Archive pour la catégorie ‘Coups de gueule’

Guide pour un Noël sans OGM

 
OGM pas dans mons assiette
 


Greenpeace publie un guide des produits avec et sans OGM centré sur les produits symboliques des fêtes de fin d’année. Foies gras, saumons d’élevages, volailles, fromages sont passés au crible. Le marché se partage clairement entre les filières dont les animaux sont nourris aux OGM et celles qui font l’effort de les exclure : le bio, certaines AOC et labels de qualité… De nombreux fromages AOC (Cantal, Reblochon, Comté ou Gruyère) ont fait cette démarche, ainsi que de gros producteurs de volailles comme Loué. En revanche, on ne peut que regretter que des groupes comme Doux, Riches Monts ou Fauchon restent sourds aux demandes des consommateurs.

« Si pour la majorité des Français, plaisir, gastronomie et produits de qualité ne se conjuguent pas avec les OGM, ceux-ci se trouvent fréquemment dans les assiettes ! précise Rachel Dujardin de Greenpeace. Ce guide donne accès à une information qui n’est pas affichée sur les étiquettes des produits et permet ainsi au consommateur de faire le choix de la santé et de l’environnement. »

De nombreux produits symboliques des tables occidentales pendant la période de fêtes de fin d’année sont issus d’animaux nourris au soja GM. Et alors que des doutes existent sur l’innocuité des OGM sur l’alimentation des animaux, rien n’oblige les industriels à en faire mention… Les filières de qualité qui font l’effort de les exclure n’ont pas non plus la possibilité de le faire savoir sur les étiquettes. Majoritairement opposés aux OGM, les consommateurs n’ont donc pas la liberté de choisir entre des produits avec ou sans OGM et cautionnent ainsi malgré eux le développement de ces cultures dans le monde.

Pour réaliser ce guide, Greenpeace a envoyé un questionnaire aux industriels de l’agroalimentaire afin de savoir s’ils utilisent des produits élaborés à partir d’animaux nourris aux OGM. Selon leurs déclarations, ces produits sont classés dans l’une de ces trois catégories :

- Vert : le fabricant garantit ne pas utiliser de produits animaux ou issus d’animaux nourris aux OGM. De nombreux fromages AOC ont récemment décidé de ne pas utiliser d’OGM et sont passés en vert : Abondance, Cantal, Emmental de Savoie, Gruyère, Reblochon.

- Orange : le fabricant affirme avoir entamé une démarche pour exclure les OGM de l’alimentation animale, mais ne peut pas encore garantir qu’il n’en utilise plus du tout.

- Rouge : le fabricant ne certifie pas que les produits animaux ou issus d’animaux, utilisés dans la fabrication de ses produits, proviennent de bêtes nourries sans OGM. Il est à noter que les fabricants qui font des efforts ont généralement intérêt à le faire savoir. C’est pourquoi les entreprises qui n’ont pas répondu et n’ont donc pas garanti l’absence d’OGM dans leurs productions sont en rouge. Les fromageries Riches Monts, la société fromagère de la Brie ou encore les producteurs de volailles Doux et Duc (à l’exception de ses volailles certifiées) s’illustrent dans cette catégorie… On peut également s’étonner qu’un grand nom comme Fauchon ne témoigne pas non plus de la moindre préoccupation environnementale.

Greenpeace réclame un étiquetage obligatoire permettant au consommateur de savoir si les animaux ont été nourris ou pas avec des OGM.

 

Consultez la liste des produits et des marques, vous aurez des surprises en cliquant sur le lien ci-dessous :


Pas de cadeaux pour les OGM

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Puisque la Biodiversité nous veut du bien …

Biodiversité Pomone MG_3465

Une photo d'Alexandre Bibaut prise dans les jardins de Pomone

 

La biodiversité : c’est quoi au juste?


Biodiversité ! Tout le monde en parle, et pourtant sa définition reste un peu hasardeuse. C’est un néologisme apparu dès la fin des années ’80 formé par la contraction des termes « diversité
biologique
».

La biodiversité est constituée par l’ensemble des innombrables organismes vivants considérés dans leurs interactions à partir d’un support commun, le sol. Faune, flore, micro-organismes, tout ce qui vit ne se perpétue qu’en associations équilibrées avec une multitude d’autres organismes vivants.

Le sol, support de la biodiversité, est évidemment de nature variable, notamment en fonction des éléments physiques et chimiques présents à un endroit donné. Selon ses caractéristiques locales propres, il constitue un biotope particulier (par exemple : les dunes côtières, le marais, l’alpage, la forêt tropicale, la tourbière …) auquel est lié une biodiversité spécifique.Ce sont ces différents types de biodiversités spécifiques que l’on nomme biocénoses.

L’homme tient évidemment une place dans l’expression globale de vie produite par la biodiversité; il ne saurait vivre harmonieusement et durablement dans la carence ou en
l’absence de cette diversité complexe. Autrement dit, l’homme ne vit pas face à la Nature, mais dans la Nature, et il doit assumer loyalement son lien de vassalité envers elle. C’est la
condition de sa propre survie
. La recherche de développement économique nous a souvent fait perdre le sens de cette loi naturelle fondamentale.

La biodiversité est un legs biologique et culturel de dimension planétaire : elle permet une adaptibilité rapide aux inévitables modifications de l’environnement et garantit notre sécurité
alimentaire à long terme
. Pour les écologistes, elle est «patrimoine de l’humanité ».

 

biodiversite_humour

"Homo homini lupus" (Plaute, Ansinaria, II) – "L'homme est un loup pour l'homme"


Où en est-on concrètement dans le respect de la biodiversité ?

Un constat simple et rassurant s’impose, surtout en Europe : aujourd’hui, la biodiversité, envisagée sous l’angle de l’alimentation, fait l’objet d’un large consensus citoyen refusant les OGM (ou en tous cas leur banalisation) et soucieux de voir l’indispensable production agricole s’inscrire dans des limites volontaires qui préservent l’équilibre naturel et autorisent le développement durable.


La "révolution verte" : un assaut terroriste de la biodiversité

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’agriculture européenne s’est remodelée très rapidement sur le modèle ultra-performant que les libérateurs américains avaient déjà adopté
outre-Atlantique. Monocultures demesurées, moyens mécaniques titanesques, traitements intensifs des sols à l’aide de la soi-disant miraculeuse «trinité NPK» des engrais chimiques (azote, phosphore, potassium), épandages massifs et pulvérisations répétées d’innombrables pesticides à l’innocuité affirmée mais jamais démontrée. C’est ce modèle impressionnant d’agriculture que l’on a appelé la «Révolution verte»; tout y a été sacrifié au rendement économique et à la production quantitative. Résultat : après seulement deux générations d’agriculteurs adeptes de ces méthodes intensives, bien des terres arables ont vu leur biodiversité durablement anéantie et sont devenues incultes. C’est pourtant au nom du progrès scientifique que ces terres avaient été exploitées de la sorte. Un dicton plein de dépit traduit cet échec ciglant « La terre a enrichi le père pour appauvrir le fils ». Une grande proportion de terres de cultures sont passées de ce fait à la spéculation immobilière.

Ce qui est certain, c’est que la biodiversité a payé et paye encore un tribut insoutenable aux méthodes agricoles initiées par la «Révolution verte». L’essor de cette dernière correspond à une disparition accélérée de très nombreuses espèces vivantes.


