la tradition !) de Moïse et du peuple hébreux. Survivre dans de telles conditions à cette époque implique nécessairement quelques « miracles », tel celui de la « manne céleste » qui intervient providentiellement pour nourrir un peuple affamé.Le saviez-vous, cette «manne céleste» a été identifiée avec la coriandre ?! 

 

«Et la maison d'Israël donna à ce pain le nom de manne. Cette manne était comme de la graine de coriandre, blanche et ayant le goût de galette au miel.
Et Moïse dit : Voici ce que l'Éternel a ordonné : Conservez-en le contenu d'un omer pour vos descendants, afin qu'ils voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, quand je vous ai tirés de la terre d'Egypte.
Moïse donc dit à Aaron : Prends une cruche et mets-y de la manne plein un omer, et place-la devant l'Éternel afin de la conserver pour vos descendants. »
(Exode, ch. 16, versets 31 à 33)
 

 

Si l’on accepte cette tradition, la coriandre apparaît donc comme une nourriture inconnue des Hébreux auparavant, capable de pousser dans des conditions désertiques, et dans une abondance telle qu’elle a pu nourrir un peuple nombreux.  

 

Toute l’Antiquité nous offre des témoignages que la coriandre, outre ses utilisations rituelles et symboliques, était aussi une herbe culinaire et médicinale récoltée puis cultivée depuis … Adam et Ève.  

 

On retrouve la coriandre dans l’ancienne Grèce. Elle y était à la fois  épice, parfum, médicament . A l’époque d’or du grand Périclès (-495/-429 avant notre ère), l’auteur comique athénien Aristophane (-445/-386 avant notre ère)  l’évoque au nombre des herbes aromatiques consommées par ses contemporains. Comme on buvait beaucoup de vin à cette époque, les plus fervents adeptes du dieu Dionysos, savaient pouvoir recourir à la coriandre pour dissiper les effets grisants des vins forts capiteux et indigestes de l’époque.  

 

A Rome, les amis du général Lucullus (-106/57 avant notre ère), dont la renommée doit plus à son raffinement gastronomique qu’à ses pourtant brillantes victoires militaires, l’utilisaient aussi pour couper les effets du vin et dissiper la « gueule de bois ». Mais la coriandre ennoblissait les plats, comme en témoigne cette anecdote.  Le cuisinier de Lucullus, homme appréciable, se voit reprocher un certain jour  par son maître la banalité des plats qu’il vient de servir. Il avait même omis la coriandre ! Tout confus, le cuisinier ce justifie : « Mais nous n’avions pas d’invités ce soir ! » Et Lucullus de lui faite cette réplique célèbre : « Ne savais-tu pas que Lucullus soupait chez Lucullus ce soir ! ».  Tenez le vous pour dit, ayez toujours de la coriandre sous la main, parce que « vous le valez bien !». (Ces derniers mots n’ont pas été prononcé par Lucullus, mais par Claudia Schiffer pour la publicité de je ne sais plus quel  shampoing. Au fait y-a-il de la coriandre dans certains shampoings ? Il paraîtrait que oui !) 

 

Dans les chariots qui suivent les légions romaines, la coriandre va se répandre à travers l’Europe.  

 

Au premier siècle de notre ère, le naturaliste Pline l’Ancien, qui allait mourir tragiquement quelques années plus tard en observant l’éruption du Vésuve anéantissant Pompéï et Herculanum (an 79 de notre ère), la décrit sous le nom  de coriandrium  (que Linné retiendra au 18ème siècle pour sa classification botanique) et précise que les meilleures qualités proviennent de l’Egypte, province de l’empire romain à cette époque.  

 

Au Moyen-âge, la coriandre gagne progressivement une réputation de puissant aphrodisiaque. Sur les marchés et les foires, les faiseurs de miracles et les charlatans venaient vendre d’irrésistibles philtres d’amour à base de coriandre. Les exorcistes lançaient eux fréquemment des graines de coriandre dans le feu, parce qu’elles avaient la réputation de faire fuir les démons. 

 

Dans les procédures judiciaires médiévales, les magistrats étaient souvent payés pour les actes qu’ils établissaient, non pas en argent, mais en épices. Les épices, avant Christophe Colomb et Magellan, était des produits de haut luxe, et leur attrait était plus grand qu’un poignée de pièces d’or. Beaucoup de procès ont ainsi été défrayés par un poids de coriandre. 

 

Au XXème siècle encore, il subsistait dans les campagnes de France, de Suisse et de Belgique, un rite étrange pour qu’une femme puisse s’attirer l’amour d’un homme. Il consistait à répandre des graines moulues de coriandre – réputées aphrodisiaques – sur une photo du bien-aimé. 

 

Au début du XXIème siècle (2004), des recherches scientifiques modernes ont permis d’établir que la coriandre est aussi un puissant antidote. Selon cette étude, dans le cas l’intoxication alimentaire – telle celle provoquée par la terrible salmonellose, par exemple – le pouvoir antibactérien de la coriandre se révèlerait plus efficace que les antibiotiques comme la gentamicine, dont les effets secondaires – notamment sur l’appareil auditif et l’appareil rénal  - peuvent être redoutables. On aurait identifié jusqu’à 13 substances antibactériennes bien assimilables contenues dans la coriandre.Inutile de dire que la coriandre est  autant à l’honneur sous les microscopes des laboratoires que dans la bonne cuisine. Et que l’espoir d’en tirer très prochainement de nouvelles ressources commerciales se concrétise peu à peu dans plusieurs domaines, surtout dans celui de la conservation des aliments. 

 

Allez mes amis, il faut que je vous laisse pour allez préparer mes premiers semis de printemps : des fèves des marais dont je vous reparlerai. Quant à Anne et notre amie Apolina, qui est indienne et possède une science exceptionnelle des épices et de la cuisine traditionnelle du Maharâshtrâ (État de Bombay), elles concoctent en ce moment à votre intention de petites recettes à la coriandre qui paraîtront bientôt sur ce blog. 

 

Votre bien chlorophyllement dévoué,

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Lavande à l’honneur

2007 06 08 015
Il y a lavande et Lavande …
Who - Lavande (Ligne et papilles)
INTER 
Lavande, c'est l'âme d'un des plus beaux blogs francophones consacrés à la cuisine. Avec beaucoup de distinction et de générosité, elle multiplie quotidiennement des recettes accessibles qui radient amour, bonheur, santé … au travers d'une indomptable créativité.
 
 
INTER 
En matière de blogs, il en est comme pour bien des choses : choisir, c'est nécessairement savoir renoncer. Si, faute de temps, vous étiez contraint(e)s de vous limiter à trois références en blogs cuisine, celui de Lavande est agréablement 
in-con-tour-na-ble.
INTER 
 
Et si – comme nous – vous aimez les bons légumes, leur diversité et leurs meilleures déclinaisons – sachez qu'ils sont particulièrement à l'honneur sur :
-INTER 
Ligne et Papilles
(Cliquez sur la photo)
inter 
 
 
Pour que chacun puisse s'y reconnaître, dis-nous vite deux mots sur tes valeurs et tes motivations, Lavande !

"Je crée ce blog pour mes enfants, pour qu'un jour à la recherche de saveurs perdues, ils retrouvent ici, toutes les douceurs que j'ai pris tant de plaisir à leur cuisiner. La cuisine est avant tout une histoire d'amour, l'histoire de nourrir les siens du mieux possible avec le meilleur possible.
Pour Dalva, pour Enora, pour Owen.

Passionnée de cuisine et soucieuse de ma ligne, je m'efforce de concilier diététique et gastronomie, persuadée que l'on peut manger bien et manger sain. Persuadée aussi que ce qui est bon pour moi, l'est aussi pour mes enfants.
Je ne propose pas des recettes de "régime", mais des recettes qui évitent d'avoir à se "mettre au régime", en constituant le cadre d'une alimentation équilibrée, l'alimentation que nous devrions TOUS avoir, quotidiennement."
(…)

(Lire la suite sur : http://lignepapilles.canalblog.com/<…)

 

 

20.01.2008

RECETTE – Potage à la bière Moinette blonde

 20080119 004 Soupe à la bière

 

 inter

Potage à la bière « Moinette blonde »

inter 

Depuis quelques années, en Belgique, on célèbre vers la mi-janvier une  « semaine de la soupe ». Curieuse idée venue de je ne sais où, mais qui correspond à une incroyable promotion commerciale de soupes et potages de toutes sortes dans les grands magasins. 

 

A cette occasion, je tenais à vous proposer un potage très original, histoire de sortir un peu des sentiers battus et de vivre avec vous une expérience culinaire de « belgo-fusion ». 