OGM : un nouveau péril pour la biodiversité

Le premier légume OGM est apparu dans un laboratoire américain en 1994. C’était une tomate qui se révéla d’un goût si abominable que même les consommateurs américains, pourtant peu experts en saveurs raffinées, n’en ont pas voulu. De fait, la tomate codée « Flavr-SavrMD » (puis plus commercialement « McGregor ») avait été mise au point grâce à un gène de poisson susceptible d’empêcher que le fruit ne puisse ramollir par la dégradation (naturelle) des pectines de ses parois, ce qui en augmentait considérablement la fermeté et la conservation. Les apprentis sorciers qui, au nom du progrès, n’avaient pas pris en compte l’insurmontable goût de métal oxydé qu’elle rendrait à la « dégustation », ont connu une solide déconvenue et un échec financier considérable. Mais, il faut aussi le dire, ils ont réussi
depuis à mieux contrôler ces effets indésirables. Et les Etats-Unis ont fait de la commercialisation croissante de variétés transgéniques un char de combat économique qui part à la conquête de la monde. Nous ne pouvons pas tolérer que cette nouvelle génération de produits agricoles puisse nous être imposée à notre insu où contre notre gré !

En mai 2002, l’association écologiste Greenpeace a publié, à la demande de l’Union européenne, un document démontrant l’impossibilité pratique de faire coexister dans une même région des cultures trangéniques avec d’autres cultures, notamment parce que des contaminations génétiques étaient pratiquement inévitables.

Officiellement, il n’y a pas d’organismes génétiquement modifiés (OGM) cultivés en Europe, hormis le trop fameux maïs transgénique MON810 mis au point par la firme Monsanto. Mais la pression exercée par l’Administration et les milieux d’affaires américains sur l’Union européenne ne cesse de croître, et s’exerce simultanénément sur les plans diplomatique et économique.

Certains affirment que Nicolas Sarkozy, à la recherche de soutien international dans une course vers l’Élysée, a donné officieusement à l’administration Bush et à certains milieux d’affaires américains de solides garanties sur la politique qu’il mènerait sitôt élu en vue de faire lever le fameux moratoire de 1999 qui protège encore le consommateur européen contre l’introduction massive d’OGM dans l’Union. Effectivement, et contre l’avis d’une opinion publique majoritairement défavorable, la résistance des autorités européennes se relâche. Le disposif juridique est défaillant, et l’on peut deviner les futurs points de brèche.

Les OGM inondent déjà le marché européen de l’alimentation animale. Depuis quelques mois déjà, les produits de consommation alimentaire ne sont plus totalement exempt d’OGM.


Biodiversité - La menace pèse
La terre "planifiée" selon Monsanto, Syngenta, Bayer et consorts


Quoi qu’il en soit, remarquons simplement que, sitôt élu à la présidence, Nicolas Sarkozy a nommé au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, une certaine Christine Lagarde, brillante avocate et femme d’affaires française installée depuis plusieurs années aux États-Unis (Chicago), où elle présidait le comité exécutif du célèbre cabinet international d’avocats
d’affaires Baker&McKenzie, chargé notamment à plusieurs reprises de la défense des intérêts de grandes multinationales productrices d’OGM. Comment ne pas voir dans le «choix» du
nouveau président un gage de sa soumission aux exigences américaines ? Il est vrai que le dérapage électoral d’Alain Juppé à Bordeaux, lors des législatives du mois de juin 2007, a obligé Sarkozy à un remaniement. ministériel un mois seulement après la mise en place de son gouvernement. Si Christine Largarde a perdu ainsi le portefeuille de l’Agriculture, elle s’est aussitôt vu octroyer celui de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. Pour complaire aux visées économiques de Washington?

 

Gandhi

Le Mahatma GANDHI : "Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité"


De la perte de biodiversité aux légumes oubliés

Dans un rapport datant de 1998, les experts du FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) estimaient que 75% des variétés végétales qui entraient encore dans notre alimentation au tout début du XXème siècle étaient perdues. Ce qui revient à dire que trois légumes sur quatre ont disparu de nos assiettes en moins de cent ans.

Pour s’en convaincre, il suffit de compter le nombre de fruits et de légumes différents que propose à la vente votre supermarché. Vous constaterez que, toutes espèces et variétés confondues, ce nombre ne s’élève que très exceptionnellement jusqu'à 60, en ce compris des espèces exotiques, tels que les ananas, les bananes, les mangues … et bien d’autres. Quelle commune mesure entre ce chiffre de 60 et les 1200 variétés de salades que l’on pouvait
recenser dans les petits potagers d’avant la seconde guerre mondiale, les centaines de variétés, parfaitement rustiques, de poires, de pommes ou de prunes q ui embaumaient nos vergers, ou encore les plus de 2000 variétés fixées de tomates que perpétuaient certains jardiniers en prélevant et en conservant chaque année les graines avec soin?


Résistons : ensemble, créons des potagers

Depuis peu, dans un courant de réhabilitation de variétés potagères tombées en désuètude, un nombre croissant de personnes s’intéressent à la culture de légumes qualifiés d’«anciens » ou d’ «oubliés ». Des associations ou des entreprises spécialisées, comme « Kokopelli, Semailles, La ferme de Sainte Marthe, Biaugerme, les Graines Baumaux, … étoffent chaque année le choix des semences traditionnelles qu’ils proposent à leurs clients. Et il est donc possible à celui qui possède un petit potager, de cultiver lui-même des variétés de fruits et de légumes intéressants dont la grande distribution c’est totalement désintéressée depuis longtemps.

Pour ceux et celles qui ne disposent pas d’un potager, rappelons qu’un simple balcon permet de cultiver valablement en pots de nombreuses plantes aromatiques et quelques légumes introuvables dans le commerce. Ce type de culture «minimaliste» donne pourtant de bons résultats et peut procurer un réel sentiment de bonheur et de fierté à ceux qui s’y adonnent.

Enfin, pour ceux qui n’ont ni jardin, ni balcon, mais qui sont néanmoins soucieux de ladiversification de leur alimentation, il faut savoir qu’un nombre croissant de petits producteurs locaux vendent directement aux particuliers leurs récoltes de saison . Repérez-les, tentez de vous approvisionnez chez eux. Les prix modérés qu’ils pratiquent s’inscrivent généralement dans un rapport convivial fait de respect mutuel. Quant à la qualité alimentaire de ces ingrédients bio sans labels ni brevets, et à leurs saveurs … mmmh, qui dit mieux ?

Bien chlorophyllement vôtre !

José

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Chuuuttt ! Tout baigne dans l’huile … contaminée !

lesieur-huile-de-moteur

 Chuuuttt, Monsieur le Président ! Tout baigne dans l'huile … frelatée. N'effrayez surtout pas les consommateurs … nos actions pourraient plonger en bourse !

 

Presque à l'insu d'une majorité de consommateurs, 40.000 tonnes d'huile frelatée circulent depuis quelques mois sur le marché européen. Il s'agit d"huile de tournesol" achetée par Lesieur en Ukraine et à laquelle on avait frauduleusement ajouté de l'huile de moteur.

Cette huile, c'est la matière première d'un nombre incalculable de produits distribués sous des noms de marques connues.

La compromission des pouvoirs publics avec les milieux d'affaires n'est pas un scoop. Mais le cas de l'huile frelatée en provenance d'Ukraine en donne un nouvel exemple particulièrement choquant et révoltant, d'abord en raison de l'ampleur de l'arnaque, ensuite par les manoeuvres occultes déployées par les grands groupes alimentaires pour étouffer, sinon minimiser les conséquences en dehors de tout débat public.

Force est de constater que chaque fois que les intérêts économiques sont mis en balance avec la santé publique, le débat reste singulièrement discret, et que les premiers – avec la complicité de plus en plus systématiques des pouvoirs publics -l'emportent le plus souvent sur l'intérêt des consommateurs. Faut que ça change !

Dans cette affaire, l'information a été délibérément boycottée. La liberté de la presse est un beau principe dont la "real politik" des affaires n'a rien à cirer. Là où la presse francophone toute entière s'apprêtait à se déchaîner sur ce scandale majeur (à la suite du Canard enchaîné qui avait lancé le premier le pavé dans la mare.), il ne circule plus qu'une information discrète du niveau de celle de la rubrique des "chiens écrasés".