 

Depuis quelques temps, je pensais à une surprenante « soupe à la bière », semblable à celle que quelques chefs belges audacieux ont déjà mis à leur carte et qui rencontre un succès étonnant, plus spécialement auprès de la gent masculine. 

 

Mais les quelques tentatives que j’avais faites ces derniers jours avec différentes bières réputées de bonne qualité et de haute fermentation ne m’avaient pas convaincues du tout. Et je craignais que la recette ne déplaise à trop de blogonautes qui me font confiance.

 

Après avoir lontemps hésité, j’ai pourtant décidé de franchir le Rubicon aujourd’hui. En effet, j’ai enfin trouvé «la » bière qui convient, une bière assez fortement alcoolisée (8,5 %), douce, fruitée, chargée de toute la subtile amertume que lui confère une aromatisation exceptionnelle aux fleurs (femelles) de houblon fin. 

 

Cette bière qui fait finalement toute la différence, c’est la «Moinette blonde », brassée artisanalement à Tourpes, dans la province de Hainaut.  Voici la recette :  

 

Pour 4 personnes

Préparation et cuisson :  20 min

 

 

Ingrédients
 

5 dl de bouillon de bœuf très corsé
5 dl de bière (type Moinette blonde) *
5 cm de gingembre frais râpé
3 1/2 c à S de tapioca (perles du japon) **
Muscade râpée en QS
Sel et poivre
4 c à S de crème légèrement battue (ou mascarpone)
Qqs feuilles de coriandre
 

 

 

Préparation et cuisson
 

Amenez le bouillon à ébullition. Dès frémissement des premières petites bulles de bouillonnement (à surveiller de près, étape importante pour préserver la subtilité de l’amertune du houblon), ajoutez la bière, le gingembre et la muscade.
Ramenez au point de légère ébullition, puis ajoutez le tapioca, le sel et le poivre.

Laissez cuire lentement à feu doux pendant 10 à 12 minutes maximum.

Remuer de temps en temps, pour que le tapioca ne puisse pas s'agglutiner  dans le fond.
Mixer le tout. Rectifier l'assaisonnement si nécessaire.
Passez le potage au chinois fin.
Servez avec une quenelle de crème battue (Ici, j'ai utilisé le mascarpone,assez lourd et donc peu « flottant ») et quelques quelques feuilles de coriandre.

  
*
Pour tout savoir sur la bière «Moinette », cliquez sur le lien : http://www.brasserie-dupont.com/dupont/Default.aspx?Page=moinetteblonde 

 


**
La fécule tapioca est obtenue à partir des racines du manioc (cassave). En cours de cuisson, les petites perles blanches deviennent plus ou moins transparentes et lient admirablement le potage.   

 

Qui ose après moi???  J'attends vos réactions !

 

Amicalement,

 

  

Anne

 

20080119 002 Soupe à la bière

 

20080119 006 Soupe à la bière

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Potage à la bière Moinette blonde

 

 20080119 004 Soupe à la bière

 

 inter

Potage à la bière « Moinette blonde »

inter 

Depuis quelques années, en Belgique, on célèbre vers la mi-janvier une  « semaine de la soupe ». Curieuse idée venue de je ne sais où, mais qui correspond à une incroyable promotion commerciale de soupes et potages de toutes sortes dans les grands magasins. 

 

A cette occasion, je tenais à vous proposer un potage très original, histoire de sortir un peu des sentiers battus et de vivre avec vous une expérience culinaire de « belgo-fusion ». 

 

Depuis quelques temps, je pensais à une surprenante « soupe à la bière », semblable à celle que quelques chefs belges audacieux ont déjà mis à leur carte et qui rencontre un succès étonnant, plus spécialement auprès de la gent masculine. 

 

Mais les quelques tentatives que j’avais faites ces derniers jours avec différentes bières réputées de bonne qualité et de haute fermentation ne m’avaient pas convaincues du tout. Et je craignais que la recette ne déplaise à trop de blogonautes qui me font confiance.

 

Après avoir lontemps hésité, j’ai pourtant décidé de franchir le Rubicon aujourd’hui. En effet, j’ai enfin trouvé «la » bière qui convient, une bière assez fortement alcoolisée (8,5 %), douce, fruitée, chargée de toute la subtile amertume que lui confère une aromatisation exceptionnelle aux fleurs (femelles) de houblon fin. 