L'équivalent de 40.000.000 de bouteilles d'huile frelatée d'un litre circule sur le marché, et la plutocratie d'affaires entend que nous en sachions rien ou le moins possible. Ce ne saurait être qu'un simple "fait divers", bien sûr !

Puisque les plutocrates véreux des multinationales tentent de boycotter – avec la complicité des pouvoirs publics nationaux et européens - l'information démocratique à laquelle nous avons droit, pourquoi ne boycotterions nous pas, nous consommateurs, les produits de marque susceptibles de contenir de l'huile frelatée ? Voici une liste soumise à votre vigilance citoyenne :

(Source : http://hoaxbuster.com)

Les marques concernées, à boycotter d¹urgence et durablement, sont les suivantes :
 
Lesieur, bien évidemment, puisque leur avidité est à l¹origine du problème, et toutes les marques du groupe :

 

Fruit d'or – Épi d'or – Frial -  Isio 4 -  Oli - Carapelli – Saupiquet

Toutes les marques du groupe Unilever , par exemple :

Amora – Planta Fin – Maille – Knorr – Magnum – Miko

 

Les produits les plus susceptibles de contenir de l¹huile frelatée sont les suivants :

Mayonnaise
Tarama
Sauce Béarnaise
Chips
Vinaigrette allégée
Surimi
Céleri Rémoulade
Soupe de poisson en conserve
Poisson pané
Paupiettes de veau
Thon et sardines à l¹huile
Pâtes à tartiner chocolatées
Gaufrettes à la confiture
Barres céréalières et sucrées pour les enfants
Cookies

Excusez du peu, mais pensez aussi à vos enfants et informez-les !

Vous restez dubitatifs et vous aimeriez en savoir un peu plus sur le sujet ? Voici quelques liens :

 

http://boinblog.com/2008/06/23/lesieur-huile-moteur-tourn…

http://carnetsdenuit.typepad.com/carnets_de_nuit/2008/06/…

http://forum.fluctuat.net/fluctuat/politique-economie-soc…

http://liege.indymedia.org/news/2008/06/20639.php

http://raffa.grandmenage.info/

http://www.familles.com/v4/forums/forums-familiaux-huile-…

http://www.hoaxbuster.com/hoaxteam/forum_contributions.php?idForum=3152&idMess=70978

http://www.midilibre.com/articles/2008/05/15/20080515-FAI…

http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=4203

http://www.rue89.com/2008/07/28/epilogue-dans-laffaire-de…

Merci de votre compréhension et de votre participation solidaire à l'action. Faites passer le message !

José

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Le bal des hypocrites: la valse des « empoisonneurs »

Logo - vache anti-ogm
 

Le bal des hypocrites: la valse des "empoisonneurs"

Tandis que dans l'Hexagone, le groupe agrochimique Monsanto  verse des larmes de crocodile parce que le Tribunal correctionnel de Chartres vient de relaxer les 58 faucheurs volontaires d'OGM qui avaient rasé une parcelle de maïs transgénique le 18 août 2007 à Poinville (Eure-et-Loir) et a annoncé vendredi dernier qu'elle se pourvoira en appel du jugement, ma petite Belgique connaît elle aussi un épisode OGM ou Bayer Crop Science, autre monstre de l'agrochimie, se distingue sinistrement. La classe politique locale wallone semble toute disposée, sinon à étouffer l'affaire, à la ravaler au rang d'un simple fait divers et à négocier directement avec la firme responsable de juteuses indemnisations. ("Auri sacra fames!")

Monsanto, la firme US qui vassalise les chefs d'Etats pour mieux profiter des vertus de l'anarcho-libéralisme, décadenasser les quelques garanties que nous offre le Droit international et étouffer une expression démocratique gênante pour le top business mondialisé, a annoncé vendredi dernier  son "indignation" et son "incompréhension" quant à la décision de la Justice française.

Bayer, quant à elle, a exprimé sa "confusion" pour l' "erreur humaine" qui s'est produite en son sein sur une variété de colza OGM et que je vous rapporte ci-dessous. (Saperlipopette, il y a encore une fois un lampiste qui s'est trompé de sacs de colza ! C'est quoi, son prénom !!!)

Indignation, incompréhension, confusion, erreur humaine … Mais ils se moquent de nous … et à quel point ! 

S'il y a lieu d'être indigné, c'est nous, démocrates et consommateurs, qui avons les meilleures raisons de l'être. Toute cette hypocrisie dans laquelle on voudrait nous emballer, n'a d'autre but que de nous imposer les OGM par la force du fait accompli. Il ne faut pas être grand prophète pour affirmer que les erreurs humaines invoquées (elles se répètent, et ce n'est pas par hasard!) sont cyniquement délibérées dans les staffs agrochimiques et font partie de leur stratégie crapuleuse et irresponsable pour anéantir  pratiquement l'existence d'une agriculture biologique à ses côtés.

Je dois rendre un hommage particulier à la politique courageuse du commissaire européen Stavros Dimas, mais je crois, qu'en bien des régions chez nous, il est hélas! déjà trop tard pour envisager encore réalistement la coexistence de deux filières de productions agricoles. C'est dorénavant à la tête même qu'il faut combattre Monsanto, Syngenta, Bayer et toute la clique satellitaire! Ces multinationales ne supportent pas les entraves juridiques. Les  OGM , surtout en France, focalisent l'attention des citoyens depuis le Grenelle de l'Environnement. Le cadre juridique européen sur les  OGM  est désuet, laisse transparaître des compromis politico-diplomatiques de bas-étage, mais il a le mérite d'exister et nous pouvons contribuer à le renforcer dans un sens favorable aux consommateurs que nous sommes tous. Mobilisons-nous!

Hélas! La discussion sur les  OGM  n'est déjà peut-être plus qu'une diversion. Pendant que l'on palabre sur les  OGM , une nouvelle génération de produits alimentaires pénètre subrepticement le marché européen: les nano-aliments. Et pour ces derniers, il n'y a aucun cadre juridique ! Donc, le consommateur n'a droit à aucune mention ou information du producteur (s'il n'y est pas obligé par la loi, pourquoi le ferait-il!), et devra manger ce que des maîtres malfaisants et cupides de l'agroalimentaire lui tendent au prix qu'ils voudront  bien lui faire.

Derrière ces nano-aliments, Monsanto, Syngenta, Bayer … sont déjà en bonne place et entendent engranger rapidement les bénéfices colossaux des investissements qu'ils ont consenti dans les nanotechnologies.

Pour forger votre opinion personnelle, je reproduis ci-après une dépêche de l'AFP évoquant le dernier épisode Bayer en Belgique:

  

Le gouvernement belge s'est ému de la découverte de quinze parcelles de colza contaminées par des OGM interdits en Europe. Les champs appartiennent à Bayer Crop qui parle d'une "erreur humaine".

Mardi 03 juin 2008

Quinze parcelles de colza de la société Bayer Crop Science ont été contaminées en Belgique par des OGM (organismes génétiquement modifiés) non autorisés en Europe, a annoncé mardi le ministère belge de la Santé publique.

"Cette contamination est inadmissible", s'est insurgé mardi soir le ministre wallon de l'Agriculture et de l'environnement Benoît Lutgen dans un communiqué.

"Il s'agit d'une nouvelle preuve du caractère incontrôlable des cultures d'OGM et de leur mise sur le marché", a ajouté M. Lutgen.

Le ministre wallon –l'agriculture est régionalisée en Belgique– a annoncé son intention "d'utiliser toutes les voies possibles pour exiger de réelles mesures réparatrices de la part de Bayer et de faire appliquer strictement le principe +pollueur-payeur+".

La société Bayer, spécialisée notamment dans l'amélioration des cultures, a elle-même informé les autorités belges de cette contamination, qui s'est produite lors de la réalisation le 6 mai d'un semis de colza conventionnel, selon un communiqué du ministère.

"Le lot de semences conventionnelles a été contaminé par 5% de colza OGM", précise le texte. Une enquête provisoire faite par la multinationale indique que cette contamination a pour origine une "erreur humaine".

Les champs où Bayer Crop Science fait les essais en question sont situés sur quatre sites en Wallonie (sud de la Belgique) et en Flandre (nord). Quinze "mini-parcelles" ont été ensemencées avec le lot contaminé.

La société a pris "diverses mesures pour empêcher la dissémination des OGM non autorisés", telles que l'arrachage et la destruction des jeunes plants.

Selon le communiqué, les plantes étaient toujours au stade végétatif au moment de leur destruction et n'avaient donc pas encore eu le temps de fleurir ni de produire de graines. Pour éviter les repousses de colza, éventuellement génétiquement modifiées, les parcelles resteront sous contrôles pendant plusieurs années.

Le ministère va informer la Commission européenne et les autres Etats membres de la situation et des mesures prises.

Bien chlorophyllement vôtre,

José

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L’écologie politique !? L’espoir d’une assiette saine ?

Logo - Ecologie politique Cohn-Bendit

 

L'écologie politique, le meilleur de l'héritage politique de mai 68 ?

Grande conférence écologique

 Jeudi 4 juin à 20h30

En 2008 comme en 1968, nous voulons encore construire une société où l’émancipation de chacun est la condition de l’émancipation de tous. Aujourd’hui, ce projet toujours révolutionnaire passe moins que jamais par la confiscation du pouvoir de tous au profit de l’intérêt de quelques-uns, mais par la participation du plus grand nombre des habitants de la Terre à la mise en place d’une société écologique. S’il faut aujourd’hui oublier 68, c’est pour creuser une nouvelle brèche dans le mur de l’avenir. En refaisant le plein de l’énergie optimiste du commencement d’il y a quarante ans…

Par Dany Cohn-Bendit, co-président du Groupe des Verts au Parlement européen et co-fondateur du mouvement du 22 mars (1968).

Avec Josy Dubié et José Daras, sénateurs Ecolo, Benoit Lechat, étopia

Animé par Christophe Derenne, étopia

Lieu : Auditoire Janson (ULB – Université Libre de Bruxelles)

Organisée par     

Logo - etopia

 

 

Pour toutes réactions : christophe.derenne@etopia.be, directeur 
Tout est téléchargeable sur www.etopia.be
étopia centre d'animation et de recherche en écologie politique 52 av. de Marlagne   B-5000 Namur
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Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Des OGM ?

Marre des laquais de l'OMC qui veulent nous berner encore … 

S'ils pensent que leur volonté nous servira de raison, nous leur montreront qu'ils se trompent et leur donnerons des leçons de saine démocratie …

Méfiez-vous de vos élus. Plusieurs d'entre-eux ont des comportements suspects de ces jours-ci. Votre bien-être n'est pas nécessairement leur première préoccupation. Ils sont trop nombreux à avoir sollicité vos voix et à ne pas entendre ce que vous exprimez dans la plus large majorité.

Bien chlorophyllement vôtre,

José

 

Greenpeace France informe :

« Le législateur ne s'est toujours pas prononcé sur la nature du sans OGM, s'indigne Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. On sait ce qu'est une culture OGM, mais l'on ne sait toujours pas clairement ce qu'est une culture sans OGM. C'est un comble pour une loi dont l'objectif, tout au moins si l'on se fie à la directive 2001/18, devrait en être la protection ! La position du Gouvernement sur cette définition cruciale reste dramatiquement floue. »

Dans ce contexte, Greenpeace ne peut se réjouir des amendements adoptés ces derniers jours. La disposition qui limitait la liberté d'expression des membres d'un futur Haut Conseil des biotechnologies avait été ajoutée en février par la frange la plus conservatrice des sénateurs. Sa suppression tient donc du minimum syndical.

Quant à l'amendement qui dispose que les parcs naturels "peuvent" exclure la culture d'OGM, "avec l'accord unanime des exploitants agricoles concernés", et "sous réserve que cette possibilité soit prévue par leur charte", il constitue une véritable supercherie, l'unanimité étant évidemment impossible à atteindre. Il suffit d'un agriculteur, que les promoteurs des OGM n'auront sans doute aucun mal à convaincre, pour saboter toute tentative de protection des espaces naturels.

Par ailleurs, l'amendement indiquant que les organismes de gestion des filières de qualité (comme les AOC) peuvent demander à l'autorité administrative des mesures plus contraignantes pour se protéger des OGM n'est guère plus convaincant : il n'indique pas que l'autorité administrative doive réagir à ces demandes des labels de qualité, ni comment. Il s'agit d'un amendement de façade destiné à faire croire aux français que les députés veulent préserver les filières de qualité, mais sans rien imposer pour y parvenir.

« Globalement, les amendements adoptés ont tout l'air de pilules destinées à faire digérer aux citoyens un texte fondamentalement inacceptable compte tenu de leurs préoccupations et des risques potentiels des OGM », ajoute Arnaud Apoteker.

Le refus des amendements sur l'étiquetage des produits issus d'animaux nourris aux OGM et celui d'indiquer clairement que les dossiers d'évaluation environnementale et sanitaire ne peuvent en aucun cas rester confidentiels montrent que l'intention des députés UMP, à l'opposé des principes professés par le gouvernement et du Grenelle, est bien d'imposer les OGM partout et en cachette.

Un seul amendement de protection
Jusqu'alors les seuls amendements intéressants l'ont été à l'article 1 du projet : il s'agit du 252 permettant la protection des filières de qualité sans OGM et de son corollaire le 112. Il est à craindre que les amendements « cosmétiques » adoptés par l'Assemblée nationale permettent de légitimer au Sénat ou en seconde lecture à l'Assemblée l'abandon du 252, dont les objectifs– dont la pérennité des AOC françaises- sont pourtant si évidents que l'on ne voit pas bien pourquoi la majorité UMP pourrait se permettre de les contester.

C'est pourtant bien au contraire l'ensemble du texte qui aurait du être mis en conformité avec les principes de précaution et de protection du sans OGM portés par l'amendement 252. Sa remise en cause au Sénat la semaine prochaine tiendrait de l'irresponsabilité la plus totale et illustrerait une fois de plus la collusion entre certains élus UMP et les firmes semencières et biotechnologiques.

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Alerte malbouffe: la « NANO », pire encore que les OGM !?

Dans un billet récent intitulé "Manger Nano, ça vous tente ?", j'avais souhaité attirer votre attention sur les nouvelles applications des nanotechnologies dans le domaine alimentaire. A l'origine de l'indignation que je voulais vous faire partager, il y a eu le rapport effrayant publié l'avant- veille (11 mars 2008) par l'organisation écologiste des "Amis de la terre-Europe".