 

Cette bière qui fait finalement toute la différence, c’est la «Moinette blonde », brassée artisanalement à Tourpes, dans la province de Hainaut.  Voici la recette :  

 

Pour 4 personnes

Préparation et cuisson :  20 min

 

 

Ingrédients
 

5 dl de bouillon de bœuf très corsé
5 dl de bière (type Moinette blonde) *
5 cm de gingembre frais râpé
3 1/2 c à S de tapioca (perles du japon) **
Muscade râpée en QS
Sel et poivre
4 c à S de crème légèrement battue (ou mascarpone)
Qqs feuilles de coriandre
 

 

 

Préparation et cuisson
 

Amenez le bouillon à ébullition. Dès frémissement des premières petites bulles de bouillonnement (à surveiller de près, étape importante pour préserver la subtilité de l’amertune du houblon), ajoutez la bière, le gingembre et la muscade.
Ramenez au point de légère ébullition, puis ajoutez le tapioca, le sel et le poivre.

Laissez cuire lentement à feu doux pendant 10 à 12 minutes maximum.

Remuer de temps en temps, pour que le tapioca ne puisse pas s'agglutiner  dans le fond.
Mixer le tout. Rectifier l'assaisonnement si nécessaire.
Passez le potage au chinois fin.
Servez avec une quenelle de crème battue (Ici, j'ai utilisé le mascarpone,assez lourd et donc peu « flottant ») et quelques quelques feuilles de coriandre.

  
*
Pour tout savoir sur la bière «Moinette », cliquez sur le lien : http://www.brasserie-dupont.com/dupont/Default.aspx?Page=moinetteblonde 

 


**
La fécule tapioca est obtenue à partir des racines du manioc (cassave). En cours de cuisson, les petites perles blanches deviennent plus ou moins transparentes et lient admirablement le potage.   

 

Qui ose après moi???  J'attends vos réactions !

 

Amicalement,

 

  

Anne

 

20080119 002 Soupe à la bière

 

20080119 006 Soupe à la bière

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Potage à l’oignon et noix de marcassin fumée

20080107 013

Copyright: lesjardinsdepomone@hotmail.com

 

 

 

 

 

 

 

 

INTER 

 

Potage à l’oignon et à la noix de marcassin fumée

(pour 4 personnes)

Préparation et cuisson : 35 min

  

Ingrédients


1 L 1/2 de bouillon de légumes
500 gr d'oignons d'Alost
1 c à  S de farine
1 grosse carotte
3 pommes de terre (farineuses)
60 gr de beurre + 10 gr
100 gr de noix de marcassin fumée coupée en petites lanières
Sel et poivre

 

 

 

 

 

 

  Préparation et cuisson

Epluchez et coupez les oignons d'Alost en fines rondelles. Prélevez-en 400 gr que vous faites fondre dans 60 gr de beurre

Menez cette opération très lentement pour que les oignons fondent sans saisir.

Lorqu'ils sont bien blonds, saupoudrez-les avec 1 c à S de farine et faites dorer le tout.
Ajoutez le bouillon, la carotte, les pommes de terre coupées en brunoise, tout en remuant sans cesse afin d'éviter la formation de grumeaux. Salez (pas trop !) et poivrez, puis laissez cuire pendant 20 min.
Passez le tout au mixer.
Pendant la cuisson, faites blondir dans un poêlon les 100 gr d'oignons restants dans 10 gr de beurre.
Incorporez-les à la soupe mixée et ajoutez les petites lanières de noix de marcassin fumée.
Faites encore cuire le tout pendant 7 min.
Rectifiez l'assaisonnement si nécessaire.

Selon votre goût, saupoudrez des flocons de parmesan fraîchement râpé.
Servez sans tarder.

 

20080107 017

Copyright: lesjardinsdepomone@hotmail.com

20080107 006..

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Légume du bord de mer : de la SALICORNE pour les fêtes ?

20081213 Hanos - Salicorne

 

 

En parcourant les magasins pour nos achats de fêtes, Anne et moi rencontrons de plus en plus souvent chez notre poissonnier un bien curieux légume ancien : la SALICORNE.