Afin de vous permettre de vous faire votre propre opinion, j'avais relayé l'article bien documenté d'Yvonne Rappo, enseignante spécialisée dans l'étude du commerce de détail et des produits alimentaires. Ceux d'entre vous qui le souhaitent pourront (re)découvrir ces informations en cliquant sur le lien ci-après:

http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/5652718/manger-nano-ca-vous-tente-

La publication du rapport fait des vagues et embarrasse déjà beaucoup certains milieux politico-financiers, qui craignent un nouvelle fois des mouvements d'opinion susceptibles de contrarier leur programmation unilatérale des enjeux économiques. Parmi les grands manipulateurs internationaux agissant dans ces sphères politico-financières, certains restent encore très traumatisés par les revers imprévus que les consommateurs leur ont infligés à la suite de divers scandales, tels ceux de l' "amiante", du "nuage de Tchernobyl", de la "vache folle" ou différentes affaires liées à la problématique des OGM. (Je pense aux multiples affaires odieuses mettant en cause Monsanto, Syngenta, Bayer, DuPontet leurs sociétés satellites aux quatre coins du monde.) Résolument pas démocrates, ils ont singulièrement la trouille que les décisions qu'ils ont prises en conciliabules secrets et consignées dans des agendas cachés soient une nouvelle fois contrariées, et de perdre (ne serait-ce qu'un temps seulement!) le contrôle de la situation. Ah, les insolents que nous sommes, nous milliards de consommateurs, à vouloir nous réapproprier notre alimentation, parce que quelques poignées de leaders "superfriqués" du secteur agroalimentaire ne méritent pas du tout notre confiance !

Mais revenons aux nanoaliments ! Bien que j'aie généralement horreur de la polémique, je crois sincèrement devoir attirer l'attention du maximum de gens dont la probité morale et intellectuelle ne doit pas être mise en cause (heureusement, la grande majorité des êtres humains!) sur la nouvelle dérive alimentaire qui se met en place. Loin de moi l'idée de rejeter d'emblée et sans nuances la percée scientifique intéressante que constituent les nanotechnologies. Mais je crois socialement de mon devoir de crier haut et fort que l'usage que les grandes marques de l'agroalimentaire voudraient en faire est intolérable et d'agir en conséquence! La volonté occulte et malsaine d'une poignée de "mégamarchands" ne doit pas nécessairement nous servir de raison collective. Nous ne sommes pas des moutons de Panurge, et devons le prouver.

Pendant que nous avons les yeux fixés sur les débats (médiatisés du post-Grenelle) relatifs aux OGM,  pour lesquels une cadre juridique existe, nous consommons déjà – en dehors de tout cadre légal et d'obligation faite au fabricant d'informer le consommateur – des produits alimentaires "nano" dont l'impact sur notre santé pourrait se révéler plus directement dangereux que les OGM eux-mêmes. D'où la question que nous devrions nous poser : ne sommes nous pas en retard d'un combat ? Le débat sur les OGM n'est-il pas plutôt une diversion qu'un véritable débat de fond ? OGM  et NANO = mêmes promoteurs financiers !

Dans cette problématique, je vous propose de relayer un nouvel article, sur lequel j'attends vos réactions avec le plus grand intérêt. Il a été publié hier, 24 mars 2008, sur le site de défense de l'environnement Univers-Nature, et est dû à la plume (ou plus vraisemblablement au clavier!) de Cécile Cassier. Pour retrouver le contexte original, cliquez sur :

 

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3044 

 

La nanotechnologie : face cachée de l’industrie agro-alimentaire

  

Que savons-nous réellement des produits que nous consommons quotidiennement ? C’est la question que soulèvent les récents travaux de l’organisation écologique les « Amis de la Terre Europe ». En effet, un récent rapport, publié par l’association le 11 mars dernier, a révélé la présence de particules nanométriques dans certains aliments, conditionnements et autres produits disponibles en grande surface. Une précédente enquête avait déjà dénoncé l’utilisation de ces matériaux dans les produits cosmétiques.

Concrètement, la nanotechnologie consiste à modifier la matière au niveau de l’atome et des molécules. Couvrant ainsi un vaste champ d’applications, cette science est aujourd’hui mise à profit dans l’ensemble des domaines industriels et technologiques. De nature diverse, elle se décline sous de nombreuses formes telles que le métal, la céramique ou le polymère (1).

Particulièrement appréciée de la grande distribution, elle offre le net avantage de prolonger la vie en rayons des aliments emballés. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’elle participe à la composition d’emballages, de films plastiques alimentaires, de récipients, ou encore de compléments nutritifs. La transformation de la viande recourt elle aussi à la manipulation par nanotechnologie.
La filière alimentaire n’est pas la seule demandeuse de nanomatériaux. Ils foisonnent également dans le secteur agricole, principalement employés pour améliorer les performances des pesticides.
Au final, 104 produits actuellement commercialisés en Europe auraient ainsi été dépistés positifs par l’enquête récemment parue, ces mêmes produits étant vendus à plusieurs centaines d’exemplaires à travers le monde.

Pourtant, bien que ces denrées soient distribuées chaque jour à grande échelle, les experts scientifiques sont toujours dans l’incapacité d’évaluer le taux de toxicité des microtechnologies assimilées. De par leur facilité à pénétrer notre organisme, elles peuvent perturber notre système immunitaire et provoquer des effets pathologiques à long terme. Mais nos connaissances sur la question s’arrêtent là, et on ignore dans quelle mesure une exposition prolongée à ces nanotechnologies serait nuisible pour l’homme.

Expérimental, ce dossier n’a pas pour vocation de lister avec exactitude les risques encourus lors de l’absorption de nanoparticules. Son objectif est d’attirer l’attention des consommateurs sur une incohérence dont les effets pourraient s’avérer néfastes pour la santé. L’autre ambition de ce rapport est de susciter une réaction auprès des dirigeants européens, afin que ceux-ci mettent en place une législation stricte, « basée sur un principe de précaution ».

Cécile Cassier

1- Un polymère est une substance généralement organique ou semi-organique, se caractérisant par une masse moléculaire élevée.
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Bon, propre et juste … Défi à la « malbouffe »

Petrini Carlo, Président mondial de SLOW fOOD
Carlo Petrini

Aux côtés de notre présidente Malika et de tous nos amis de "Karikol" (le convivium SLOW FOOD bruxellois), Anne et moi nous réjouissons de la venue à Bruxelles, mercredi en huit, du sociologue italien Carlo Petrini, fondateur du mouvement mondial auquel nous adhérons, et pourfendeur éclairé de la malbouffe ambiante.

Invitation est chaleureusement lancée à tous ceux qui, non seulement se préoccupent du contenu de leur assiette, mais encore, souhaitent découvrir des alternatives bonnes, propres et justes pour leur approvisionnement alimentaire, de participer à cette conférence exceptionnelle. Le débat : Quel type de consommation devons nous adopter pour manger enfin …

 

Bon, propre et juste

Une éthique gastronomique au service de la souveraineté alimentaire

 

 

 

par Carlo Petrini,

fondateur et président de Slow Food, exceptionnellement à Bruxelles

 

Mercredi 9 avril  à 20h

 

Auditoire 1,  Facultés Universitaires Saint-Louis

 

43 Boulevard du Jardin botanique – 1000 Bruxelles –

Métro Rogier ou Botanique

Tram 92 arrêt Botanique

 

 

5 euros

Etudiants, sans emplois: gratuit

 

 

 

 

 

 

 

Révolutionner la gastronomie ?

Au-delà des préoccupations du « manger bien, manger mieux », c'est l'idée même de gastronomie que Carlo Petrini entend révolutionner.

 
LIRE LA SUITE SUR
 

http://karikol-slowfoodbruxelles.skynetblogs.be/post/5710…

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OGM: Mon coup de gueule de la Saint-Nicolas

 
OGM j'en veux pas


 
 

 

Vous le savez, Anne et moi militons en faveur de la protection et la promotion de la biodiversité alimentaire. Dans ce combat, je n’ai encore fait, sur ce jeune blog, que quelques rares allusions aux OGM (cf. mes premiers posts, début du mois de novembre 2007).   

 

Sur cette problématique particulière de la plus haute importance, nous constituons cependant depuis des années un dossier qui a pris des proportions énormes. A nous deux, qui ne sommes pas des scientifiques, il est difficile de gérer autant d’informations et de désinformations de manière à pouvoir en tirer des conclusions indépendantes avec toute la probité morale et intellectuelle convenable. Rien ne nous fera pourtant renoncer à poursuivre notre propre information et à la partager…   

 

Nous refusons d’emblée que la volonté de quelques plutocrates à l'humanisme plus que douteux veuille nous servir de raison collective.

 

En matière d’introduction ou non d’OGM en Europe, l’application du principe de précaution nous paraît  la mesure la plus minimaliste à respecter absolument. Cette notion fait désormais partie du Droit international, mais est fort peu et très mal répercutée dans la pratique. 

 

Anne et moi resterons dès à présent très attentifs aux opinions de ceux d’entre vous qui partagent nos préoccupations et veulent … RÉAGIR . Nous sollicitons grandement vos réactions personnelles pour enrichir nos réflexions dans un débat constructif.  

 

Les grossières manipulations de l’opinion, les fourberies du discours politique, les pressions, les retournements de situation que nous constatons nous excèdent au plus au point.  

 

Alerte, alerte, alerte !!!

 

Je l’ai écrit souvent et je le répète, tout est mis en œuvre pour que nous consommions, partout en Europe et dans le monde, des OGM contre notre gré et à notre insu.

 

Des produits transgéniques américains interdits en Europe ont déjà été introduits dans l’Union l’année dernière, laquelle a mis plusieurs mois, non pas à s’en apercevoir, mais à l’admettre officiellement.

 

Réaction aux States : Oh sorry … simple erreur à l’embarquement! Un maïs vaut bien l’autre, non ! On vous fera une ristourne et on en parle plus …Surtout ne pas paniquer l’opinion, c’est malsain. 

 

Vous y croyez, vous !  Par respect pour cette planète que nous empruntons à nos enfants – comme l’a écrit joliment Saint-Exupéry – cessons de nous comporter en moutons de Panurge et bousculons un peu nos bergers malveillants et/ou incompétents. Réagissons … pour nos enfants ! 

 

L’Union européenne, embarrassée, divisée et sans cesse harcelée par l’administration nord-américaine, l’OMC et les lobbyistes véreux stipendiés par quelques grandes multinationales cède du terrain. Le président Bush, ce champion de la démocratie, se fout de nos états d’âme … « Ils boufferont ce que mes ‘ amis’ veulent qu’ils bouffent. »  

 

Certains d’entre nous auront certainement suivi cet automne le « Grenelle de l’environnement » en France, et peut-être l’ont-ils vécu comme nous, en passant d’un grand sceptisme au départ à un véritable espoir concrétisé dans un discours de clôture mémorable prononcé par le président Sarkozy en personne. (Soit dit en passant, il a soufflé médiatiquement, au dernier moment, le résultat obtenu à grand peine par le pauvre Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, de l'Environnement et du Développement durables, qu’il avait laissé se « démerder » sur les sujets les plus délicats pendant plusieurs semaines au sein d'une assemblée échaudée. 

 

Si vous aussi, vous avez ressenti à ce moment un espoir de changement de ligne politique envers les OGM, oubliez tout ! Vous avez été aussi naïfs que nous.

Le gouvernement Sarkozy – ce Nicolas pas saint du tout et passablement démagogue qui a « compris ce que veulent les Français » (lesquels et combien ?) retourne doucement sa veste avec un maximum de discrétion. Il a manifestement été rappelé à l’ordre par ses puissants commanditaires d’Outre-Atlantique, dont l’agent le plus avancé au sein de son gouvernement est Christine Lagarde, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi. (C’est elle qui a contribué à la ‘démission spontanée’ d’Alain Juppé, éphémère ‘super ministre de l’écologie’ qui tentait d’échapper aux injonctions de Washington et des milieux d’affaires américains pour mieux rencontrer les aspirations de la majorité des Français.)

 

Pour vous permettre de juger vous-même de la nouvelle trahison qui se prépare, voici le communiqué publié par Greenpeace en ce jour de fête de saint Nicolas :

 

Paris, France — Le 06/12/07. Suite à la remise en cause par le gouvernement de la décision du Grenelle d'activer au niveau européen la clause de sauvegarde sur la culture du maïs MON810, décision sur laquelle s'étaient pourtant engagés le président de la République, le ministre d'Etat et la secrétaire d'Etat, les associations de l'Alliance pour la planète suspendent officiellement leur participation au processus de suivi du Grenelle tant que le dispositif de suivi à cinq collèges n'est pas rétabli. L'Alliance demande au Ministre d'Etat Jean-Louis Borloo d'organiser en urgence une réunion du groupe de contact inter collèges et de stopper un processus opaque et unilatéral qui sape les résultats du Grenelle. Pour rappel, le président de la République lui-même s'était engagé lors de son discours de clôture du Grenelle sur la poursuite de ce qu'il appelait « le dialogue à cinq » : « Le Grenelle n'est pas une fin, c'est un commencement. Et nous allons confier « aux cinq » le suivi de ce qui a été décidé en commun ».

« Déchets, forêts, publicité, éco-pastille, OGM… les premières mesures de suivi et de mise en œuvre du Grenelle conduisent à une remise en cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines. Ce résultat est évidemment lié au processus unilatéral choisi à ce stade par le gouvernement » déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole de l'Alliance pour la planète.

Ces dernières semaines, la plupart des participants au Grenelle ont demandé avec force et insistance au gouvernement d'associer des représentants des différents collèges à la phase de suivi, conformément aux étapes précédentes du Grenelle et aux assurances formelles données par le président de la République. En vain !

« L'Alliance demande au président de la République et au ministre d'Etat de remettre en marche la dynamique de travail collective et ainsi de restaurer la confiance » ajoute Yannick Jadot.  

 

(Communiqué Greenpeace France)  

 

(Pour un contexte élargi, suivez le lien ci-après) http://www.greenpeace.org/france/news/l-alliance-pour-la-planete-sus 

 

 

 

Bien chlorophyllement vôtre, 

 

José

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Biodiversité, Potager et légumes anciens

Merci de votre intérêt pour les légumes oubliés et notre site internet. C'est vrai que le consommateur n'est pas gâté en légumes dans la grande distribution. Encore faut-il qu'il en prenne comparativement conscience et qu'il veuille sortir des "autoroutes à péage" de la consommation pour arpenter les sentiers d'une alimentation plus agréable, plus variée, plus saine et aussi plus durable . Serrons-nous la main et contribuons, chacun à notre manière, à changer progressivement les choses. Marre de la malbouffe !!! 


Le témoignage qu'Anne et moi souhaitons vous apporter  est celui de deux jardiniers amateurs,  collectionneurs et cultivateurs de nombreuses variétés de légumes anciens. Face à un milieu naturel en péril, face à une biodiversité qui se perd avec une amplification géométrique, face au problème de la faim dans le monde – qui disons le en passant, n’est pas le résultat d’un capacité insuffisante à produire, mais bien d'une mauvaise répartition -, nous sommes soucieux de vous faire partager nos réflexions, nos expériences, nos connaissances et aussi … nos révoltes et nos espérances. Ni Anne ni moi n’avons un parcours professionnel qui aurait pu nous laisser supposer le moins du monde l’importance primordiale que nous allions attacher un jour à cultiver amoureusement nos potagers, à récolter nos légumes et préparer de petits plats sains et savoureux avec des ingrédients hors commerce.  Pour mieux nous comprendre, il est peut-être utile de situer quelques notions :

 

·              Biodiversité

En bref, la biodiversité c’est quoi ? La biodiversité, c’est l’ensemble de toutes les formes de vie présentes en même temps sur un support  commun : le sol. Chaque sol est constitué :

1.      d’une part, par un ensemble d’éléments chimiques et physique  (eau, minéraux, lumière …) qui forment un biotope.

2.      d’autre part, par une multitude d’organismes vivants (faune, flore, micro-organismes) qui vont s’installer évolutivement. Cette expression globale de vie, où la moindre cellule a un rôle à jouer, s’appelle biocénose.