Je me souviens qu'à peine haut comme deux pommes, mes parents m'emmenaient en vacances à la côte d'Opale (Pas-de-Calais), non loin du cap Blanz-Nez. J'adorais cet endroit où la campagne s'arrête pile au dessus du bord de mer et domine les flots qui viennent se briser à marée haute sur les belles falaises crayeuses. Du petit hôtel où nous logions, je garde de nombreux souvenirs enchantés, parmi lesquels la cuisine extraordinaire de la Mère Bourdon, toujours préparée avec des produits locaux, ceux de la campagne et ceux de la mer. C'est là que j'ai mangé pour la première fois la salicorne, et qu'à la grande surprise de mes aînés, j'ai demandé a être resservi plusieurs fois. On m'avait dit que c'étaient des "cornichons de mer". (Il est vrai que c'était en accompagnement des fameuses petites moules des bouchots de Sangatte ou de Tardinghem dont je raffolais.)


Salicorne 07

A cette époque, je croyais manger une sorte d'algue, d'autant plus que la salicorne était toujours servie avec les poissons, les crustacés et les mollusques ramenés par les "flobards", ces petits bateaux traditionnels à fond plat qu'utilisaient les pêcheurs de la baie de Wissant toute proche. Ce n'est que bien plus tard que j'ai su qu'il s'agissait d'une plante herbacée des marais salants, dont ont récoltait les jeunes feuilles tendres des extrémités aux mois de juin et de juillet.

Trouver ce légume frais à la devanture des poissonniers et des légumiers à cette époque de l'année (décembre) me paraissait à la fois étonnant et invraisemblable. Mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence, c'était bien de la salicorne, même si ma curiosité m'a amené à découvrir qu'elle provenaient d'une petite PME dynamique qui la cultivait à grande échelle en … Israël, et nous l'expédiait par avion.

Jadis la salicorne n'était pas cultivée, et on allait la récolter dans les marais salants. Mais depuis quelques années déjà en France – et en collaboration avec l'INRA -, des agriculteurs en ont organisé une culture à l'échelle commerciale. Ce légume ou condiment ancien est donc devenu un ingrédient nouveau – d'ailleurs fort remarqué par la diététique moderne – qui trouve de plus en plus souvent sa place dans les cuisines distinguées.

La salicorne appartient à la famille des chénopodiacées. C'est une herbacée halophile à tiges articulaires, à rameaux opposés et dépourvus de feuilles. Les fleurs – minuscules pour ne pas dire microscopiques – sont disposées en épis. Elles n'ont pas de corolles et apparaissent dès le mois de juillet à la naissance des articulations.

 

Salicorne 02  (inflorescence)

Il existe différentes espèces de salicorne, les unes annuelles, les autres vivaces, dont l'identification est particulièrement malaisée et même pratiquement impossible si elle n'est pas faite sur des plantes fraîchement récoltées. La systématique du genre est tellement complexe qu'on a longtemps voulu ne voir chez nous qu'une seule espèce : Salicornia europeae, Linné. C'est évidemment réducteur et erroné.

Sans donc vouloir entrer ici dans les polémiques des botanistes, nous amateurs de bonne cuisine, devont retenir que seule la salicorne annuelle mérite l'intérêt que lui porte les gourmets.(La salicorne vivace à moins de goût, est plus fibreuse et nettement plus amère.)

Parmi les noms vernaculaires de la salicorne, je relève : Corne de sel, Cornichon de mer, Haricot de mer, Passe-pierre, Salicot … Il ne faut pas confondre la salicorne avec la criste-marine (Crithmum maritimum, appelée aussi souvent "perce-pierre", d'un aspect approchant et également consommable comme légume ou comme condiment.)

Dans la nature, les colonies de salicorne s'étendent dans les marais d'eau saumâtre du littoral atlantique (Bretagne, Charente maritime, Manche), de la mer du Nord (Zélande) et du Languedoc (Camargue). Mais on en trouve également dans les  marais salants d'Alsace et de Lorraine (région de Château-Salins). En Belgique, c'est dans la belle réserve naturelle du "Zwin" qu'on la trouve en abondance, mais il est interdit de la cueillir.)


Salicorne 05 - Grau de l'étang de Canet Saint-Nazaire


La saveur de la salicorne est salée, iodée et agréablement acidulée. (Cette saveur acidulée provient pour la plus grande part de l'acide oxalique qu'elle contient; il faut y penser lorsqu'on l'utilise crue, parce qu'elle ne doit pas être consommée en grande quantité par les personnes souffrant d'arthrite ou de problèmes rénaux.)