Une biocénose  +  un biotope constituent ensemble un écosystème

L’écosystème se développe évolutivement. Toutes les formes de vie qu’il contient – animale, végétale, bactérienne – s’y développent de manière dépendante entre elles. Chaque cellule vivante  n’existe que dans des processus multiples d’interaction avec toutes les autres. Elle vit par les autres, pour les autres et avec les autres.

  

·              Perte de biodiversité

L’emprise de l’activité humaine sur le milieu naturel – particulièrement son activité économique – s’amplifie  géométriquement et a franchi en quelques décennies des seuils insoutenables de consommation des ressources naturelles. En refusant implicitement d’assumer ses liens de vassalité avec la nature, – c’est à dire en épuisant plus rapidement les ressources naturelles que la nature peut les reconstituer – l’homme s’engage dans une impasse et compromet inconsidérément les conditions de survie de sa propre espèce !!! Autrement dit, celle de ses propres enfants …

 

·               La perte de biodiversité dans notre alimentation 

Un premier constat : dans les ressources alimentaires potentielles que nous offre la nature,  c’est une minuscule proportion de végétaux qui servent à notre nourriture. 


Quelques chiffres : 
1.      Les spécialistes ont pourtant recencé plus de 80.000 plantes comestibles.

2.      Sur ces 80.000 plantes comestibles, environ 7.000 ont été cultivées dans l’histoire de l’humanité.

3.      Encore 150 sont effectivement cultivées : ( 0,1875 % !!! )

4.      Et sur les 150 espèces cultivées, 15 espèces seulement produisent 90% de la nourriture.

5.      Parmi ces 15 espèces, 3 seulement (le blé, le riz et le maïs) trustent les 2/3 de la production alimentaire.


Faut-il commenter de tels chiffres pour convenir de la fabuleuse biodiversité agroalimentaire dont nous pourrions disposer et l’abusive consommation que nous faisons de quelques rares espèces seulement ? Ces monocultures intensives sont fragiles et sensibles à des perturbations de l’environnement. En cas de problème (comme une épidémie), le risque est grand de voir ces cultures dévastées et provoquer ainsi des famines. Une culture plus extensive prenant en compte un grand nombre d’espèces permet de diminuer ce risque.Ce qui est aberrant, c’est que le nombre d’espèces cultivées, déjà presque insignifiant, s’est encore restreint de façon alarmante en quelques décennies. 

 

·              Les causes de la perte de biodiversité

Quelles sont les causes de cette perte de biodiversité alimentaire ? Dans les ouvrages spécialisés, on lit généralement des causes formulées approximativement comme suit :


  • la dégradation et la perte des habitats
  • l’introduction d’espèces étrangères
  • les pollutions, dont le réchauffement de la planète et le trou dans la couche d’ozone sont les conséquences
  • l'exploitation directe des espèces sauvages      


Loin de moi l’idée de rejeter le bien-fondé de ce genre de formulations, somme toute fort théoriques, pour expliquer le recul de la biodiversité. Mais je voudrais vous faire découvrir ces causes d’une manière plus immédiatement sensible.

N’y allons pas par quatre chemins ! La cause principale et  première de la perte de biodiversité, c’est l’homme lui-même, surtout l’homme considéré dans son activité économique. Cet homme là, cet « homo economicus », est la créature la plus directement nuisible à la Nature en général. Son emprise sur le milieu naturel est totalement déséquilibrée, insoutenable dans le temps. C’est paradoxal, si en considération de ce que je viens d'écrire plus haut à propos de la biocénose, il doit nécessairement exister un lien de vassalité entre l’homme et la Nature, à laquelle il appartient. Je le redis et j’insiste, c’est la condition de sa propre survie. Pour l’ « homo economicus » (j’emploie ces termes par ironie, dérision, mais aussi amertume), tout se raisonne en terme de rentabilité financière à court et à moyen terme. Quand il s’agit de produire des fruits et des légumes, les dirigeants de quelques grandes multinationales s’arrogent tous les moyens pour régenter à leur profit une agriculture mondialisée. Ces gens là n’éprouvent aucune émotion nostalgique lorsque l’on évoque les petits jardins potagers de leurs grands-parents.  Pour ces chasseurs de gain par « rationalisation », si dans une gamme de légumes il  existe 100 variétés différentes pour satisfaire une demande du marché,  une seule devra être retenue pour la commercialisation : « la plus rentable ». Tant pis pour les 99 autres, pour leurs propriétés intrinsèques éventuellement supérieures. Au diable cette diversité. Et tant pis si, faute de semailles, leurs graines auront totalement disparus dans quelques années. Dans une telle logique, la disparition de variétés est inévitable.


·              Deux mécanismes économiques de la perte de biodiversité : la « révolution verte » et la course aux OGM


1.       La révolution ver te   

 

Après la seconde guerre mondiale se met en place une système de production intensive, à hauts rendements accélérés, que l’on appelle conventionnellement la « Révolution Verte ».  Pour esquisser cette Révolution verte, cinq gros traits suffisent : 

 

   

  • Monoculture

  • Haut rendement

  • Engrais chimiques

  • Pesticides

  • Mécanisation

Elle désigne le formidable bond technologique réalisé en agriculture pendant la période 1944-1970, suite aux progrès scientifiques et à la croissance économique de l’après-guerre. De nouvelles méthodes de culture sont apparues en même temps que de nouvelles variétés à haut rendement, notamment dans les  céréales (je pense au blé,  au maïs ou au  riz). Les  engrais minéraux, les produits  phytosanitaires, la mécanisation, l’irrigation ont aussi contribué à ce changement radical. Cette révolution a bien eu pour conséquence un accroissement spectaculaire de la productivité agricole, et a sans doute permis d'éviter des famines catastrophiques, qui auraient été la conséquence naturelle d’un accroissement exponantiel sans  précédent de la population mondiale depuis le début des années 1950.  Mais cette « révolution » a aussi eu des conséquences beaucoup moins souhaitables, dont nous devons payer la note aujourd’hui . Non seulement, en l’espace temps de deux générations, une machiavélique « trinité » d’engrais chimiques NPK (Azote, Phosphore, Potassium …) a appauvri jusqu’à les anéantir d’immenses étendues de terres arables, mais a encore causé de profonds bouleversements culturels et sociaux, notamment (mais non exhaustivement) : 

  • exode rural massif

  • déperdition du savoir traditionnel agricole

  • elle a par ailleurs été justement accusée de contribuer à réduire la biodiversité et de  placer les agriculteurs sous la dépendance de l'industrie agro-pharmaceutique

Le marché mondial des semences est, depuis les années ’50, un enjeu économique colossal. De gigantesques multinationales  investissent dans la sélection naturelle des espèces végétales massivement commerçables, et les graines que nous trouvons dans nos jardineries sont le plus souvent des produits hybrides de première génération. (Ce sont eux que l’on appelle Hybride F1, des variétés de luxe sensées être superperformantes et résistantes aux maladies).  Il ne faut pas se tromper de cible. L’hybridation, en soi, n’est pas forcément une nuisance. Elle est pratiquée par l’homme depuis des milliers d’années, comme l’attestent quelques figues fossiles découvertes l’année dernière sur un site néolithique israélien l’année dernière. Il s’agit de fruits d’une variété parthénocarpique (c’est à dire, qui se développe sans pollinisation et dont les graines sont stériles), impliquant donc nécessairement une intervention humaine il y a plus de 11.000 ans. (Cette découverte repousse d’ailleurs de plus d’un millénaire l’origine de l’agriculture dans l’histoire de l’humanité.)