La salicorne est fort peu calorique et contient beaucoup de sels minéraux et d'oligo-éléments (calcium, magnésium, fer, iode …). Sa richesse en vitamine C lui confère une pouvoir antiscorbutique. Et sa teneur significative en vitamine B12 (cobalamine) influe favorablement notre résistance au stress et à la fatigue. 

Prélevées avant la floraison, les jeunes pousses de la fin du printemps et du début de l'été sont juteuses et croquantes, et entrent dans des salades variées qui peuvent s'accomoder de leur goût très salé. Après cette période de récolte, la salicorne devient ligneuse et prend souvent une couleur rougeâtre; elle n'est plus agréable à consommer.


Salicorne 06

On peut également confire la salicorne dans le vinaigre et la conserver en bocaux pour pouvoir les consommer toute l'année. ce sont les traditionnels "Achards de salicorne".

On peut encore la cuire en légume à la manière des haricots-princesse. Elle accompagne à merveille certaines préparations de moules, les langoustines ou … les coquilles Saint-Jacques (N'est pas Mamina ?)

Clin d'oeil : une simple tranche de saumon fumé de l'Atlantique garnie avec de petits dés de poire-avocat et d'un petit "fagot" de salicorne à la vinaigrette aux herbes … essayez, vous verrez !

 

Bien chlorophyllement dévoué,

José

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TARTE ANANAS-COCO

20080107 023

Copyright: lesjardinsdepomone@hotmail.com

 

TARTE ANANAS-COCO

 

 

(pour 6 personnes)

Préparation : 15 min.

Cuisson : 45 min. 

Ingrédients 

10 tranches d'ananas au jus
1 citron vert
120 gr de noix de coco râpée

1 boîte de lait concentré sucré (397 gr)

3 jaunes d'oeufs

Pâte brisée 

 

Préparation et cuisson
 

Préchauffez votre four à 200°.
Déroulez votre pâte dans un moule à bord haut (à charnière).
Couvrir la pâte avec du papier sulfurisé; garnissez le fond avec des haricots secs; cuisez au four pendant 15 min.
Pendant ce temps, égouttez les tranches d'ananas et coupez les en morceaux.
Râpez-les zestes du citron vert (le plus fin possible).
Dans un bol, versez le lait, les zestes et le jus du citron, la noix de coco et les jaunes d'oeufs. Bien mélanger le tout.
Laissez tiédir votre fond de tarte.
Répartissez les morceaux d'ananas sur le fond de tarte. Versez la préparation par dessus et mettrez à cuire au four +/- 25 min
 
Avant de servir, saupoudrez un peu de noix de coco râpée sur la tarte

 

 

20080107 027

Copyright: lesjardinsdepomone@hotmail.com

20080107 029

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ANANAS MARINÉ AU THÉ DE FLEURS SAMBA

20080111 004

Ananas mariné au thé de fleurs Samba, crème au citron, sorbet de litchis 

 

Ingrédients

(pour 6 personnes)
 
1 ananas frais
1 litre de sirop (50/50)
2 c à S de thé samba

Sorbet aux litchis
1 boîte de litchis

Crème au citron
3 citrons
3 oeufs
2 jaunes d'oeufs
100 gr de sucre fin
150 gr de beurre en petits morceaux
1 + 1/2 feuille de gélatine
10 cl de crème fouettée (pas trop ferme)

 
Préparation

 

·        Ananas
 

 

     Epluchez l'ananas (conservez le plumeau de feuillage pour la décoration de l'assiette) et faites-le cuire 45 min dans le sirop additionné du sachet de thé.
Conservez l'ananas dans le sirop et laissez refroidir (pendant 8 heures maximum).

  

20080111 002

 

·        Sorbet


Mixez dans leur jus les fruits d’une boîte de litchis et faites turbiner en sorbetière.
 

    ·        Crème 

Prélevez les zestes des citrons, hachez-les finement.
Pressez les citrons.
Dans un bol, mélangez les oeufs, le sucre, les zestes et le jus des agrumes.
Faites cuire comme une crème pâtissière (Attention ! elle peut brûler rapidement !)
Incorporez-y la gélatine essorée, préalablement ramollie dans de l'eau froide.
Passez immédiatement la crème au chinois.
Incorporez-y les morceaux de beurre.
Réservez la crème un jour au frigo.
Avant de dresser la crème au citron, détendez-la au fouet et ajoutez-y la crème fouettée.
Avant de dresser l'ananas, extrayez-en le centre avec un petit emporte-pièce.
  