Par contre, en utilisant des semences hybrides F1, telles celles que nous proposent aujourd’hui majoritairement le commerce spécialisé, le jardinier perd la possibilité de reproduire la variété qu’il a cultivée avec des graines de sa propre récolte. En effet, les graines d’une variétés F1, hybrides de première génération, si elles ne sont pas stériles, reproduisent de façon  aléatoire les caractères de leurs lignées parentes. Ce qui donnerait, pour une même variété, des plants totalement différents.  Les semences hybrides F1 sont chères, surtout pour les paysans des pays en voie de développement, et le cultivateur devra les racheter chaque année dans la filière commerciale, ce qui est bien entendu l’effet souhaité et organisé par les grands semenciers qui les produisent. Cet aspect, qui peut paraître accessoire chez nous, a pourtant profondément bouleversé – socialement et économiquement – la classe agraire de plusieurs pays en voie de développement, l’Inde notamment.  

Plus fort encore dans la technique du « client captif »! Toujours pour obliger paysans et jardiniers à se réapprovisionner en semences dans le circuit commercial, les semenciers ont développé des brevets appelé sinistrement « Terminator » (il en existerait une soixantaine à ce jour), dont la particularité est de rendre stériles toutes les graines de la récolte. Il faut donc chaque fois « repasser à la caisse ».  


2.            La course aux OGM   

Depuis les années 1980, un autre danger nous guette : en travaillant sur l’ADN, les chercheurs en biologie moléculaire ont mis au point des techniques autorisant la fabrication d’organismes génétiquement modifiés : les fameux OGM.   


Le premier problème que posent les OGM est d’ordre éthique. En effet, la capacité de modifier et transférer du matériel génétique d’une variété à l’autre ne se limitent plus aux seules  plantes entre elles. Le génie génétique permet de combiner en une seule nouvelle variété des caractères nouveaux  provenant aussi bien de plantes, que d’animaux ou de micro-organismes.  C’est ainsi que, par exemple, la recherche a pu produire en laboratoire  des souris … fluorescentes !!!   


Le second problème posé par les OGM est d’ordre sanitaire. En ce domaine, et sauf surprise scientifique, on serait bien en mal de prouver que les OGM pourraient nuire davantage à notre santé que les résidus de pesticides, les traces de dioxines et les additifs alimentaires que nous absorbons chaque jour à notre insu. 


Le troisième problème posé par les OGM, et à mon avis le danger le plus grave et le plus réel, est celui de leur impact sur la biodiversité, notamment par le risque de diffusion de manière incontrôlable des gènes dont ils sont porteurs. A ce propos, un étude scientifique initiée par le gouvernement anglais, et s’étendant sur 5 années, a été rendue publique le 21 mars 2005. L’évaluation de l’impact des OGM (betterave, maïs, colza) résistants aux herbicides, a laissé un bilan sans appel : telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, la culture de variétés transgéniques conduit à un l’appauvrissement très significatif de la faune et de la flore 

Quant aux risques effectifs de dissémination des OGM, j’ajouterai que la même étude à pu constater des traces de pollen de plants génétiquement modifiés à plus de 300 km de leur point de culture. On est sidéré lorsque l'on sait qu'en France on voudrait séparer les cultures traditionnelles et les cultures transgéniques par une zone de 50 … mètres.

Il ne m'appartient pas de conclure dans le grand débat de société en cours sur les OGM. Mais je vis et j’agis selon mes convictions; et je puis vous assurer n’avoir jamais pu déceler un seul véritable avantage pour le consommateur dans la culture des OGM.  Du reste, avec ou sans biotechnologies, les méthodes agroalimentaires dominantes et les plus profitables aujourd’hui  – en dollars , bien entendu ! – mettent non seulement la planète en danger, mais nous « éduquent », que dis-je, nous « dressent », malgré nous à la malbouffe.

D’une manière générale, il faut bien constater que nos grandes filières commerciales d’approvisionnement agroalimentaire ne sont pas vraiment désireuses de nous offrir avant tout des produits sains et savoureux. La malbouffe est galopante, notre culture du goût fout le camp. Dans la consommation des légumes,  il y a, depuis plus de cinquante ans, un conflit d’intérêt évident entre l’enjeu sanitaire et l’enjeu économique.

Nous en sommes là ! Le choix si réduit de légumes qui nous est proposé aujourd’hui, risque encore de se restreindre si nous ne réagissons pas en tant que consommateurs avertis.  La demande crée l’offre, et les consommateurs – par des comportements responsables et solidaires – peuvent disposer d’un réel pouvoir collectif sur l’assortiment commercial.  

·              Que faire ? Comment réagir ?

Sachons résister ! Cherchons des approvisionnements alternatifs et de proximité pour notre alimentation. Ils existent. Une multitude de petites entreprises et d’initiatives sont nées ces dernières années, expression de la prise de conscience et du raz-le-bol des consommateurs. Elles sont des centaines de milliers dans le monde, et même si elles ne font pas le poids devant une petite dizaine de multinationales, savez-vous qu’en Belgique et en France notamment le marché des produits bio est revenu à plus de 30 % dans l’alimentation ?   


·              Une alternative en faveur de la biodiversité : la réhabilitation des potagers  

Beaucoup d’entre nous possèdent un jardin. Face à la situation que nous dénonçons, et bien cela puisse paraître trop peu conventionnel à certains, il est parfaitement concevable de sacrifier un partie de cette pelouse que l’on doit entretenir chaque semaine et d’aménager un petit potager. De même, quelques arbres ou arbustes fruitiers ne peuvent-ils remplacer avantageusement quelques haies de conifères trop nombreux qui assèchent, épuisent et acidifient indûment le sol ? Quelques plants d’herbes aromatiques, de tomates ou de poivrons auraient-ils moins de charme sur votre terrasse que les traditionnels pétunias, géraniums et lierres ?

 

·              La culture des légumes anciens

Quelques maîtres-cuisiniers, dont le sympathique  Claude Pohlig, possèdent les meilleurs atouts pour vous faire apprécier les légumes anciens. Mais dites-vous bien que vous ne les trouverez pas dans les magasins. Et que pour en bénéficier vous pourriez même devoir apprendre à les cultiver vous-même, que ce soit dans votre propre potager ou dans celui d’un jardin commutaire.

Plusieurs jardins communautaires ont fait leur apparition en région bruxelloise ces dernières années. Si le jardinage vous motive et qu'il vous manque le terrain, vous pourriez utilement vous renseigner auprès de votre administration communale ou auprès de l’association BRAVVO. ("Bruxelles en avant – Brussel vooruit"). 

La culture biologique des légumes anciens n’a rien de compliqué. Le plus difficile, c’est de se procurer les graines. Des associations comme Kokopelli en France, Les Semailles en Belgique vous proposent un choix de graines et de tubercules de variétés anciennes de plus en plus appréciable.  

La réussite de la culture de légumes nécessitent cependant quelques connaissances de bases,  notamment :

-         savoir faire un choix adapté de variétés,

-         maîtriser les bases des techniques de semis,

-         disposer d’un calendrier des mises en place,

-         savoir à quelle époque et selon quelle méthode il faut pratiquer les récoltes,

-         connaître les techniques de conservation,

-         etc


Certaines de ses connaissances se trouvent dans les livres, mais d’autres peuvent encore être utilement recueillies auprès de quelques jardiniers chevronnés, dont le savoir-faire et l’expérience sont tout un patrimoine. (Je pense bien sûr à Jean-Luc Muselle, Luc Fichot, Victor Renaud, Sébastien Verdière … et plusieurs autres, aussi compétents qu'anonymes.)  

Enfin, il y a la pratique du jardinage. En répétant pendant des années, au rythme des saisons, la culture de variétés de légumes rustiques semblables, une observation  personnelle attentive et une faculté de raisonner et d’agir empiriquement permet à chaque jardinier de développer ses propres « petits trucs », connaissances irremplaçables pour la réussite du potager spécifique qu’est le sien.

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