 

A propos du thé aux fleurs « Samba »  

 

 

 

 

J’ai découvert ce thé dans la gamme des produits proposés par Ingrédients du monde sur le site : 

 

 

·        http://www.ingredientsdumonde.centerall.com/gallery2.php 

 

Il s’agit d’un mélange déshydraté à base  de fleurs d'hibiscus, de morceaux de pomme, d'écorces de cynorrhodon et d'orange, de fleurs de bleuet et de fleurs de souci (calendula), d’arômes de mangue et de fruits tropicaux. Tous ses parfums confèrent un goût surprenant et fort agréable à l'ananas.

 

 

20080110 004 Cuisine ANANAS 004

 

 

 

 
Grâce aux fleurs d’hibiscus, le pourtour du fruit s’imprègne d’un belle couleur rouge, qui surprend et produit un bel effet visuel.
 

 

C’est un dessert vraiment délicieux. Je suis un peu déçue que les photos que j’en ai faites pour vous le présenter n’expriment que bien imparfaitement la réalité de l’ effet visuel. Mais après tout,  je ne suis qu’une amatrice en photographie, et il faudra vous en contenter pour cette fois. (D’ailleurs, l’arche de Noé est aussi une œuvre d’amateurs, et le Titanic, un œuvre de professionnels. A en juger par leurs sorts respectifs, y-a pas de raison de complexer …). 

 

 

  

Comment choisir un bon ananas ? 

 

 

Dans la mesure du possible, préférez un ananas du Costa Rica. Les fruits de cette origine sont beaucoup plus parfumés.  

 

 20080110 003 Cuisine ANANAS

 

Vérifiez que le plumeau de verdure qui le surmonte soit bien vert et non désséché.

 

En soupesant le fruit dans le creux de la main, il doit vous paraître lourd et dégager du parfum, même si sa peau est encore un peu verte.

 

Achetez-le au moins trois jours avant de le consommer.

 

Conservez-le à température ambiante, surtout pas dans le frigo.
 

 

Autres recettes avec l’ananas …
 
 
Cette recette, ainsi qu’un autre que je publierai dans les prochaines heures, seront ma contribution au thème « Ananas » mis en concours sur le beau blog cuisine de Lavande : 

 

·        http://lignepapilles.canalblog.com/

 

 

A n’en pas douter, vous pourrez y trouver des recettes extraordinaires pour combler toutes vos envies  d’ananas. 

 

 

Bon week-end,

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Spirelli de carottes à la carbonara

20080107 052

 

Il était temps de mettre un peu d’ordre dans la cave. La pénombre et la fraîcheur qui  règnent en ce lieu ne sont pas spécialement stimulantes en hiver, et depuis plusieurs jours, je remettais systématiquement au lendemain cette nécessaire opération de rangement.  

 

Aujourd’hui pourtant, le soleil s’est généreusement manifesté dans un beau ciel bleu (c’est la première fois de l’année 2008 !). Et les quelques rayons puissants qu’il a lancé à travers les soupiraux m’ont fait découvrir une cave agréablement illuminée. Je me suis aussitôt mise au travail avec enthousiasme. 

 

J’inspecte les rayons, j’ouvre les armoires. Des yeux, j’inventorie les tas d’ustensiles de cuisine pour lesquels je n’ai pas assez de place dans la cuisine. Bon sang, qu’est-ce qu’on peut accumuler comme « brol » au fil des mois ! Je découvre notamment plusieurs ustensiles dont j’avais complètement oublié l’existence et qui parfois même n’ont jamais servi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi ces laissés pour compte, mon regard se pose soudain sur une belle boîte en carton jamais ouverte. Sur le couvercle, on peut lire en grand, Spirali Lurch. Je déballe. Elle contient un « spiraleur », petit appareil qui permet des découpes originales de légumes. (voir photo)

 

inter

 

Spirali Lurch - appareil de cuisine

INTER 

 Aussitôt, cela me donne une idée ! Il me reste quelques unes de ces carottes de différentes couleurs dont je vous parlais dans ma précédente recette. Je vais immédiatement remonter à la cuisine, et tenter une nouvelle petite recette personnelle de carottes multicolores.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici ce que cela a donné. Le résultat a séduit mon Vertumne et mon palais. Pourquoi ne pas le partager avec vous ?

 

INTER

 

 

20080107 056

  

 

Spirelli de carottes à la carbonara

 

 

Ingrédients

(pour 4 personnes)
 
2 carottes jaunes
2 carottes orange
2 carottes violettes
2 échalotes émincées (des griselles, mes préférées ! Leur saveur est plus subtile.)
2 c à S de fines herbes fraîches en mélange (persil, cerfeuil, estragon, ciboulette)
300 gr de lardons fumés sans couenne
4 oeufs
60 gr de parmesan
Sel et poivre
 

 

 

Préparation et cuisson
 
Epluchez vos carottes et rincez-les.
Confectionnez des spirales.
Dans un wok, faites revenir les lardons, les échalotes, sans matière grasse, jusqu'à légère coloration.
Ajoutez-y les spirales de carottes.
Ajoutez les fines herbes, le poivre du moulin.
Laissez revenir le tout pendant 5 min en remuant bien.
Les carottes doivent rester "al dente".
Enlevez le wok de la source de chaleur et incorporez un à un les œufs à son contenu, tout en mélangeant.
Râpez votre parmesan au dernier moment et incorporez-le aux carottes.
Rectifiez l'assaisonnement si nécessaire.
Disposez votre préparation au milieu des assiettes en formant de petites tourelles.

 

Servez aussitôt. 

 

 

 

 

Bon appétit,

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Trio de carottes en verrine, magret de canard séché, et vinaigrette orientale

20080107 044

Trio de carottes en verrine, magret de canard séché, et vinaigrette orientale‏

 

 

 

Contrairement à une idée très répandue, les carottes ne sont pas toutes de couleur rouge-orangé. Il existent également un bon nombre de variétés de carottes blanches, jaunes ou mauves. C'est ce que veut illustrer cette petite recette toute simple.

On pourrait croire que ces racines multicolores appartiennent à des variétés nouvelles créées spécialement pour être commercialisées afin de satisfaire un public épris d'ingrédients nouveaux et insolites. Il n'en est rien ! Ce sont des variétés anciennes améliorées et remises à l'honneur depuis quelques années. Comme leurs propriétés gustatives et diététiques sont quasiment les mêmes que celles des carottes classiques, pourquoi ne pas s'offrir le plaisir de jouer avec le contraste des couleurs ?

 

 

Ingrédients

(pour 4 verrines)

1 carotte "Orange de Colmar"
1 carotte "Jaune du Doubs"
1 carotte "Violette de Grèce" ou "Purple Haze"
16 tranches fines de magret de canard séché
4 petits coeurs d'artichauts à l'huile
qqs feuilles de persil plat (garniture)

 
Vinaigrette
 
6 c à S de jus d'orange frais
3 c à S d'huile de sésame
1/2 c à c de ras-el-hanout
Quelques brins de persil plat
Poivre

Préparation

 

Pelez et lavez les carottes.
Râpez-les.
Répartissez-les dans les verrines
Dans un bol, mettez à dissoudre le ras-el-hanout dans le jus d'orange. Bien mélanger.
Ajoutez l'huile et émulsionnez soigneusement. Ajoutez du poivre si nécessaire.
Hachez le persil plat et ajoutez le à la vinaigrette.

Assaisonnez les carottes râpées avec la vinaigrette.
Ajoutez le magret sur les carottes râpées.                            

Coupez les coeurs d'artichauts en deux et placez les moitiés sur les carottes, ainsi que 2 feuilles de persil.

Pour une bonne vinaigrette :
 
- Faites dissoudre le sel dans le vinaigre.
 
- Ne mélangez pas trop d'aromatiques différentes, car certaines saveurs peuvent "se tuer" entre elles !
 
- Réalisez-la au robot, vous éviterez le risque qu'elle ne se dissocie.
 
- Si vous utilisez vinaigre, huile et moutarde, respectez les quantités suivantes :  1/3 vinaigre, 2/3 huile et 1 c. à c. de moutarde
 
- Si vous utilisez du jus d'agrumes et de l'huile, respectez la répartition 50/50
 

La vinaigrette à l'orange s'accorde à merveille avec le goût doux des carottes anciennes

20080107 035

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